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 Los Caprichos [S]
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Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:16

73) Sophie :

Je buvais trop pour faire de bonnes rencontres. Sophie m’aimait dans mes malheurs. C’est parce que je touchais le fond qu’elle s’intéressait à moi. Il me fallait une femme à laquelle m’accrocher. Pour cette raison, je l’aimais de toute la force d’un amour perverti.
Elle savait en profiter. Sous le prétexte de me présenter à des amis, elle m’entraînait dans la spirale délétère du jeu. La roulette française n’est pas mortelle comme sa cousine russe. Elle est bien pire, elle est lente et consume petit à petit sans jamais achever tout à fait. Cette roulette, c'était l'infini.
Tu as fait tes jeux ?
Elle s’était assise lascivement sur mes genoux et me tendait tour à tour un verre de vodka ou ses lèvres lorsque je lui paraissais trop lucide dans mes paris. Ma conscience disparaissait sous sa jupe trop courte, j’étais son jouet.
Elle me conseillait un placement, je la suivais, je perdais. Ses amis ramassaient la mise en me raillant. Je n’en avais cure. Je n’avais jamais cru à l’argent.
Au début il me laissaient gagner un tour sur dix environ pour que je ne perde pas l’espoir de récupérer ma mise et que je continue à jouer. Puis ils ont compris que c’était inutile puisque je savais que le jeu était truqué mais que je m’en moquais.
Joue les orphelins.
A-t-elle ordonné en me caressant doucement l’entrejambe. J’ai joué comme elle voulait. J’ai suivi des yeux la course de la bille tout en connaissant déjà sa destination. Évidemment, j’avais encore perdu. J’ai porté le verre à mes lèvres pour ne pas y penser.
Tu n’as plus rien à perdre, tu ferais mieux de tout miser.
J’ai jeté mes derniers jetons sur le tapis sans même les regarder. Elle a aussitôt cessé ses caresses. Le jeu était terminé, je n’avais plus rien à lui donner et elle n’avait plus de raison de rester avec moi.
Rien ne va plus.

A soupiré le croupier pour la énième fois. Il n’imaginait pas à quel point il avait raison.

 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:17

74) Maéva :

Après l’alcool et le jeu, l’étape suivante ne pouvait être que la mort. Je n’avais plus d’argent, plus d’amis, plus d’idéaux. Je ne savais qu’errer et me maintenir dans une existence sur laquelle je n’avais plus aucune prise.
J’ai rencontré Maéva dans un endroit dont je préfère ne pas me souvenir. Elle était complètement défoncée et ne tenait plus sur ses jambes. Je n’étais pas beaucoup mieux, mais j’avais assez d’énergie pour la raccompagner dans un squat qu’elle occupait depuis trois mois. Ignorant un matelas à la propreté douteuse, elle s’est allongée à même le sol de béton, au milieu de vieilles seringues et de capotes usagées.
Je l’ai regardée et j’ai su qu’elle allait mourir. Je l’ai lu dans ses yeux : elle ne passerait pas la nuit. Pour cette raison précise, j’ai conçu une attirance presque criminelle pour cette femme. L’Ange entre mes jambes en frissonnait de plaisir : moi-même, je n'en pouvais plus de mourir sans que jamais l'on ne m'achève.
Je l’ai regardée encore. Elle avait les cheveux gras, les dents jaunes et elle avait du mal à se retenir de baver. Si quelqu’un savait qu’elle se trouvait ici, il avait compris que ce n’était même plus la peine de s’en occuper. C’est comme si elle était déjà morte.
Viens.
A-t-elle murmuré avec ses derniers restes de lucidité. Je n’attendais que ce signal pour me jeter sur elle. Cette femme puante était la baise de ma vie. Peu importait combien d’Autres lui étaient passés dessus - et il étaient nombreux - je serais la dernière personne avec qui elle coucherait.

Je ne crois pas qu’elle en ai beaucoup profité. Elle s’est endormie quelques minutes après. J’ai préféré ne pas rester, je savais qu’elle ne se réveillerait pas. Quelque part, j’enviais son sommeil : elle au moins n’avait plus à s’inquiéter de l’infini.

 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:18

75) Margaux :

J’ai trouvé Margaux dans un cimetière à la tombée de la nuit. Je crois qu’il convient de préciser qu’elle était bien vivante. J’avais atteint un degré de perversion qui échappait à mon contrôle, certes, mais j’avais trop de fierté pour coucher avec une femme morte.
Les mortes puent. Elles ne réagissent pas. Leurs corps sont durs et froid. Or, je voulais les sentir chaudes sous moi, prêtes à tomber, et les entraîner dans ma chute, dans un gouffre sans fin, qu’elles souffrent autant que je souffrais, que je voie dans leurs yeux l’effroi, celui de ne jamais être comblée, de ne jamais mourir, que j’aie au moins l’impression de me venger.
Je n’étais pas dans le cimetière pour coucher avec une morte. Je n’avais même pas prévu de rencontrer une femme dans ces lieux. Si me trouvais là à cet instant, c’est parce que c’est le genre de lieux que fréquentent les personnages glauques. Or, glauque, je l’étais.
Elle aussi était glauque. Dans le cas contraire, nous n’aurions pas pu nous rencontrer. Nous n’avions rien à perdre, alors nous avons baisé sur la première tombe venue.
C'était peut-être celle de Maéva et à vrai dire, je m'en moquais. Je n'avais plus de respect ni pour les morts ni pour les vivants. Les uns vous toisaient de toute leur liberté tandis que les autres vous réduisaient en esclavage.
Nos chairs brûlantes, entrelacées narguaient les morts. Nous étions deux âmes déchaînées, insubordonnées, damnées. Nous espérions que l’enfer existait, car il ne pouvait être pire que tout ce que nous avions vécu.
Sa langue agile, ses tétons durcis, son sexe moite, elle mettait tout son cœur de putain dans cette baise, et rien, impossible de nous achever, tout était encore à consommer. Tout n’était que vanité, nous ne tirions de cette passe pas plus de plaisir que pour les six cent soixante-six précédentes.

Alors pourquoi, quel était mon but ? Je voulais peut-être leur montrer à tous se qu’ils perdaient. Ou alors, j’avais seulement envie de penser que bientôt on me jetterait moi aussi dans l’une de ces tombes et que je ne souffrirais plus. C’était ce jour-là seulement que je vaincrais l’infini.

 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:18

76) Estelle :

Ce qu’il y a de plus dangereux qu’un personnage glauque, c’est un personnage glauque qui s’intéresse à une femme respectable. Je prenais le métro quand je l’ai remarquée. Elle me souriait. C’était comme recevoir un coup de fouet. Les femmes de Paris ne sourient pas, elle ne savent plus faire ça.
Si elle souriait, c’est qu’elle aimait la vie, qu’elle croyait encore à la beauté du monde et des gens. Il était de mon devoir de la détromper. Elle est descendue à Denfert-Rochereau et je l’ai suivie. Me sourire était une invitation que je ne pouvais pas refuser.
J'ai marché derrière elle sans qu’elle ne me remarque. C'était facile, il faisait noir et elle ne s’est pas retournée. Si elle l’avait fait, je ne sais pas comment j’aurais réagi. Elle avait relevé ses cheveux sombres avec un chignon respectable. J’avais les yeux rivés sur sa nuque fragile.
Elle a emprunté quelques rues, puis elle s'est arrêtée devant la porte d’un appartement, a trouvé une clé dans sa poche, l'a introduite dans la serrure. La porte s’est refermée. Il ne restait plus que moi et ma frustration. J’ai regardé le nom en face de la sonnette sur laquelle je l’avais vue appuyer. Elle s’appelait Estelle.
J’ai passé la soirée devant l’appartement. Je l’attendais. La porte s’est ouverte, elle a jeté un sac poubelle dans le conteneur prévu à cet effet quelques pas plus loin et elle est rentrée chez elle.
J’ai ouvert le conteneur, en ai sorti le sac poubelle et l’ai ouvert pour regarder son contenu. Des déchets alimentaires, de vieux post-it froissés, des cheveux, des mouchoirs. Tout ce qu’il y avait de plus normal. J’ai souri en trouvant un préservatif. Ainsi, elle aimait ce genre de choses. J'avais conscience que cela signifiait qu'elle ne voudrait pas de moi.
Je l'ai ressenti comme une trahison. C'était de sa faute, elle avait souri. Si elle ne m'attendait pas, elle n'avait pas à me sourire. J’ai tout de même placé ma trouvaille dans la poche de ma veste avant de retourner d’où je venais, c’est-à-dire de nulle-part.

J’ai hésité longtemps à revenir à cet appartement. Je n’ai pas osé, parce que je sentais bien que je n’étais pas assez bien pour ce genre de femme respectable. J’ai quand même gardé le préservatif un bon moment pour me souvenir d’elle.

 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:19

77) Sylvia :

Sylvia ne voulait pas de moi, mais je n'ai pas su, je n'ai pas su la laisser. Elle sentait trop bon, l’odeur de la peur, je crois. Elle m’obsédait au point que j’arrivais presque à me convaincre que ce que je ressentais était de l’amour.
Je l’ai suivie comme je l’avais fait avec Estelle. C’était plus difficile, parce qu’elle était souvent accompagnée, mais à force de persévérance j’ai pu la rencontrer tandis qu’elle était seule.
Elle a fini par remarquer ma présence. Elle s’est retournée :
Écoutez, je ne sais pas ce que vous me voulez, mais vous me faites peur. Je voudrais que vous partiez maintenant.
Elle avait un cul magnifique. Je pense que c’est à cause de lui que je n’ai pas réussi à m’en aller. J’avais envie de lui faire l’amour, là, tout de suite.
Non, vous n’allez pas me faire l’amour. Vous êtes dingue.
Je n’étais pas dingue. Elle n’avait pas à avoir peur, je voulais lui faire l’amour, pas la baiser, je saurais la respecter, j’en étais encore capable. J’éprouvais pour la première fois depuis bien longtemps quelque chose qui me rappelait un sentiment. Elle ne pouvait pas s’enfuir, pas me repousser. J’avais trop besoin d’elle pour que ce ne soit pas réciproque.
Je ne veux pas de vous, je l’ai déjà dit. J’ai déjà quelqu’un que j’aime. C’est bon comme ça, vous allez me lâcher ?
Non, ce n’était pas suffisant. J’avais envie d’elle, j’avais déjà trahi Jimmy, ce n’était pas un Autre qui allait m’empêcher d’avoir la femme que j’aimais. Je lui ferais l’amour, qu’elle le veuille ou non.
Ma petite-amie est flic, si vous ne me laissez pas tranquille je vais l’appeler et vous aurez de graves ennuis.

Était-ce la peur de la police ? Était-ce la surprise d’apprendre qu’elle aimait une femme ? J’ai pris la fuite immédiatement après ces paroles.

 
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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:20

78) Agnès :

Une jalousie foudroyante a serré mon cœur que je croyais depuis un certain temps incapable de sentiment. S'il m'était déjà difficile d'imaginer la femme que j'aimais avec un Autre, je ne pouvais supporter de l'imaginer avec un individu de sexe féminin.
J’ai haï Sylvia pour cela. Je ne pensais plus qu’à me venger. Pour cela je savais déjà où frapper : je devais viser Agnès.
Il m’a fallu du temps. D’abord, pour connaître son identité et son adresse sans me faire repérer par Sylvia. Ensuite, pour me donner une apparence présentable. Enfin, pour me lancer dans le jeu de séduction nécessaire à mon stratagème.
C’était un plan monté avec l’énergie du désespoir qui n’avait aucune chance d’aboutir et j’en avais conscience au fond de moi. Seulement, la rage m’aveuglait et je voulais mettre tout en œuvre pour parvenir à mes fins. Même si je n’allais pas jusqu’au bout, j’aurais essayé.
Parce que j’avais essayé, j’ai réussi. Je ne sais pas comment, j’ai réussi à me faire inviter dans son lit. C’était peut-être la haine qui me donnait des ailes et me faisait mettre ne place toutes les ruses de toutes les femmes que j’avais aimées.
Je n’arrivais pas à croire qu’un piège aussi absurde ait pu être mis en place. Ce devait être une femme peu vertueuse à l'origine, sinon elle n’aurait pas si facilement cédé à la tentation. Comment avait-elle pu renoncer à une femme qu’elle prétendait aimer pour quelqu’un comme moi ?
J’ai pensé avec le recul que ce qui l’avait fait craquer, c’était le vice. Je le portais autour de moi, sur moi, en moi. Je l’incarnais. Elle avait été séduite par l’impression que je pourrais lui fournir assez d’exotisme pour vaincre l’infini. Si ce n’était pas le cas, je pouvais toujours tromper ses désirs plus efficacement que ne faisait Sylvia.
Je l’avais séduite. La surprise était telle que je ne savais plus que faire. Entre imaginer ma vengeance et la voir se réaliser contre toute attente se trouvait un écart immense. C'était perturbant. J’ai décidé de m’en tenir au plan.
J’ai entretenu cette relation jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus de mentir. Puis je l’ai poussée à tout abandonner pour moi. Je voulais être la seule personne à recevoir son affection.

Elle l’a fait. Je me dis parfois pour me soulager qu’en cela elle était aussi coupable que moi. Je n’en revenais toujours pas. Mon plan a si bien fonctionné que Sylvia a mis fin à ses jours.

 
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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:21

79) Judith :

A ce stade de ma vie, j’ai réalisé que je ne pourrais plus séduire aucune femme. J’avais du sang sur les mains et quiconque prendrait la peine de les saisir s’en rendrait compte. Ce n’était pas très important puisque personne ne voudrait plus jamais prendre ma main.
J’étais, plus que jamais, un monstre de frustration. Je ne pouvais même plus souffrir de l’infini, c’était trop de grandeur pour moi qui étais si misérable. Pourtant, je continuais à croiser des femmes, à les observer, à les apprécier, à les désirer. Est-ce que cela s’arrêtait jamais ?
Judith a commis l’erreur de se trouver seule avec moi dans un lieu peu fréquenté. Comment cette occasion s’est présentée, je n’en ai aucune idée. Je savais juste que peu de femmes se trouveraient aussi accessibles par la suite et que j’allais mourir si je ne baisais pas.
Elle me repoussait, parce que désormais elles me repousseraient toutes. Elle menaçait comme Sylvia d’appeler la police. Cette fois je n’ai pas pris la fuite. J’ai saisi son téléphone portable et je l’ai fracassé contre le sol.
Elle tremblait. Je l’ai saisie par les poignets et je l’ai attirée dans un coin sombre. Elle a crié. Je voulais qu’elle arrête, j’ai placé ma main devant sa bouche. Elle l’a mordue, je l’ai giflée.
Elle portait sa main à sa joue sans réaliser. Moi non plus je ne réalisais pas. Je n’avais jamais agressé personne physiquement. Elle a voulu riposter, je l’ai frappée plus fort. Elle est tombée. Elle avait l’air sonnée, elle a mis du temps à se relever.
Je l’ai envoyée à terre à nouveau. Elle essayait encore de crier mais je l’ai bâillonnée en planquant ma bouche sur la sienne. Elle continuait à se défendre faiblement, mais cela ne servait plus à rien, elle savait qu’elle avait perdu.
Son T-shirt était déchiré. J’ai pensé qu’elle devait avoir froid. Je n’avais plus envie de la baiser, j’avais envie de l’aimer vraiment pour me prouver que j’en étais encore capable. Je l'ai serrée contre moi comme si elle était une petite souris. J’avais l’impression que j’allais m’évaporer si je la lâchais.
J’ai déliré à propos de Maman, je ne sais pas trop pourquoi j’ai pensé à elle à cet instant. Elle protestait encore, je la serais plus fort contre ma poitrine. C’était bon d’avoir une femme contre soi. J’étais presque sur le point de lui dire que je l’aimais d’amour parce que j’avais envie d’y croire. C’était encore possible après tout. Je ne l’avais pas baisée, je pouvais repartir, essayer de me reconstruire pour reprendre une vie normale. Accepter l’infini.
J’allais la laisser partir quand j’ai remarqué qu’elle ne bougeait plus. Je l’avais serrée trop fort, j’aurais dû me douter que je finirais par tuer une femme avec mon amour démesuré. Était-elle libre ? J’avais finalement réussi à achever une femme. Pourtant, je me sentais victime de la plus sombre des mélancolie.
Je n’ai pas pu me résoudre à quitter le cadavre. Il est vrai que les morts ne sont pas difficiles à vivre. Je l’ai tenue dans mes bras toute la nuit sans oser bouger, toujours victime de cette constante frustration.



Dernière édition par Meredith Epiolari le Sam 5 Déc - 22:26, édité 1 fois
 
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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:22

80) Mathilde :

Lorsque l'on est prêt à tuer par amour et que cela ne suffit plus, que reste-t-il ? Je lui aurais bien demandé de m'achever, mais puisqu'elle ne m'aimait pas, elle ne devait pas m'aimer suffisamment pour m'accorder la mort.
Du reste, aucune femme ne pouvait m’achever et c’était bien là la cause de tous mes malheurs. Je lui ai dit que je me tuerais pour elle. Elle a répondu :
Vas-y, meurs, tu n'oseras pas.
Elle ne croyait pas que je puisse obéir à cette injonction létale. Moi non plus. C’était un coup de bluff. Je n’avais jamais pensé sérieusement à me donner la mort. C’était une idée qui me traversait de temps à autre quand je repensais à mon calvaire, mais entre l’idée et l’acte se tenait un monde.
Tu vois, tu n’as pas les couilles pour ça. Pourtant, crois-moi, ça me ferait bien plaisir de te voir crever. Tu es un monstre et le monde sera plus beau quand il sera débarrassé de toi.
Je ne savais même pas comment m’y prendre. Je ne me voyais pas mourir autrement que par la main d’une femme pour que tout soit consommé. Que ce soit l’amour et l’amour seul qui signe ma perte. Et si la mort était une blague, si elle ne me délivrait pas ? Si je devais me laisser pour toujours dévorer par la frustration ?
Quand on aime quelqu’un on ne le poursuit pas. Quand on aime quelqu’un on ne le menace pas. Quand on aime quelqu’un, on fait une croix sur lui. Sauf que toi tu n’as rien compris, parce que tu n’es capable d’aimer personne et que plus personne ne voudra jamais t’aimer.
Je devais courir le risque. J’ai donc sonné à la porte d'une autre femme, la dernière que j’avais envie de rencontrer, celle qui me haïssait plus qu’aucune autre parce qu’elle ne pouvait s’empêcher de m’aimer un peu au fond. Même avec du sang sur les mains.

Je lui ai demandé de m’aider à quitter le monde. Contrairement à Mathilde, elle a accepté. Je n’ai rien eu à expliquer, je n’en avais pas besoin. Maman avait toujours dit qu’elle aurait dû m’étrangler dès le berceau.

 
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MessageSujet: Re: Los Caprichos [S]   Sam 5 Déc - 22:25

Après propos :

Voilààààà !
J'ai battu le record de cinquantouble post là
J'espère que ça vous a plu, je ne suis plus du tout dans le truc mais votre avis m'intéresse quand même, surtout à propos de cette fin très controversée par les avis extérieurs Smile
Perso, je trouve ça merveilleux de mettre son propre prénom dans son roman Cool
Il y a pleeeein de références, mais je ne me suis pas amusée à les répertorier.
Que dire de plus ? Commentez !

 
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