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 Essai sur la Cryptozoologie [P]
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Robin Vanille

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Masculin Messages : 55
Date d'inscription : 15/11/2014
Age : 21
MessageSujet: Essai sur la Cryptozoologie [P]   Sam 28 Fév - 23:00

Cela fait quelques temps que je suis inscrit, et je n'ai encore jamais posté de texte. J'ai donc fouillé mon PC en quête d'un de mes écrits, et n'ai trouvé d'intéressant qu'un essai sur la Cryptozoologie. Si vous ne savez pas ce que c'est, voici l'occasion d'en apprendre un peu plus !

Ce n'est pas très ordinaire par rapport à ce qui s'écrit sur ce forum (il n'y a d'ailleurs pas de catégorie Essais, je le mets donc ici), mais j'espère que ça vous plaira ! J'aime particulièrement la cryptozoologie car cette science laisse place à l'imagination...

Citation :
Essai sur la Cryptozoologie : Peut-on considérer la cryptozoologie comme une science ?

  Qu’est-ce que la cryptozoologie ? Comme l’indique son nom d’origine grecque, il s’agit littéralement de « la science des animaux cachés ». En clair, les cryptozoologues, les spécialistes de cette discipline, cherchent à décrire scientifiquement de nouvelles espèces animales ayant une taille macroscopique et inconnues de la science. Des créatures considérées comme étant des légendes par une grande partie de la communauté scientifique, tels que le Yéti, le monstre du Loch Ness ou encore le Kraken appartiennent à ces animaux dont leur existence passée ou présente n’a jamais été prouvée formellement. De tels animaux sont appelés des « cryptides », et ils constituent le sujet de recherche des cryptozoologues. À première vue, cette « science » est totalement fantaisiste, voire charlatanesque. Pourtant, au XIXème siècle, de nombreux témoignages d’autochtones d’Afrique équatoriale rapportent l’existence d’hominidés dans la jungle. Les scientifiques sont perplexes et refusent de croire ces rumeurs, et ce n’est qu’en 1902 que le gorille des montagnes sera découvert. De nombreux autres animaux décrits comme légendaires auparavant, existent en réalité bel et bien : la girafe (qui a pour nom scientifique Giraffa camelopardalis, camelopardalis désignant le chameau et le léopard, dont on pensait qu’elle était le croisement), mais aussi l’okapi, le calmar géant, le panda géant ou le coelacanthe. Bien plus récemment encore, en 2006, dans la jungle de Bornéo, une nouvelle espèce de léopard fut découverte, autrefois confondue avec une autre espèce. N’y aurait-il donc pas d’autres animaux jamais décrits scientifiquement, cachés dans des endroits inexplorés, dans les jungles impénétrables ou les profondeurs maritimes inaccessibles ?

  La cryptozoologie suscite des controverses. Tout d’abord, c’est une « science » qui admet que son sujet d’étude puisse ne pas exister. En cela elle rappelle l’exobiologie : cette science cherche à déterminer les conditions sine qua non de l’apparition de la vie, mais aussi, par extension, les possibilités d’une vie extra-terrestre. La méthode scientifique traditionnelle repose sur des observations et des expériences, ce qui n’est pas toujours le cas pour ces disciplines, puisqu’elles visent d’abord à prouver ou à réfuter l’existence d’une forme de vie extra-terrestre ou d’animaux inconnus. Ces deux sciences pourraient chercher quelque chose qui n’a aucune réalité physique, pourtant, l’exobiologie est bien considérée comme une science à part entière, alors quid de la cryptozoologie ?

  Ensuite, la cryptozoologie s’appuie sur des témoignages, qui sont forcément subjectifs. Peut-on appliquer la méthode scientifique, où l’objectivité prime, sur des rumeurs ? Les cryptozoologues utilisent sur le fait que les légendes ont généralement une part de réalité : comment le mythe d’un dinosaure vivant dans la jungle congolaise peut-il s’être ancré dans l’imaginaire pygmée ? Certaines sciences comme l’ethnologie ou la sociologie exploitent les folklores, est-il pour autant légitime pour la cryptozoologie de s’appuyer sur les cultures des peuples ? Les cryptozoologues se servent des témoignages comme un point de départ afin de creuser le sujet. Contrairement à d’autres sciences, les déclarations des témoins sont essentielles et constituent un terreau fertile sur lequel des découvertes peuvent être faites. Cependant, ce n’est qu’une piste, qui doit permettre plus tard de trouver de vraies preuves.

  Enfin, cette science présente le défaut majeur d’être facilement proie aux mystifications : on compte par centaines les faux témoignages et les pseudo-preuves d’existence de cryptides, telles que l’une des célèbres photos du monstre du Loch Ness, que l’auteur avait truquée. Néanmoins, d’autres sciences ont aussi connu des canulars retentissants : en paléontologie, on se souvient de l’homme de Piltdown, considéré au début des années 1900 comme le chaînon manquant entre l’homme et le singe. Il faudra attendre 1959 avant de découvrir qu’il s’agissait d’un crâne humain associé à une mâchoire d’orang-outan. Les cryptozoologues se doivent donc d’être vigilants envers leurs sources, ceci afin d’écarter les fausses pistes qui ne pourraient que conforter la méfiance vis-à-vis de la discipline.

  La majeure partie de la communauté scientifique considère que la cryptozoologie est une pseudo-science [1], c’est-à-dire une prétendue science n’en ayant pas la rigueur. La cryptozoologie serait alors considérée comme l’alchimie ou l’astrologie, une science n’ayant aucune validité. Aucun organisme officiel n’existe, il n’y a ni formation universitaire ni de reconnaissance de diplôme en cryptozoologie. N’importe qui pouvant se considérer comme crypotozoologue, il y a une opposition entre les amateurs qu’on pourrait qualifier « d’éclairés », qui tentent scientifiquement de prouver ou non l’existence de cryptides, avec ceux, presque fanatiques, qui y croient totalement et cherchent à imposer leurs idées. Ces derniers deviennent bien plus visibles et actifs grâce aux nouveaux moyens de communication, comme Internet. Les animaux cachés constituent parfois une part de la « théorie du complot », selon laquelle les gouvernements cacheraient des choses à leurs concitoyens. Cette théorie étant très en vogue – face à la complexification du monde, il est parfois plus simple de se dire que tout cela n’est qu’une vaste conspiration – leurs partisans en viennent à affirmer que des espèces d’hominidés sont cachés par les dirigeants. Bien plus grave, en 2011, une administration régionale russe déclare que le Yéti existe, en s’appuyant sur les découvertes de scientifiques dans cette zone proche de la Mongolie. Il s’avère qu’il s’agissait en réalité d’une publicité afin d’attirer les touristes dans la région. Dans ces cas, difficile pour les scientifiques d’apporter du crédit à cette science.

  En bref, la cryptozoologie n’est pas actuellement une science au même titre que l’astrophysique ou la génétique. Pourtant, certaines personnes tentent de faire évoluer les choses.

  C’est en 1955 que naît la cryptozoologie moderne, sous la plume du belge Bernard Heuvelmans [2], docteur en zoologie. Il écrivit Sur la piste des bêtes ignorées, qui demeure aujourd’hui encore un ouvrage de référence pour cette science. Heuvelmans tente à l’époque d’appliquer une stricte démarche scientifique, démarche qu’il tire de ses études puis de son travail. Il tente pour cela de mettre au point une méthodologie visant à dépister de manière systématique – et non plus hasardeuse – les espèces inconnues. Pour le zoologue, la communauté scientifique devrait être plus ouverte à l’éventualité d’animaux inconnus. C’est lui qui montrera que les prétendus « scalps de Yéti » conservés dans des lamaseries tibétaines sont en réalité des poils de chèvres sauvages. Malgré son prestige parmi ses pairs, les travaux d’Heuvelmans suscitaient et suscitent toujours des controverses. Par exemple, dans une virulente critique en 2011, Luc Allemand de La Recherche remet en cause ses écrits et ses recherches sur les cryptides hominidés, et va jusqu’à le qualifier de « sectaire ». Pour autant, si l’auteur condamne Heuvelmans, c’est peut-être qu’il a finalement une certaine légitimité, du moins suffisante pour qu’on lui prête attention dans un journal scientifique.

  Quant à Michel Ballot, un « chercheur amateur » comme il se décrit sur le site de son expédition, il recherche le Mokélé-Mbembé dans la forêt congolaise depuis plus d’une dizaine d’années. Le Mokélé-Mbembé serait, selon les témoignages indigènes, rien de moins qu’un dinosaure de la taille d’un éléphant, broutant paisiblement, caché par la luxuriante végétation. L’idée semble farfelue, pourtant des témoignages pygmées remontant à 1912 ont été recueillis par des missionnaires européens. L’une des principales difficultés est de par-venir à recueillir des témoignages sans biais, comme l’ethnologue Serge Bahuchet le déclare dans Science et Vie Junior : « Quand vous montrez des images aux pygmées en leur demandant s’ils connaissaient un tel animal, il est probable qu’ils répondent par l’affirmative pour vous faire plaisir ». Pour faire avancer la cryptozoologie, on se sert d’autres sciences, ici de la psychologie, ce qui permet d’apporter l’objectivité nécessaire à la discipline. Ballot a par ailleurs ouvert un site internet sur lequel il a lancé un appel aux dons, 30 000 euros ayant rapidement été fournis par des particuliers, mais aussi par d’autres scientifiques le soutenant, comme le paléontologue Éric Buffetaut. Pour lui, l’intérêt de ces expéditions n’est pas forcément de retrouver le Mokélé, mais également d’explorer ces jungles cachant encore des trésors. L’explorateur témoigne : « Il faut beaucoup de chance pour repérer un animal. J’explore chaque année une zone où vivent un grand nombre d’éléphants. Pourtant, en dix ans de forêt, je n’en ai vu que quatre ou cinq fois. […] Alors, un mokélé… ». Il ne part donc pas bille en tête dans l’espoir de trouver le dinosaure, mais tente d’appliquer un raisonnement logique pour optimiser ses chances de rencontre. Néanmoins, on peut observer une limite aux recherches de Michel Ballot : sur son site internet, il propose des « oeufs de Mokélé-Mbembé » pour plus de 600 euros de dons. L’explorateur a besoin de financements, mais cela montre bien qu’il y a une limite à sa science : c’est d’abord et avant tout un aventurier et non pas un chercheur diplômé.

  On note finalement un contraste entre le scientifique parfois décrié et l’explorateur passionné mais pas très rigoureux. La cryptozoologie n’est finalement qu’une branche de la zoologie, dont la spécialité est de découvrir de nouveaux animaux inconnus, et ils sont nombreux ! En moyenne, 30 mammifères et oiseaux, une centaine de reptiles et amphibiens et plus de 300 poissons sont décrits chaque année. En officialisant cette science, ne permettrions-nous pas d’accélérer le processus de description du monde qui nous entoure ? Cela permettrait également de lutter en partie contre les « faux » cryptozoologues. Cependant, il y a une limite à observer : les animaux sur lesquels la cryptozoologie s’intéresse sont toujours assez extraordinaires, sortant du commun. Par exemple, un poisson lambda, même inconnu des scientifiques, n’attirera pas l’intérêt des pêcheurs. Les insectes sont d’ailleurs totalement ignorés en cryptozoologie, car peu de cultures y attachent une importance aussi grande que pour les mammifères ou les oiseaux. Néanmoins, la cryptozoologie ne serait-elle pas un moyen d’attiser la curiosité des populations sur les trésors de biodiversité qui les entoure, et par conséquent de les inciter à la préserver ?



Notes :
[1] Ou para-science, terme considéré comme moins péjoratif.
[2] Pour l’anecdote, il était un grand ami d’Hergé, qui reprit ses travaux sur le Yéti…


Sources bibliographiques et sites Internet :

  • Bernard HEUVELMANS. Sur la piste des bêtes ignorées. 2 tomes. France : Plon, 1955.
    Référence en la matière de cryptozoologie, non consulté directement.
  • Philippe COUDRAY. Guide des animaux cachés, traité de Cryptozoologie. France : Éditions du Mont, 2009, 192 p. ISBN 978-2915652383
    Un guide des principaux cryptides supposés de par le monde.
  • Rory STORM, Les monstres : guide de la cryptozoologie. France : Gremese, 2008, 207 p. ISBN 978-8873016625
    Un guide des cryptides plus critique que le précédent, mais moins exhaustif.
  • Joel LEVY, David GOULD, Peter HARRISON et al. Histoire Naturelle du Monde Surnaturel, archives de la société de cryptozoologie de Londres. France : Hors-Collection, 2001, 224 p. ISBN 978-2258055537
    Ce livre présente des « archives » de la société de cryptozoologie de Londres dont je n’ai trouvé aucune trace, néanmoins très complet.
  • Luc ALLEMAND. B. Heuvelmans et B. Porchnev, L'Homme de Néanderthal est toujours vivant. La Recherche, septembre 2011, n° 455, p. 97. Disponible sur :
  • http://www.larecherche.fr/idees/touche-pas-a-ma-science/b-heuvelmans-b-porchnev-homme-neanderthal-est-toujours-01-09-2011-86466
    Un article de la Recherche contre Heuvelmans et la cryptozoologie en géné-ral.
  • http://mokele.fr/
    Site de l’expédition de Michel Ballot.
  • http://cryptozoo.pagesperso-orange.fr/
    Un site sur la cryptozoologie en général, écrit par un passionné, mais pas totalement à jour.
  • Emmanuel DESLOUIS. Le dino perdu du Congo. Science et Vie Junior, Août 2013, n°287, p. 72
    Un article sur Michel Ballot et son expédition à la recherche du Mokélé-Mbembé.
  • Auteur Inconnu. Pour développer le tourisme une région russe affirme avoir découvert le yéti. Le Monde, 2011, Disponible sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/10/pour-developper-le-tourisme-une-region-russe-affirme-avoir-decouvert-le-yeti_1584863_3244.html
    Un article sur les déclarations d’une région russe sur la pseudo-découverte du Yéti.
  • http://www.nouvelordremondial.cc/cat/cryptozoologie/
    Un site sur la cryptozoologie, partisan de la théorie du complot, à prendre avec précautions.


Paléotologie => paléontologie
Cryp-tozoologue => cryptozoologues
 
Meredith Epiolari

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Reine de l'Impro
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MessageSujet: Re: Essai sur la Cryptozoologie [P]   Dim 1 Mar - 14:13

Bel essai, tu as une argumentation très fluide et très pointue, ça passe largement dans un article de journal pour moi Smile
Travail hyper sérieux et beaucoup de recherches, c'est très impressionnant, tu dois être passionné par le sujet !

J'ai été contente de découvrir cette science, elle est pas si stupide que je le pensais au départ Wink

Juste un reproche sur cette phrase :

Robin a écrit:
Les cryptozoologues utilisent sur le fait

Je suis pas sûre que la formulation en soit correcte ^^

Beau travail, j'espère que tu nous posteras d'autres textes parce que tu maîtrises indéniablement l'art d'écrire

 
 

Essai sur la Cryptozoologie [P]

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