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 Se connaître et connaitre son style
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Lullaby

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Connasse
Féminin Messages : 515
Date d'inscription : 28/07/2014
Age : 24
MessageSujet: Se connaître et connaitre son style   Mar 4 Nov - 14:35

Dis moi comment tu écris, et je te dirai... rien du tout, parce que c'est à toi d'en tirer les conclusions.

Ce dont je souhaite vous parler à travers ce sujet, c'est de style. On entend très souvent cette expression "avoir du style" , et plus encore peut-on subir cet amalgame entre "style" et "talent".
Plus que l'idée de style en tant que simple forme d'expression, nous allons aborder le style, non pas comme une finalité, mais comme un moyen de parvenir à une fin.  D'autant plus que cela nous amènera vers la question de la maturité littéraire d'un auteur, à plus forte raison lorsqu'il s'agit comme vous et moi d'auteurs amateurs, jeunes pour la plupart. Pourquoi cette démarche? Tout simplement pour mener chacun d'entre nous vers une introspection salvatrice, indispensable au bon développement de notre passion.

Un texte, à quoi ça sert ?

Ne vous êtes-vous jamais posé cette question, un peu stupide de prime abord ? "Bah un texte, ça sert à dire des choses", ou même mieux, à les "transmettre".
Précisément. L'auteur ne doit jamais perdre de vue son objectif initial lorsqu'il écrit. Il écrit pour partager, pour faire passer un message, une émotion, une idée. Qu'il s'agisse d'un texte de Platon ou d'une pub pour du PQ, ces deux formes d'expressions se valent lorsqu'elles sont mises à nu face à leur finalité. Ce qui différencie ces deux textes ? Il y a l'objectif, cela va de soi, mais aussi et surtout le style.
Le style que vous employez, et emploierez, pour construire votre texte est un outil formidable capable de décupler le potentiel d'un texte. Inversement, il y a le risque inverse: la lourdeur extrême. A quoi sert le beau pour le beau ? Le lecteur préférera-t-il lire une histoire drôle de sept lignes, ou une prose indigeste remplie de figures de style ?
C'est une erreur extrêmement fréquente chez beaucoup de jeunes auteurs, et je ne parle pas de notre communauté, mais de tout ce que j'ai pu lire et voir à travers mes contacts auprès de passionnés d'écriture. Je me rappelle lors de mes études, d'ateliers d'écriture qui étaient un véritable cauchemar littéraire, un suicide de la passion. Le principe était simple: un professeur donnait une consigne d'écriture, le groupe d'une quinzaine de personnes avait vingt minutes pour écrire un texte, parfois trente, et une fois les "chefs-d'œuvre" terminés, suivait une lecture indigeste à voix haute. Et là, c'était un concerto en "beurk" mineur, rempli de prose pompeuse, prétentieuse, une affreuse course au style. Une confusion magistralement kamikaze qui menait une énorme majorité de jeunes "écrivants" à faire cet amalgame fatal entre le style et qualité.
Non. Un texte n'est pas réussi parce qu'il est truffé de figures de style. Et plus encore, le "beau" n'est pas parfait. La perfection n'est pas à rechercher dans la haute voltige technique, tout simplement parce qu'elle n'existe pas.
C'est pourquoi il apparaît nécessaire, au sens le plus philosophique du terme, de dissocier la finalité et le moyen. Votre style devra toujours servir l'objectif de votre texte. Lorsqu'un auteur recherche à faire naître une émotion, il devra mêler un subtil dosage alchimique qu'il est très difficile d'appréhender, et qui fait la force des plus grands auteurs.
L'auteur désirant raconter la mort brutale d'un personnage, doit-il vraiment se perdre dans une succession de métaphores, jeu des consonances et allitérations, champs lexicaux abusifs et entrelacés, accumulation de vocabulaire avec une virtuosité incongrue dans l'énonciation de toutes les interprétations du domaine de la peur, et perdre le lecteur dans des considération philosophico-émotionnelles sur le sens de la vie, de l'abandon, du désespoir ?
Ou simplement mener le lecteur jusqu'à la finalité de son message, en jouant habilement de quelques touches de style avec raffinement, pour insérer des images et émotions au lecteur, de façon non pas à alourdir "la mort du personnage", mais plutôt à en maximiser la puissance ?
Nous en arrivons à une seconde problématique: si le style doit servir la finalité du texte, et non pas devenir LE texte, comment éviter cet écueil auquel ABSOLUMENT PERSONNE n'a jamais pu, et ne pourra probablement jamais échapper?


Le style ne sert à rien. En revanche, MON style...

Non, non. Pas le mien. Le mien on s'en fout. Je parle de votre "MON" style. Celui rien qu'à vous personnellement vous même. Parce que lorsqu'on écrit, le plus important à rechercher n'est pas d'écrire bien, d'écrire beau. C'est d'écrire ce que VOUS voulez. Un peu aussi de vous écrire vous-même.
C'est en ce sens qu'un auteur va se démarquer des autres, qu'il soit amateur ou professionnel. Donner une âme à son texte, c'est lui donner un style. Dans la théorie la plus absolue, mettre le nom de l'auteur ne sert à rien sur un livre, car à travers le texte, le style, les moyens utilisés par chacun pour transmettre son message, on devrait pouvoir reconnaître celui ou celle qui a écrit le texte.
Ça c'est la théorie théorisante théorisationelle. (A vos souhaits). Je vais vous poser à tous une question toute simple: n'avez-vous jamais eu l'impression d'écrire de la merde ?
Non ? Si ? Bah moi, oui. Et depuis toujours. Je vous invite à faire une expérience simple: relisez vos anciens textes. Les premiers. Ceux de l'an dernier, d'il y a deux ans, trois ans. Ecrivez un texte aujourd'hui, et laissez le dans un tiroir pendant deux ans. Vous verrez que bien souvent vous vous direz "J'ai écrit ça ? Mais c'est nul !".
Qu'est-ce qui a changé? Pas le texte. Vous.

L'auteur évolue, il part d'un embryon d'auteur, jusqu'à atteindre ce qu'on pourrait qualifier de "maturité". L'auteur mature n'est pas forcément un "bon" auteur mais il a toutes les chances de le devenir. Ce qui fait la maturité d'un auteur, ce n'est pas la qualité de son texte, encore moins son style fleuri ou pas. La maturité vient de la connaissance, et de la maturité découle la maîtrise.
On ne parle pas ici de connaissance en termes techniques, mais bel et bien en connaissance de soi.
A chacun de développer son esprit critique par rapport à ses propres textes. Lire ceux des autres, les commenter, c'est bien. Présenter ses textes pour obtenir des avis sur eux, c'est bien aussi. Mais rien ne vaut le regard que l'auteur porte sur son propre style.

Si le style est un moyen pour faire passer un message,  si vous connaissez un max d'outils techniques, savez vous les harmoniser ? Savez-vous en tirer toute la quintessence ? Non, et moi non plus. Les plus grands auteurs non plus. Tout écrivain a des défauts, des failles. Aucun style n'est parfaitement lisse. Ce qui caractérise vos textes, et votre style, c'est vous-même. Ce que vous êtes, votre vécu, vos connaissances, votre mentalité, vos émotions, tout cela combiné donnera naissance à VOTRE style.
Mais le connaissez-vous ? L'auteur "mature" n'est pas forcément le plus âgé, ni le plus grand, le plus fort. C'est celui qui a conscience de ses forces ET de ses faiblesses. Celui qui saura accepter sa propre écriture dans sa globalité et toute sa complexité. Personne mieux que vous n'est capable de définir et d'assumer SON style.
L'éternelle insatisfaction des gens qui écrivent en est bien la preuve. Lorsque vous retrouvez un de vos anciens textes, vous avez changé. Vous avez évolué, votre style aussi. J'en ai fait l'expérience plus d'une fois, les aléas de ma vie m'ayant mené à parfois stopper l'écriture, pendant des années. Et chaque retour sur les textes que j'avais écrit par le passé est un déchirement. "C'est nul, puéril, pathétique, cliché, sans inspiration"... A chaque fois qu'on replonge dans nos anciens écrits, on souffre de nos propres lacunes.  
Mais c'est pourtant un passage obligé dans l'apprentissage de la maturité d'un auteur. Il doit se confronter à ses propres peurs et échecs, à son propre regard associé à celui des autres. L'écrivain doit tomber pour apprendre, comme tout un chacun. A défaut qu'il doit savoir s'auto-crocheter.
N'hésitez pas à pratiquer cette gymnastique, je vous y invite. Observez vos propres textes, passez les au filtre de votre vie, décortiquez les. Confrontez-vous à vous même. Vous devez tout simplement vous approprier VOTRE style, le dompter.


Tout ça pour quoi au juste ?

Car je pense que vous avez dû vous poser la question tout au long de ce délire psychotique. Eh bien mon message est très clair pour qui sait lire entre les lignes et percer à jour le filigrane que constitue ce pavé (César).
Ce que je voudrais vous inviter à faire à travers ce sujet, c'est une profonde introspection de vous même, au niveau littéraire. Et plus encore, je vous encourage à vous prêter au jeu d'un exercice particulièrement difficile : parler de vous-même.
A la suite de ce post, l'idée est que chacun d'entre nous fasse le point sur ses propres textes, sur leurs forces, leurs faiblesses, pour qu'au final nous cheminions tous ensemble, quels que soient nos niveaux et notre style, vers ce que j'appelle la maturité littéraire.
Pour cela, à l'image de ce que vous avez fait dans "Présentations", je vous demande de parler de vous, et uniquement de vous. Répondez simplement à la question suivante: "Quel est MON style?".
Comment écrivez-vous? Qu'est-ce qui fait que vos textes sont reconnaissables ? Quelles sont vos principales difficultés ? Avez-vous fait des choix forts ?
Je vous demande, avant toute chose, de prendre votre temps. Ce sujet restera probablement vide, très longtemps. Le voir rempli en l'espace de deux jours n'aurait aucun intérêt. Prenez le temps qu'il faudra. Une semaine, un mois, un an. Mais faites réellement le point avec vous-même. Allez chercher au fond de votre passion pour les mots, à la fois les armes et le sens de ce dur combat qu'est la vie d'un auteur. Prenez réellement le temps avant de venir vous livrer, et nous parler de vous.
Pour ma part, je suis déjà passé par toutes ces interrogations, ces remises en question, et, le mot est lâché : cette introspection.  Et pour inaugurer ce sujet, je serai le premier à me jeter dans l'arène pour vous parler de mes faiblesses et de mes convictions littéraires, de mon style.
Face au doute, à la crainte d'être lu et jugé, face à la peur de son propre échec, il n'est pas de plus belle réponse que de faire face et de s'assumer soi-même en tant qu'auteur. Parce qu'aucun texte ne sera jamais plus puissant que celui que vous écrirez avec une plume imprégnée de toute votre humanité.

A ce moment, nous pourrons dire, dis moi comment tu écris, je te dirai : tu es auteur.

H.S.
 
 

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