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 Depuis la nuit des temps [P]
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Cornedor

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Féminin Messages : 23
Date d'inscription : 23/08/2014
Age : 19
Localisation : Endormie sur le ventre de Totoro.
MessageSujet: Depuis la nuit des temps [P]   Mar 14 Oct - 9:01

Minuscule hésitation : TPCF ? Non ? Si ? Non ?
...
Suis restée sur non finalement ^^



Musique associée






Depuis la Nuit des temps


Chaque jour je chasse la nuit. Chaque jour je la brûle entre mes bras. Tout cela pour ne jamais la perdre…





       C'est l'heure.
       L'heure où les ombres meurent, se délitent dans l'air pur ; l'heure où une toute jeune lumière pointe le bout de son nez à l'horizon.
       L'ombre, c'est elle.
       La lumière, c'est moi.
       A cet instant, comme chaque jour depuis la nuit des temps, je la traque, je la poursuis sans faiblir, jusqu'à-ce qu'enfin son obscurité disparaisse et que je reste seul maître.
       Ma lumière fait scintiller les étoiles sur le point de s'éteindre, purifie le ciel tout neuf. Aujourd'hui est un bon jour. Un jour où le rouge, le bleu et le jaune se mêlent jusqu'à irradier l'horizon de violet et d'orange. Je m'habille de cette lumière, chassant d'un revers de main les ombres qui se tordent et rampent à mes pieds, dans les affres de l'agonie.
       Puis je la vois.
       Dressée sur la colline qui fait face à la mienne. Drapée dans ses voiles d'ombre et d'étoiles. Elle attend.
       Un instant, un fil invisible mais indestructible se tisse entre nous, suspendu entre mes rayons et son obscurité. Puis je bondis ; il se brise soudain et tinte dans l'air comme un regret brisé.
       Mes foulées avalent la pente, ma lumière incendie l'herbe tendre ; les ombres reculent devant moi, tentent de m'échapper, se faufilent et se cachent sous une pierre, un arbuste, un brin d'herbe. Elles meurent sous mes pas. Je les piétine avec ardeur, hâte leur agonie ; je me sens pousser des ailes de lumière, la force de l'aube gonfle mon cœur et me pousse en avant. Je suis invincible.
       Je n'ai pas la patience de gravir la pente douce de la deuxième colline ; en un pas je déploie mon pouvoir, qui irradie l'air autour de moi. Porté par mes ailes, il ne me faut qu'un instant pour sentir le vent siffler autour de moi, avant de poser le pied sur le sommet de la colline. Mes rayons furieux inondent l'herbe, noient l'obscurité qui s'y vautrait. Je relève le regard juste à temps pour voir ma proie tourner les talons, ses voiles flottant au vent derrière elle.
       Le vent glacé libéré par sa course folle me donne un coup de fouet ; je bondis à sa suite, dérapant sur l'herbe perlée de rosée.
       La pente est raide, le chemin caillouteux ; je ne peux prendre le risque de voler jusqu'au sol, car elle se trouverait alors derrière moi et aurait l'occasion de faire demi-tour ou de bifurquer.
       Non, il me faut la rattraper à pied.
       Les galets roulent sous ses pas ; je me tends en l'imaginant essoufflée, sa respiration hachée, mais je ne suis pas encore assez proche. La prairie se teinte de mille nuances, entre le violet intense et le rouge sanglant ; mais ses voiles de nuit résistent encore à ma lumière, et devant elle glissent les ombres fuyantes, protégées par son corps. Des étincelles de lumière éclosent près de ses pieds, rebondissent de perle en perle de rosée, jusqu'à éclater en gerbes d'étoiles scintillantes. Mille éclats colorés nimbent le ciel et la terre dans mon sillage ; dans le sien, une lueur douce et lunaire se mêle à un bleu de velours. Comme chaque jour ou presque, il me vient l'envie violente de toucher ces voiles de nuit, d'éprouver leur douceur, de faire glisser leurs plis entre mes doigts. Je repousse ce désir tout au fond de mon cœur, et galope de plus belle, le cœur enflammé.
       Plus que quelques mètres. Partout, ma lumière a percé l'enveloppe noire de la nuit. Les seules ombres subsistantes sont celles de la traîne de ma proie. Elle hésite, bifurque brutalement, pareille à un lapin pris au piège. D'un bond, je me propulse derrière elle. J'entends enfin sa respiration heurtée, elle paraît murmurer à mes oreilles. Mes étincelles pleuvent autour d'elle. Et soudain ! L'un de ses voiles s'embrase, et le rugissement du feu fait écho à celui de mon cœur ; je pousse un cri de victoire tandis qu'elle gémit en se débarrassant du voile. Celui-ci, aussi doux et léger qu'un rêve, se pose délicatement à mes pieds, léché par les flammes avides. Je ralentis imperceptiblement. Je me reprends vite, bondit d'un nouvel élan ; lorsque mon pied rentre en contact avec le voile, ma lumière transcende celui-ci, et bientôt sa transparence se dilue dans l'air surchauffé.
       Elle commence à paniquer, à présent ; sa traîne de velours bleu devient dentelle translucide, les étincelles piquent sa peau sombre et éteignent ses étoiles délicates. Sa tête pivote, ses yeux cherchent et cherchent une échappatoire. A peine essoufflé, porté par mes rayons puissants, je reste à l'affût de ses moindres mouvements. Nous pénétrons dans une forêt, et je glisse sur les aiguilles, zigzague entre les troncs rudes ; je tente en vain de me montrer aussi agile qu'elle, mais je ne peux prévoir tous ses changements de directions. Deux de ses voiles prennent feu au même instant ; elle les laisse derrière elle, et ils se consument sous mes pas avant que je puisse réagir.
       Nous arrivons à une clairière ; une falaise se dresse devant nous. Elle est prise au piège ! Ses pas fébriles font frémir les feuilles mortes. Un sourire étire mon visage. Elle est à moi. Ses yeux trouvent soudain quelque chose… la haie ! Non ! Je me projette vers la droite avec l'énergie du désespoir, mais elle est plus rapide et franchit la haie avant que je puisse seulement me remettre d'aplomb. Un bruit déchire soudain le silence…
       Son dernier voile s'est pris dans une ronce. Elle se débat désespérément ; je suis presque sur elle. L'espace d'un instant je me mue en cervidé flamboyant ; mes quatre membres ploient sous moi, me conférant une puissance telle que je survole l'obstacle en transperçant le vent. Mais lorsque je me pose de nouveau au sol, elle est déjà devant, et son dernier voile se délite à mes pieds.
       Mon cœur bat à tout rompre ; désormais il ne reste plus qu'elle, plus que sa silhouette presque translucide, dépourvue de tout ornement. J'accélère encore, elle ne m'échappera pas plus longtemps !
       Elle se dresse face à la vallée, immobile soudain ; déjà presque invisible. Je sais que dans quelques instants il ne restera plus rien d'elle, de ses lignes éclatantes. Alors je bondis, mobilisant mes dernières forces, et je l'étreins avec la force du désespoir.
       Un instant je peux sentir son corps froid contre le mien, aussi pur et léger qu'un songe. Mais elle pousse un hurlement qui me glace le cœur, avant de se débattre fébrilement ; la lumière est déjà sur elle. Nous échangeons un regard ; elle sait comment cela finira. Sa peau translucide se pare de reflets arc-en-ciel tandis qu'elle brûle sous le feu de mes rayons ; et lorsque, mortifié, je la lâche enfin, elle se dissout dans les flammes avec un dernier hoquet.
       Je reste seul sur la colline, perdu au milieu de ma lumière.
       Encore un jour avant de la revoir…

.


Dernière édition par Cornedor le Mer 15 Oct - 11:45, édité 1 fois
 
Lullaby

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Connasse
Féminin Messages : 515
Date d'inscription : 28/07/2014
Age : 24
MessageSujet: Re: Depuis la nuit des temps [P]   Mer 15 Oct - 7:19

C'est trop mignon, super romantique mais c'est aussi triste. Je trouve que tu as super bien écrit ce texte: il y a de très jolies images et j'aime bien la façon donc tu as su raconter l'aurore comme une aventure quasiment épique. Et je suis super contente de le lire alors que le soleil se lève pour le coup tu as illuminé ma journée !

Et t'as raison comme ton texte raconte une histoire ce n'est pas un PCF.
Et il manque la balise !!!! (je pense que [P]ça ira^^)
 
Meredith Epiolari

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Reine de l'Impro
Féminin Messages : 1286
Date d'inscription : 29/07/2014
Age : 19
Localisation : Between the peanuts and the cage
MessageSujet: Re: Depuis la nuit des temps [P]   Mer 15 Oct - 16:26

C'est beaaaau ! J'm'attendais à une histoire un peu cucul en voyant la description mais en fait c'était vraiment agréable à lire et... ouais, vraiment beau Smile

Parce qu'il y a tout un jeu super sensuel avec les voiles, les formes dans le paysages, les couleurs, les contrastes, les textures (feuilles, ronces, velours, cailloux) et la poursuite en elle-même bien-sûr ; qui donne un côté vraiment... Enfin c'est de la peinture tes textes Corne, et ça c'est super dur à faire, t'as vraiment un plus dans ton style pour réussir à mettre des images dans les mots *.*

Y a aussi un vrai crescendo, un peu comme un morceau de musique (tes textes sont une combinaison d’œuvres d'art en fait xD) où le rythme s'accélère et il y a des détails comme le vent et le cœur qui bat qui soulignent la rapidité de l'action et tout ça est SUPERBE

Enfin y a la chute à laquelle on s'attendait en espérant qu'elle n'arrive pas (tragédie => théâtre => encore un art Razz ). Et... vraiment, c'est tellement beau cette image d'une femme qui se dissout au moment où un homme la touche *.*
C'est un peu comme le mythe d'Apollon et Daphné Very Happy
Et puis vraiment, cette phrase de conclusion :
Corne a écrit:
Encore un jour avant de la revoir…
C'est cyclique, c'est pur, c'est carré, c'est mathématique (c'est presque un art Wink ), c'est juste beau, enfin bref, J'AIME !



 
Tout ce que j'écris
Est vain, ridicule et insignifiant.
Vain comme mon amour,
Ridicule comme mon ambition
Insignifiant comme mon existence.
 
Cornedor

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Féminin Messages : 23
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Localisation : Endormie sur le ventre de Totoro.
MessageSujet: Re: Depuis la nuit des temps [P]   Ven 17 Oct - 10:55

Hohoho merci les fiiiilles trop contente que ça vous plaise (tes analyses littéraires sont aussi de l'art, Rimi x))
 
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Depuis la nuit des temps [P]

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