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 Un soir chez Monsieur Aimé [S]
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Hélène

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Féminin Messages : 21
Date d'inscription : 18/08/2014
Age : 20
Localisation : Pas à Troie, désolée... ^^
MessageSujet: Un soir chez Monsieur Aimé [S]   Dim 21 Sep - 17:22

Salut ! Allez, mon premier texte sur ZE. Il s'agit d'une nouvelle (sans blague) à chute (sans blague). Je l'ai écrite pour un petit concours proposé par une des librairie de ma ville, sur le thème du polar. Il s'agissait d'écrire la suite d'un petit incipit très fortement inspiré du début du Chien Jaune de Simenon, qu'ils avaient bidouillé pour coller avec l'endroit (je vais le mettre en italique), et en quatre pages maxi. Rassurez-vous (ou consolez-vous, c'est selon), je suis pas très versée dans le gore, donc ça reste très soft.    

« Lundi, 1er septembre. Cherbourg est désert. L'horloge de la Trinité qu'on aperçoit au bout du quai marque onze heures moins cinq. C'est le plein de la marée et une tempête du Sud-ouest fait s'entrechoquer les barques dans le port. Le vent s'engouffre dans les rues, où l'on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol. Quai de Caligny, il n'y a pas une seule lumière. Tout est fermé. Tout le monde dort…
– Décidément le cadre parfait pour un crime. Vous en rajoutez, dites-nous ?
La jeune Charlotte Dupré venait d’interrompre la pause étudiée que laissait Pierre Legendre dans son récit.
– Eh bien, chère Mademoiselle, je crois en l’importance du contexte exact pour exposer un crime, lui assura celui-ci d’un ton qui se voulait mesuré, et presque docte.
Cependant, il parcourait du regard l’assistance, essentiellement féminine, pour vérifier qu’il n’avait rien perdu de l’attention qu’on lui accordait. Rassuré, il en profita pour décocher quelques clins d’œil et sourires charmeurs. Charlotte considéra son manège d’un air amusé, et ajouta :
– Certainement, cher Monsieur, surtout quand cette exposition du contexte vise à faire durer excessivement un suspense éprouvant pour les nerfs de ces dames, elle désigna l'assistance d'un salut narquois, tout en ménageant un effet des plus éloquemment dramatique...
– Devant des accusations si confondantes, répondit Legendre sans se départir de son sourire, je ne peux que reprendre mon récit pour vous délivrer de ces angoisses.
– Oh oui, Pierre, je vous en prie ! s’exclamèrent plusieurs voix aiguës autour de lui, au grand dépit de Charlotte.
– Tout le monde dort, disais-je, sauf, sans doute, quelques âmes que le sommeil fuit. Je suis au balcon de mon appartement, je n’ai pas allumé la lumière. Goûtant la fraîcheur nocturne, je laisse mes yeux se perdre dans l’obscurité étrange de la scène. C’est alors qu’il me semble distinguer un mouvement sur le bord du quai.
Là encore, il ne put s’empêcher de laisser une pause dans son discours pour mesurer l’intérêt de son public, pendu à ses lèvres. Assis sur les divans et les banquettes de velours, tous les corps se penchaient vers lui, silencieux, comme isolés du reste de la fête qui s’étendait dans les trois salons de la demeure. Charlotte, elle, s'était placée un peu en retrait, enfoncée dans le sofa où elle s'était installée un quart d'heure plus tôt, et si un sourire légèrement ironique se dessinait sur ses lèvres lorsqu’elle croisait le regard de Pierre Legendre, elle n’en écoutait pas moins avec attention.
– Je ne saurais vous décrire exactement ce que je vis, tant la scène fut rapide, reprit-il en adoptant un ton plus pressant. Un instant je crois voir deux silhouettes surgir semble-t-il de nulle part, et l’instant suivant, j'entends le bruit d’un corps tombé dans le port. Encore une seconde, et je perçois comme un mouvement sur le quai, et pensant que la deuxième personne qu’il m’a semblé apercevoir tente de porter secours à celle qui est tombée, je crie pour lui offrir mon aide. Je ne reçois pas de réponse, et un nuage passant devant le mince croissant de lune me masque encore un peu plus la scène. Je décide d’appeler la police immédiatement, avant de descendre voir si je peux aider le malheureux. Je trouve le combiné à l’aveuglette, passe mon appel et descends sur le quai avec de la lumière.
L’assemblée retenait son souffle. Quelques autres curieux s’y étaient joints, et tentaient à mi-voix de se faire expliquer la situation. Legendre prit une expression concentrée en attendant que les murmures se calment.
– Allons, Pierre, ne nous faites pas languir ! s’exclama Suzanne François, la fille du député.
– Eh bien, reprit-il avec un nouveau sourire charmeur adressé à Mlle François, cinq minutes plus tard, les policiers sont là, et je ne l’ai toujours pas retrouvé. Celui qui est tombé, je veux dire, l'autre s'est enfui. Nous continuons les recherches pendant quelques minutes, mais comme je l’ai dit, le temps est vraiment affreux : impossible de s’entendre et de voir correctement, même avec les lampes. Nous montons chez moi, je donne mon témoignage. Honnêtement, ils ne m’ont pas vraiment pris au sérieux, ils ont certainement cru que j’avais rêvé.
– Et qu’est-ce qui vous faisait croire que vous n’aviez pas rêvé, en effet ? demanda Charlotte avec un scepticisme grandissant.
– C’est très simple, répondit Legendre avec un sourire étudié, l’instinct.
À ces mots, Charlotte se fendit d’un sourire franchement sarcastique et leva les yeux au ciel.
– Il est fort dommageable que la police n’ai pas retenu votre sagacité… nota-t-elle perfidement.
– Oh, vous verrez qu’elle n’y tardera pas, je leur aurais au moins rendu ce service en cette terrible affaire, répondit-il sans se troubler, avec un sourire faussement modeste.
– Je n’en doute pas, Monsieur. Si vous voulez bien m’excuser » ajouta-t-elle, lassée de ses péroraisons.
Ceci dit, Charlotte ramassa les plis de sa robe, se leva et, au milieu des regards agacés, elle fendit le groupe et s’éloigna, pas si mécontente de son effet. Déjà, elle entendait la voix forte du beau parleur reprendre son récit palpitant, et certainement issu d’elle ne savait quel roman policier.
Le petit salon dans lequel elle se trouvait était situé au milieu des trois salles qui accueillaient la réception que donnait ce soir-là Aimé Lefebvre, un ami de longue date de ses parents. C'était un homme aimable, veuf, riche et féru de compagnie, et qui par conséquent organisait souvent des soirées en tous points pareilles à celle-ci. Cela faisait bien quelques mois qu'elle ne s'y était pas montrée, éloignée de chez elle par ses études et de longues vacances d'été chez une amie dans le Sud du pays. Charlotte aperçut justement Monsieur Aimé, comme elle l'appelait plaisamment pour elle-même, par l'encadrement de la porte sur sa gauche. Elle décida d'aller le saluer, et acheva de traverser le salon, dont tous les occupants se concentraient autour de Legendre qui continuait à faire haut et fort l'étalage de sa prétendue sagacité.
Elle entra dans la salle, contre les murs de laquelle s'alignaient des tables rondes où des convives, souvent les plus âgés, jouaient aux cartes ou simplement discutaient. Parmi eux, Charlotte repéra sa mère, assise avec cinq ou six autres commères. Soucieuse d'éviter leurs bavardages assommants, elle se fendit d'un simple signe de la main avant de se diriger vers l'hôte, sous le regard approbateur de ces dames devant la politesse de leur petite Charlotte.
Elle trouva le bonhomme en conversation avec trois hommes qu'elle ne connaissait pas, étonnamment sérieux en une circonstance légère. Elle les interrompit néanmoins sans vergogne, mais avec son plus joli sourire, pour saluer M. Lefebvre. À sa vue, la figure de l'homme s'éclaira.
–  Mademoiselle Charlotte ! Comme je suis content de vous voir ce soir, vous vous êtes faite bien rare ces derniers temps !
Son large sourire venait étayer ses dires. Charlotte, ravie de retrouver un peu de franchise, lui retourna volontiers ses salutations et compliments, ainsi qu'aux trois hommes qu'il présenta comme de nouveaux amis, une chose pourtant bien rare dans ces réunions immuables, se dit-elle. Avec empressement, il reprit :
–  Que dites-vous de mon buffet, Charlotte ?
–  Délicieux, Monsieur, d'ailleurs j'y ai abandonné mon père qui ne se lasse pas de ses délices !
– Moquez-vous de votre pauvre papa ! s'exclama-t-il avec une indignation feinte. Enfin, j’espère que vous ne vous ennuyez pas, ma chère, j’ai toujours peur que la jeunesse s’ennuie lorsque je reçois…
– Voyons, Monsieur Lefebvre, vos réceptions sont toujours fort enjouées ! Et puis vous avez un invité qui prend très à cœur notre divertissement…
– Vraiment ?
– Puisque je vous le dit : Monsieur Legendre, que je viens de quitter, est en train de raconter l’aventure incroyable qui lui est arrivée lors de son récent séjour à Cherbourg. Il dit avoir été témoin d’un meurtre et grandement aidé la police à le résoudre…
– Ce garçon a une imagination folle ! s’exclama Lefebvre avec un sourire indulgent, tandis que les trois hommes s'entre-regardaient avec la même expression indéchiffrable.
– Et il faut lui reconnaître un certain talent pour captiver son public, bien que je trouve les ficelles un peu grosses, comme on dit.
– Ah, ma chère Charlotte, jamais satisfaite… Est-il resté longtemps à Cherbourg, savez-vous ?
Comme elle haussait les épaules, il reprit :
– C’est une ville tout à fait charmante, savez-vous ? Vous ne me ferez pas dire le contraire, j’y ai passé presque toute mon enfance !
Et aussitôt il se lança dans un grand panégyrique, célébrant le théâtre, les maisons, les cafés, la gare maritime, les transatlantiques, le port, la rade artificielle “la plus grande du monde, savez-vous ?”. Dix minutes de hochements de tête et de sourires plus tard, Charlotte en aurait presque regretté les affabulations de Legendre. Pourtant elle avait résolument décidé depuis leur première rencontre, quelques années plus tôt, qu’il ne méritait pas qu’on s’intéresse à lui, que derrière l’apparence qu’il voulait se donner, il n’y avait rien que médiocrité et auto-satisfaction. Et si elle attribuait, en un autre de ses portraits tranchés et définitifs dont elle se satisfaisait, le même fond quelconque à son interlocuteur présent, elle a toujours apprécié la gentillesse et la prévenance du personnage, passant la plupart du temps outre la grandiloquence qu’il affectait parfois. Cependant, elle finit par estimer avoir suffisamment joué les auditrices complaisantes, et prit congé du brave homme. Elle le laissa en compagnie de ses trois « nouveaux amis » qui sans se départir d'un air aimable, n'avaient pas décoché un mot durant la conversation.
Charlotte se retrouvait désœuvrée, et fort soucieuse d'éviter sa mère. Par chance, un groupe passait dans le salon central, qu'elle accompagna donc discrètement. Elle fut ralentie à son entrée dans la salle par leur curiosité, et celle d'un nombre grandissant d'invités, pour les paroles de Legendre. Pendant le quart d'heure qu'elle avait passé dans la salle d'à-côté, celui-ci s'était retrouvé enfermé dans un hangar avec deux trafiquants qui en voulaient à sa vie, comme à celle, à l'en croire, de l'homme qu'il avait vu jeté dans le port. Il racontait, de sa voix forte et chaude, avec force détails et hyperboles, comment dans la noirceur il était parvenu à assommer l'un des deux avant de s'échapper. Elle considéra à nouveau l'auditoire passionné, avec un amusement mêlé d'agacement. Elle s'attendait vaguement à y découvrir quelques inconnues pour accompagner les messieurs qu'elle venait de croiser, mais elle connaissait, du moins de vue, toutes les femmes de l'assistance. Rien d'étonnant à cela, tout bien considéré, elles avaient pu tout comme elle se lasser des péroraisons du conteur. Tandis que Legendre décrivait sa fuite épique dans la tempête, dont il semblait vouloir accompagner tout son récit, Charlotte s'enfuit elle aussi sans demander son reste dans la première salle.
Elle fut ravie d'y trouver deux amis d'enfance qu'elle ne s'attendait pas à voir ce soir-là. Leur conversation fut fort agréable à Charlotte, qui comme à son habitude monopolisa la parole. Elle en vint après une trentaine de minutes à évoquer son agacement à l'encontre de Pierre Legendre et des affabulations qu'il continuait de débiter dans la salle d'à-côté. Malgré elle, ce qu'elle en dit intrigua les deux jeunes gens, qui voulurent aller entendre d'eux-même les propos du Matamore, dont la voix, qui perçait parfois jusqu'à l'endroit où ils se trouvaient, leur semblait engageante. Charlotte tenta vainement de les en dissuader, ne voulant pour rien au monde ré-intégrer le public qu'elle avait quitté avec éclat, et finit par les laisser aller, son père lui ayant providentiellement fait signe de le rejoindre.
Il se trouvait avec une connaissance de longue date, un homme qu'elle n'avait cependant pas revu depuis de nombreuses années et qu'elle eut quelque peine à reconnaître. Elle le salua, et se tourna vers son père. Celui-ci lui demanda d'aller lui chercher sa mère, à qui il avait à parler. Elle acquiesça et s'éloigna, à la fois intriguée par la demande, et agacée par la façon qu'il avait souvent de s'adresser à elle comme à une enfant. Elle avait presque vingt et un an, et il lui semblait que si une affaire requerrait sa mère au milieu d'une réception, elle devait elle aussi en être mise au courant. Elle résolut d'accompagner sa mère jusqu'à son père et de rester présente pendant leur discussion, cela lui éviterait du moins d'avoir à écouter Legendre pour le reste de la soirée. Elle se hâta vers la porte, et pénétra à nouveau dans le salon central. Comme elle s'en doutait, l'enquêteur auto-proclamé n'avait toujours pas terminé son récit. Il décrivait à présent un interrogatoire, auquel d'ailleurs il n'avait aucune raison ou légitimité pour se trouver, se disait-elle. Bien sûr, le suspect était coriace, et ne lâchait pas une information malgré l'insistance des policiers. Et bien-sûr, c'était lui, Pierre Legendre, qui d'une seule question parvenait à le déstabiliser pour le faire parler. Il profita de la pause appréciative qui suivit cet épisode pour repérer l'entrée de Charlotte et lui jeter un regard narquois. Elle s'aperçut soudain qu'elle avait cessé de marcher pour écouter les paroles de Legendre et s'en trouva littéralement mortifiée. Le rouge lui monta aux joues. Elle lui jeta néanmoins son regard le plus assassin, mais il s'était déjà détourné pour balayer du regard son assistance captivée. Il sembla à Charlotte qu'à l'instar de ses amis, de nombreux invités l'avaient rejointe depuis son dernier passage. Elle remarqua aussi que les nouveaux arrivants ne troublaient plus de leurs murmures curieux le silence quasi-religieux d'un public fasciné. Les gens étaient-ils donc assez naïfs pour croire une seule seconde à ce que racontait ce type ?
Se souvenant enfin de la requête de son père, elle passa dans la dernière salle. Aussitôt, regardant du côté de la table où se trouvait sa mère, les invités lui semblèrent plus clairsemés qu'au moment de sa conversation avec Monsieur Aimé, et la rumeur des discussions comme assourdie. Elle fut frappée soudain par le silence total provenant de la table située en face de la porte, et y porta le regard. Elle considéra un court instant ceux qui y étaient assis, comme figés, avant de réaliser où était le problème.
Aimé Lefebvre était renversé sur la table, la joue droite écrasée contre la nappe que quelques gouttes de sang maculaient. Il était agité de tremblements, qui s'achevèrent en un ultime soubresaut et avant même que Charlotte ait compris ce qu'il se passait, le pauvre homme était mort. Ses mains crispées sur le bord de la table, ses yeux révulsés, sa bouche tordue de souffrance et mordant encore ses lèvres jusqu'au sang, tout assurait la violence affreuse du trépas. Son expression fit frémir d'horreur la jeune femme, qui voyait un cadavre pour la première fois. Elle ne put retenir un cri, qui rompit le silence hébété dans lequel se trouvaient toujours les convives qui entouraient le mort. Ils commencèrent à s'agiter, et en un instant, tous ceux qui étaient présents dans la pièce prirent conscience du drame qui venait de se dérouler presque sous leurs yeux. Il y eut encore quelques cris, et plusieurs personnes se trouvèrent mal. La salle s'emplit d'une confusion extrême, les uns s'éloignant à l'opposé du cadavre pour se soustraire à cette atroce vision, les autres approchant de la victime dans l'espoir d'être utile, ou, Charlotte le redoutait confusément, pour satisfaite une curiosité morbide. Elle était restée à quelques pas de la porte, et tentait de reprendre ses esprits. Elle se flattait de pouvoir garder la tête froide, et y mettait toute sa volonté, tentant d'ordonner les réflexions et les émotions qui se bousculaient dans sa tête. Il lui vint aussitôt à l'esprit que Monsieur Aimé venait d'être assassiné, là, un instant plutôt, alors qu'elle écoutait encore Legendre malgré elle. La crise dont elle avait vu les derniers instants ne pouvait être causés par une maladie, non, elle ne pouvait l'imaginer, d'ailleurs Monsieur Aimé n'était pas malade, elle en était sûre, mais un poison, peut-être, pourrait avoir fait ça ? Mais la cause, le mobile comme ils disaient, de tuer un si brave homme ? Et la manière, enfin, de le faire au milieu de tous ces gens ? Charlotte ne pouvait rien imaginer de tout cela, et le spectacle du cadavre face à elle finit par lui interdire tout raisonnement. Elle s'agrippa d'une main au dossier d'une chaise, tandis qu'enfin trois hommes s'interposaient entre elle et cette vision.
À cet instant, alertée par une voix forte qui s'enquerrait de la cause de tant d'agitation, elle avisa une silhouette qui venait s'appuyer sur le montant de la porte dans une posture au calme et à l'assurance étudiés. Elle reconnut Legendre, qui daignait interrompre enfin son récit rocambolesque pour se confronter à la véritable horreur du meurtre que lui cachaient encore les hommes qui entouraient le cadavre. Le charme rompu, certains de ceux qui l'écoutaient avidement un instant plus tôt passaient leurs visages hagards par l'embrasure, derrière lui. Frappée soudain par la noire ironie de la situation, elle s'entendit l’interpeller d'un ton acerbe qu'elle ne se connaissait pas :
– Monsieur Legendre ! Je crois que la police va bientôt avoir besoin de votre sens du contexte et surtout de la clairvoyance de votre instinct : M. Lefebvre vient d’être assassiné !
Alors, sans que rien ne soit venu troubler l'expression assurée de l'homme, son regard bleu glacial la força à s'asseoir lourdement sur la chaise, comme foudroyée. Les yeux fixes, elle considéra ses mains tremblantes, sans plus penser à rien d'autre.


Voilà, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos avis, ou vos idées de titre j'en avais pas alors j'en ai trouvé un en trente secondes pour le sujet mais... ^^

EDIT : merci pour les fautes, j'avais oublié de mettre la version corrigée... ^^


Dernière édition par Hélène le Lun 6 Oct - 18:59, édité 1 fois
 
Meredith Epiolari

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Reine de l'Impro
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MessageSujet: Re: Un soir chez Monsieur Aimé [S]   Dim 21 Sep - 19:35

Alors... j'aime beaucoup ton style et puis je trouve ça cool de t'être servie du début en italique pour insérer une histoire dans ton histoire et te moquer un peu du caractère cliché de l'incipit, t'es une provocatrice Wink

D'emblée, j'ai adhéré au personnage de Charlotte. Un caractère bien trempé, un beau sens de la répartie et puis une fascination pour Legendre qui lui fait perdre un peu de superbe parfois et la rend plus crédible Smile

Je croyais vraiment à cette réception, et le meurtre de Monsieur Aimé et bien amené...
Le seul truc qui m'a chagrinée... c'est que je n'ai pas compris la chute x)
En gros :
Spoiler:
 

Je suis désolée, il y a peut-être un truc qui m'a échappée, je serais contente d'avoir ton explication Very Happy



 
Tout ce que j'écris
Est vain, ridicule et insignifiant.
Vain comme mon amour,
Ridicule comme mon ambition
Insignifiant comme mon existence.
 
Kaw'



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MessageSujet: Re: Un soir chez Monsieur Aimé [S]   Dim 21 Sep - 23:50

Effectivement, la fin laisse sur sa fin D: (admirez le jeu de mot //PAN/) J'la voyais pas comme Rimi, mais en faisant ma fouilleuse d'archive j'ai un peu mieux compris, et... Si je te donne des contraintes tu nous fais la suite ?

Mais je plussoie l'Epi pour ce que tu as fais du spoiler *o*
 
Lullaby

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Connasse
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MessageSujet: Re: Un soir chez Monsieur Aimé [S]   Ven 26 Sep - 16:37

J'aime les romans policiers ! Mais j'avoue que la chute est pas trop une chute //PAN
Et du coup on saura jamais qui a tué Lefebvre c'est ça ?
D'ailleurs Legendre, Lefebvre ... tu n'avais plus d'inspi en matière de nom de famille c'est ça ? *fuit*

Sinon c'est super tu maîtrise le truc pour bien détailler ce qui ce passe sans que ça fasse lourd ^^. Et le Perso de Charlotte ->
 
Hélène

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Date d'inscription : 18/08/2014
Age : 20
Localisation : Pas à Troie, désolée... ^^
MessageSujet: Re: Un soir chez Monsieur Aimé [S]   Lun 6 Oct - 19:28

Déjà, merci pour les petits commentaires !!
Alors dans l'ordre...
Ouais j'suis une provocatrice (en fait je suis profondément illogique : je sais pas écrire sans un point de départ, et dès que j'ai le point de départ, je fais tout pour le détourner...). Disons que ça m'inspirait moyen leur truc, et ouais c'est un peu cliché (d'autant que j'ai fait mon premier commentaire littéraire de toute ma vie sur l'incipit original, ce qui est amusant, soit dit en passant, mais bref.), et qu'il fallait faire tenir la nouvelle en quatre pages, et que pour un polar, quatre pages c'est chaud. ^^ M'enfin disons que je suis une provocatrice, ouais. Twisted Evil
Pour le reste, merci, je suis contente que ce que j'ai voulu faire fonctionne... ^^
Aloooors la "chute"... Déjà comme dit Lulla, je sais pas trop si c'est une chute, mais bon, c'est sa faute si elle fait des catégories embêtantes. Razz
Eh ben en fait, au début je voyais Legendre comme "la diversion", genre il est là pour occuper les gens pendant que un autre/d'autres tuent Lefebvre pour un mobile inconnu, mais je voyais une affaire de fric ou un truc dans le genre (d'où les mecs dont la tête lui reviennent pas). Après je me suis dit que c'était carrément improbable que Legendre arrive à tenir tout le monde, alors j'ai essayé de lui donner un côté un peu "hypnotiseur". Après je me suis dit que c'était improbable tout court et qu'il fallait que je laisse ouvert sur l'idée que peut-être Charlotte s'est montée tout ça toute seule dans sa tête, et que le pauvre vieux est mort tout seul d'un coup comme ça. Et je vous la fait courte là. Enfin, l'idée c'était de faire une fin bizarre, un peu fantastique, histoire de coller avec toutes les hypothèses que j'ai fait sur mon propre texte (><') notamment celle du côté "sorcier" de Legendre, et celle du "pétage du câble du raisonnement rationnel" de Charlotte... En bref : Je ne sais pas ce que veux dire cette fin. Pardon.
Et donc Kaw', pour le coup, ça risque d'être compliqué d'y écrire une suite... Mais je vais y réfléchir entre mon dm de math et celui de philo... XD
Et oui je suis nulle en noms. (déjà à la base pour le prénom de Legendre j'avais choisi "Charles", et ça me choquait même pas. XD)
En tout cas encore merci pour vos approbations, ça me fait trop grave plaisir.  
 
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