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 Tourbillon mental [P]
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Arucat

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Féminin Messages : 34
Date d'inscription : 20/06/2015
Age : 20
MessageSujet: Tourbillon mental [P]    Dim 21 Juin - 9:13

Dans le coin sombre de mon esprit torturé des questions se bousculent sans répit pour accomplir leurs buts et trouver leurs réponses. Des plus banales au plus inattendues, jamais elles ne s'arrêtent de tourner. Aucune pitié ne m'est laissée. Elles s’embrouillent dans ma tête comme un brouillon inachevé qui restera jusqu'à la fin sans solution. Je le sais, je ne devrais pas mais je le fais, c'est plus fort que moi, une tentation insoutenable qui reviendrait à faire un pacte avec le diable, jamais de pause, jamais de réponse, jamais ça ne s'arrête. Et pour finir nous embarquons dans un tourbillon infini de masturbation mentale et de piques contre lesquelles on ne pourrait cesser de se frotter avec jouissance, pour se persuader que cette douleur n'est finalement, qu'une douce sensation de plaisirs accumulés que l'on s'inflige seul.

Tourbillon mentale -> Tourbillon mental
des questions se bouscules -> des questions se bousculent
sans rai pis -> sans répit
inattendus -> inattendues
jamais elles ne s'arrête -> jamais elles ne s'arrêtent
sans solutions -> sans solution
une tentation insoutenable qui reviendrais -> reviendrait
jamais de pauses -> jamais de pause
jamais de réponses -> jamais de réponse
nous embarque -> nous embarquons
un tourbillon infinie -> un tourbillon infini
les quelles -> lesquelles
on ne pourrait -> on ne pourrait
au terminale -> finalement
que l'on s'inflige seule -> seul


Dernière édition par Arucat le Dim 21 Juin - 18:41, édité 1 fois
 
Iskupitel

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Sire de Picardie, Souverain des Isles de Coupe et de Pitel
Masculin Messages : 493
Date d'inscription : 26/07/2014
Age : 20
Localisation : Ouest de la France
MessageSujet: Re: Tourbillon mental [P]    Dim 21 Juin - 16:19

J'ai plutôt aimé ! Et comme le texte est assez court, je vais tâcher de le commenter de manière critique ; mais une critique constructive, pour sûr.


    « Dans le coin sombre de mon esprit torturé des questions se bousculent sans répit pour accomplir leurs buts et trouver leurs réponses. »


Tout d'abord, je trouve que le principe de coin sombre au sein même d'un esprit torturé est intéressant. Une façon de pointer du doigt la zone la plus sombre de la zone ombragée, ce lieu où même les chats sont aveugles.
Toutefois, je ne comprends pas bien la fin de la phrase : s'il est admis que les questions ont pour but de trouver une réponse (et encore, si on aborde le sujet de la philosophie, les questions n'ont pas le concept de réponse pour finalité, mais passons : je chipote), voire même plusieurs réponses en certains cas, je ne vois pas la raison d'un pluriel à « leurs buts ». Sauf si, coup de théâtre, on considère la chose d'un point de vue philosophique. Les questions ont donc plusieurs buts (créer un débat, informer, comprendre, etc.). Hélas, si elles ont plusieurs buts, elles n'ont pas de réponse, puisqu'il est impossible qu'une réponse unique et fermée, c'est-à-dire qui n'est pas en elle-même une question, soit formulée et correcte pour des questions qui ont plusieurs buts, plusieurs domaines. C'est pourquoi notre cher Descartes déclarait qu'il faudrait théoriquement définir tous les termes de chaque phrase. Exemple :

    “Les hommes vivent en société.”“Qu'est-ce qu'un homme ? Qu'est-ce qu'une société ?”“Un homme est un mammifère. Une société est une communauté organisée d'êtres vivants.”“Qu'est-ce qu'un mammifère ? Qu'est-ce qu'une communauté ? Qu'est-ce qu'être organisé ? Qu'est-ce qu'un être vivant ?”et caetera.

Le langage est donc, à mon sens personnel, contraire à la philosophie et à la compréhension intrinsèque de tout. Quoi qu'il en soit, je digresse quelque peu et m'éloigne du texte. En tous cas, je reste convaincu qu'il faut mettre « leurs buts » au singulier. Je laisse l'auteur en juger.
Pour ce qui est de la forme de la phrase, j'aurais rajouté une virgule après « torturé », afin de bien différencier la principale de la subordonnée. Quoi que, si j'avais écrit cette phrase, j'aurais placé « des questions » après « sans répit », ce qui aurait évité la nécessité de mettre une virgule. Mais mon style est ce qu'il est, et je ne suis qu'à moitié là pour parler de ce qui n'est pas le style de l'auteur.
Par ailleurs, là où j'aurais instinctivement mis un superlatif -- “Dans le coin le plus sombre de mon esprit torturé” aurais-je écrit --, l'auteur s'en est passé, et je trouve cela plutôt intéressant. Cela suggère discrètement qu'il existe des coins plus sombres et exigus encore, des zones que nul ne souhaite connaître ; pas même l'auteur, puisqu'il préfère ne pas en parler.
Je passe à la phrase suivante.


    « Des plus banales au plus inattendues, jamais elles ne s'arrêtent de tourner. »


On parle toujours des questions, bien entendu, puisque tout le texte en parle.
Il est amusant d'opposer « banales » à « inattendues ». Puisque, finalement, n'est-il pas possible qu'une question banale soit inattendue ? Cette proposition subordonnée montre de la manière la plus simple qui soit la norme acceptée dans l'univers de ce texte. Après l'évocation d'un lieu et des protagonistes (haha, Protagoras on pense à toi), on apprend à présent un nouveau repère. En tant que lecteur, je me sens, au fur et à mesure de la lecture, de plus en plus en sécurité, moins dans le flou, davantage dans un espace-temps logique et cohérent.
Je n'ai pas grand chose à dire sur la proposition principale en elle-même. En revanche, je peux dire que la phrase est équilibrée, puisque chaque membre fait 11 syllabes, et ça j'aime bien.
Je commenterai le fond à la fin de ce commentaire afin de ne pas dissocier le sens d'une phrase de celui de ses voisines, ce que je peux me permettre pour commenter la forme.


    « Aucune pitié ne m'est laissée. »


Une phrase de moins de six mots, ça me fait mal au cœur. Sûrement parce que je suis un traditionaliste extrémiste qui n'aime pas la littérature et y préfère la langue française : pourquoi utiliser peu de mots alors que le registre de la langue française est immense ? En tous cas, cette phrase, bien que très courte, ne m'a pas été désagréable. Elle laisse une impression de hachoir bien aiguisé et décidé à en finir avec le morceau de viande présent devant lui. Ces sonorités un peu hachées, encouragées largement par « pitié », un terme tout à fait en désaccord avec son sens de par son son. Et le choix du terme de « pitié » n'est pas, pour moi, le fruit du hasard. Il aurait en effet été tout à fait possible d'y préférer le terme de « quartier » ; et c'est sûrement celui que j'aurais personnellement choisi, afin de donner une impression d'abordage par un vaisseau pirate (le sempiternel « à l'abordage ! Et pas de quartier ! ») qui aurait amplifié la nature floue et chaotique des questions évoquées précédemment.


    « Elles s'embrouillent dans ma tête comme un brouillon inachevé qui restera jusqu'à la fin sans solution. »


Une phrase qui aurait mérité, à mon sens, de gagner une virgule après « dans ma tête », pour bien insister sur le fait que les questions s'embrouillent dans la tête du personnage. La virgule permet de donner au reste de la phrase la seule fonction de précision de cet imbroglio, puisque la deuxième partie de la phrase n'est, finalement, qu'une précision, de même, de ce qui a été dit dans les phrases précédentes.
Quoi qu'il en soit, il est à remarquer que la proximité phonétique entre l'embrouillement et le brouillon -- qui est sans doute également une proximité étymologique, mais ne connaissant pas l'étymologie de ces deux termes je ne m'avancerai pas sur cette dangereuse pente -- est agréable à l'oreille, et ce malgré le fait que les sons en commun ne sont pas, à mon sens, les plus beaux sons qu'ont pu produire la langue française au fil des siècles.
Le pléonasme de « brouillon inachevé » est léger et ne gêne pas vraiment la beauté bourgeonnante de la phrase.
Le choix de « jusqu'à la fin » au lieu de, par exemple, « pour toujours » ou « à jamais » m'interroge. Après réflexion, je trouve que l'expression choisie convient plutôt bien à l'ambiance générale du texte, très brouillée, très exiguë, presque étouffante en même temps que les questions asphyxient les pensées du personnage. En effet, l'expression choisie transpire le naturel, le mot lâché sans penser à détourner les sentiments ressentis. J'aime les textes à fleur de peau, et ce que ce soit celle du personnage ou de l'auteur.


    « Je le sais, je ne devrais pas mais je le fais, c'est plus fort que moi, une tentation insoutenable qui reviendrait à faire un pacte avec le diable, jamais de pause, jamais de réponse, jamais ça ne s'arrête. »


Je disais pour la phrase précédente que le « jusqu'à la fin » transpirait l'asphyxie du personnage. Cette phrase me conforte dans ma théorie et l'amplifie encore. Il est question d'un objet inconnu, d'un « le » qui n'a pas d'existence physique, d'une « tentation insoutenable » qui illustre toute la faiblesse mentale du personnage. La longueur de la phrase fait écho à la complexité des sentiments éprouvés par le personnage ; j'aime quand la forme s'adapte au fond. L'image du pacte avec le diable n'est pas originale, mais elle reste sympathique et illustre bien, je trouve, ce que l'auteur a voulu montrer ; en somme, l'image est bien choisie. L'anaphore en « jamais » au niveau du troisième membre paraît également être une gradation. C'est un membre très intéressant, et je me dois par amour pour la beauté de la langue de m'attarder ici.
« [...] jamais de pause, jamais de réponse, jamais ça ne s'arrête. » Nous avons ici plusieurs figures de style entremêlées, et elles sont belles. Tout d'abord, une anaphore, comme dit précédemment. Sûrement la plus simple à voir. Il est également un rythme ternaire qui, ceux qui me connaissent le savent bien, m'est des plus agréables ; basiquement, je trouve que les français sont faits pour utiliser ce rythme ternaire, faits pour parler en triolets, faits pour user et abuser de cette beauté intrinsèque. Le rythme ternaire donne une impression de finition, achève la phrase de la plus belle des manières et étend au sein même du cerveau du lecteur l'écho de la phrase en même temps qu'un Sol de conclusion. Ici, et c'est appréciable, le troisième membre du triolet est légèrement différent mais reste dans le même ton que ses camarades. On perd ainsi la monotonie tout en gardant la beauté. J'aime beaucoup. Troisième figure de style, une gradation. En effet, « jamais de pause » compte quatre syllabes, « jamais de réponse » en compte cinq, et « jamais ça ne s'arrête » en compte six. Cette gradation syllabique est très intéressante et illustre très bien ce dont je parlerai bientôt. Mais la gradation fait opposition à une figure qui n'a pas de nom (puisqu'elle dépend du sens et non de la forme même) et qui m'est toutefois très agréable. En effet, si l'on s'écarte de la syntaxe et que l'on se penche sur le sens lui-même, l'on découvre deux tiers du triolet qui représentent un arrêt (« pause » et « arrête ») inexistant, tandis que le troisième est, au contraire un mouvement (« réponse ») inexistant, une réponse étant la fin d'un immobilisme provoqué par une question. Et puis, comme je l'ai dit plus haut, une réponse est toujours créatrice de nouvelles questions. Il est donc amusant de voir que les deux termes immobilistes encadrent le terme vivace, comme si le lecteur était au point mort, passait la première vitesse, puis retombait à son point de départ. Je trouve beaucoup de sens à cela, mais je pense que le plus intéressant est que le personnage, s'il était proche d'atteindre une réponse, s'est au détour d'un chemin de pensée retrouvé, comme on se perdrait dans un labyrinthe, complètement perdu. Je trouve que cela correspond bien au texte dans sa globalité. Et pourtant, la gradation syllabique reste présente. Ainsi, ce morceau de phrase montre bien, selon moi, que malgré les obstacles le personnage reste tourmenté, mais également qu'il approche, doucement mais sûrement, de la réponse, comme s'il apprenait de ses erreurs. Je pense m'être suffisamment étendu au sujet de ces quelques mots.


    « Et pour finir nous embarquons dans un tourbillon infini de masturbation mentale et de piques contre lesquelles on ne pourrait cesser de se frotter avec jouissance, pour se persuader que cette douleur n'est finalement, qu'une douce sensation de plaisirs accumulés que l'on s'inflige seul. »


Tout d'abord, je dois faire remarquer que commencer la dernière phrase par « et pour finir » est bon. Je n'aime pas quand ce genre d'expression est utilisée alors que rien n'est fini.
Ensuite, l'image d'embarquement dans un tourbillon est très visuelle et sympathique. En revanche, associer cela avec une masturbation mentale m'apparaît tout à fait dégoûtant. L'utilisation d'un terme tel qu'onanisme aurait considérablement effacé l'aspect vulgaire de l'expression, qui gâche quelque peu cette partie de la phrase.
Je n'aime pas trop la virgule après « finalement », je la trouve très mal placée, elle coupe la phrase là où elle devrait la relancer. Si j'avais été à la place de l'auteur, je l'aurais soit annihilée, soit placée avant ce fatidique « finalement ».

À présent, parlons du fond de manière globale. J'ai apprécié ce petit texte dont la longueur est un avantage. S'étendre davantage aurait, je pense, inutile. Ici, tout est concis et intense. Cela permet de trancher avec le caractère flou et abstrait du fond du texte. En effet, tout au long de ma lecture, j'ai pu évoluer en même temps que se découvrait, comme une courtisane, la pensée du personnage. Les émotions qu'il ressent sont très bien transmises, et une certaine compassion m'a secoué à la fin du texte. Je pense avoir fait mon boulot avec ce commentaire, je vais aller manger à présent ; j'ai faim.

Au plaisir de relire un de tes textes

P.S. : Une balise [P] me semblerait convenir davantage. Il n'y a pas de raison particulière de considérer ce texte comme sensible.



Gno Isku in love
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Baleine Impériale
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MessageSujet: Re: Tourbillon mental [P]    Dim 21 Juin - 18:26

Moi j'aime bien. Autant le texte, que le commentaire . Isku tu es un paresseux-dieu Isku in love.
 
Arucat

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MessageSujet: Re: Tourbillon mental [P]    Dim 21 Juin - 18:43

Je vois tout à fait ce que tu veux dire, après comme je le disais dans ma présentation, c'est surtout un défouloir pour moi, c'est pour ça que certaines choses clochent encore dans mes textes c'est écrit sur le moment de l'impulsion. Merci beaucoup en tout cas ton commentaire est génial, je vais y réfléchir plus en profondeur Smile Merci !
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Tourbillon mental [P]    Lun 22 Juin - 15:14

J'aime bien aussi, et je défends la masturbation mentale, parce que justement je crois que la vulgarité est de mise dans cette effeuillage Smile
Néanmoins Isku, c'est vrai que lire tes commentaires est vraiment agréable, ça permet d'avoir un regard totalement différent sur le texte et puis j'ai appris des trucs de philo alors je suis contente Isku clin d'œil

 
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MessageSujet: Re: Tourbillon mental [P]    

 
 

Tourbillon mental [P]

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