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 Emphase [S]
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Iskupitel

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Sire de Picardie, Souverain des Isles de Coupe et de Pitel
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MessageSujet: Emphase [S]   Jeu 19 Fév - 3:05

Un texte signé en 2010, à l'âge de treize ans. Je ne saurai vous dire s'il est bon, je ne l'ai pas relu depuis, et je ne sais même si je l'ai relu alors.

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La pipe tirée, le fourneau fut gratté, l'opium fut tassé, le feu approché. Vous tirez sur la pipe. Quelques instants, et vous relâcherez la première bouffée. Puis viendrait une seconde, mais elle ne serait pas la dernière. Ayant terminé la première boulette, vous faites une pause, reposant le jade sur le plateau de verre. Vous humectez vos lèvres du bout de votre langue, mais vous ne vous rendez pas compte que cela n'a aucun effet, qu'aucune salive ne viendrait vous rassasier. Vous vous allongez, sans contrôler votre corps à temps. Votre tête heurte le bois du sol, manquant de peu le coussin que vous aviez prévu. La douleur ne vous atteint pourtant pas, vos paupières closes dissimulant le trouble du choc. Désorienté, vous mettez, dans un accès de colère, vos mains sur votre tête sans pouvoir retenir leur chute. Dans une position très désagréable, vous vous abandonnez au délire lumineux qui s'est déclaré aux portes de votre inconscient.

Juché sur un triangle bleu, vous contemplez les hordes de démons se rire d'un humain écroulé et visiblement récemment roué de coups. Son teint blême et ses joues rouges, que vous apercevez malgré la distance, vous rappellent V.. Les démons se rapprochant ostensiblement, vous constatez que c'est bien elle et décidez d'approcher le triangle de la scène.

Jeune et frêle, elle se débat à peine. Les mains pour cacher ses oreilles vous paraissent plus menues que celles d'une enfant, et vous remarquez que V. enfonce ses ongles peu entretenus dans ses tempes, comme pour chasser la douleur des mots par la douleur de la chair. Ses cheveux blonds crasseux, rejetés en arrière et tenus par la sueur, s'accordent parfaitement à l'atmosphère d'effroi de votre amie. Déshabillée, son intimité dissimulée seulement par l'entrecroisement de ses jambes, elle paraît une âme errante. Les yeux embrumés d'une certaine pitié et les pupilles dilatées, vous ôtez votre veste d'alpaga et la lui déposez, couvrant ses épaules meurtries. Autour de vous, les démons s'énervent silencieusement. Sans entendre leurs voix, vous comprenez leurs paroles, les petits esprits s'étonnant de votre présence.

Étendant vos bras devant V. pour prouver que vous la protégez, vous dardez votre regard d'acier sur les nuisibles, dévisageant chacun d'entre eux. L'un d'eux, prenant une posture de dédain et un regard égal, tente de vous affronter visuellement. Lentement, vous approchez de lui et le soulevez, tenant son bras grassouillet au niveau du coude, jusqu'à ce qu'il hurle et implore votre pardon. Vous le déposez alors, l'épiant toujours de l'épine de vos yeux. V., s'étant redressée, s'approche de vous, susurrant quelques gentillesses inaudibles à votre oreille. La prenant dans vos bras, vous l'emmenez vers le triangle bleu que vous aviez quitté, et l'y asseyez. Vous sentez soudain sa main sur votre bras, alors que vous lui tourniez le dos. Vous approchant d'elle, V. saisit votre nuque avec vigueur, posant ses lèvres sur les vôtres, les paupières closes. Envoûté, vous succombez et cessez de résister. Vous ne la laissez que respirant à peine, le souffle court et les yeux humides de joie. Caressant filialement la chevelure blonde, vous sentez le gras chaleureux. Ses mains contre votre poitrine, vous lui dites au revoir, un œil fermé, ne parvenant pas à l'ouvrir.

Le triangle bleu s'éloignant, vous détournez le regard et versez une larme. Ruisselant, elle vient se nicher dans le creux de votre pommette et se perd dans votre barbe clairsemée. Une seconde goutte, rouge cette fois-ci, emprunte le même chemin, et vous l'observez, votre œil fermé s'étant écarté de son orbite placé devant vous. Perçant la barbe, la larme de sang poursuit les formes de votre visage jusqu'à en trouver l'extrémité, jusqu'à glisser du menton. Vous vous détournez, replacez votre œil et courez dans une direction prise par le hasard des choses, vos pieds glissant et s'élançant sur le sol nébuleux pendant quelques mètres. Vous vous stoppez alors, net, ayant perçu, loin derrière vous, la larme de sang se joindre au sol. Pris de panique pour une raison aussi obscure que le ciel, vous reprenez votre course, et vous vous écroulez de fatigue plusieurs milliers de kilomètres plus loin, pris de soudaines courbatures. Tentant de lever la jambe, elle reste à terre, et vous vous effondrez, collant votre oreille au sol comme pour mieux écouter le battement de cœur de la terre.

Le silence complet vous persuade pourtant de vous relever, et vous retrouvez votre table à opium. Vous vous redressez et déplacez le coussin jusqu'à l'endroit où votre tête a heurté le sol toute à l'heure. Reprenant votre pipe dans la main, vous vous contemplez la douceur de son toucher, et la caressez lentement, toujours un peu perdu dans vos pensées. La mettant à votre bouche, vous remarquez qu'elle est vide.

Sachant où vous déposez toujours vos boulettes d'opium, vous vous levez, vous appuyant sur la table à opium. Chancelant une fois bipède, vous vous retenez dans votre chute au mur et admirez les boiseries comme vous ne l'avez jamais fait, appréciant l'âpreté de la matière. Vous penchant pour mieux voir, vous collez votre visage contre la paroi et prenez conscience que ce n'est que loucher est douloureux. Tentant de vous redresser, vous posez votre main sur le mur. Glissant, l'organe affronte une petite écharde et est douloureusement vaincue.

Ressentant une douleur intolérable contrastant avec l'engourdissement général de votre corps, vous vous précipitez dans une direction choisie au hasard – celle du battant de la porte. Une fois à terre, caressant votre front de la main épargnée, vous rampez vers la table à opium, souhaitant retrouver l'anesthésie. Prenant conscience que les boulettes sont loin, vous vous dirigez vers un étagère de métal froid, et agrippez, au hasard, un objet qui se révèle être une pince à épiler.

Bien que fonctionnant au ralenti, votre cerveau comprend que vous pouvez vous soulager de la première douleur, et votre main réduit son tremblement de façon à trembler aussi vite que le reste de votre corps. Ayant trouvé une certaine stabilité, votre deuxième main, tenant la pince, s'approche de l'écharde, que vous voyez au niveau de la paume. Après plusieurs minutes d'essais vains, vous apercevez le morceau de bois au bout de votre index. N'écoutant que votre instinct, vous croquez votre phalange et hurlez d'une douleur étranglée. En sang, vous courez vers votre salle de bains, que vous atteignez après quelques chutes que vous jugerez « contrôlées » sans qu'elles le soient le moins du monde. Faisant face à un miroir, vos pupilles vous fixant, vous remarquez qu'elles sont presque aussi grandes que votre iris, et tentez d'approcher vos doigts. Butant contre le verre, vous en sucez le bout et admirez le sang couler de nulle part. Il coule à flots sans source apparente, et vous tournez autour de votre doigt pour trouver celle-ci, en vain. Rapidement, votre habit est trempé de rouge, et vous le quittez.

Nu, vous êtes rapidement recouvert de la matière poisseuse provenant de votre doigt, et n'avez plus qu'à prendre une douche. Sentant l'odeur d'une source d'eau, vous vous y rendez et plongez dans une eau salée baignée de soleil et à l'ombre des nuages qui paressent, cotonneux. C'est là que vous sentez votre cœur défaillir et que vous expirez pour la dernière fois. Vous en êtes heureux, satisfait du paysage. Une belle mort.



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La Grenouille

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MessageSujet: Re: Emphase [S]   Jeu 19 Fév - 8:50

(Bon, commentaire court, j'en suis navrée)

J'ai l'impression qu'il y a des petits couacs au niveau de la concordance des temps mais sinon dans l'ensemble je suis surprise par la maturité du texte compte-tenu de l'âge où tu l'as écrit.
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Emphase [S]   Jeu 19 Fév - 12:34

J'écrivais quoi moi déjà à 13 ans ? Ah oui /PAN/
C'est très impressionnant, tu as progressé depuis bien-sûr mais tout de même, wow ! Smile
L'opium, la drogue de Cocteau

Je pense que c'est pas la peine de faire un commentaire plus constructif que ça, tu ne comptes pas revenir dessus de toute façon ?

Juste une petite question :
V. c'est une demoiselle vers qui tu était attiré à un moment donné ? 0:)

 
Iskupitel

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Sire de Picardie, Souverain des Isles de Coupe et de Pitel
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MessageSujet: Re: Emphase [S]   Jeu 19 Fév - 12:54

Myh > Merci de ton commentaire J'ai toujours eu un problème avec la concordance des temps, même si depuis je pense m'être un peu amélioré ^^

Dedarimi > Merci aussi Je ne saurais pas du tout t'expliquer pourquoi V. Mais je pense me souvenir de quelque chose que j'avais lu avant d'écrire le texte parlant d'un mouvement littéraire où les gens écrivaient à la deuxième personne du pluriel et où ils ne nommaient personne, genre Michel Butor (j'ai du faire une recherche Google pour retrouver son nom x)). Voilà mon souvenir, vague, de l'explication ^^



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Emphase [S]

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