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 Lana rêve [TS] ou [M]
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Maze

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MessageSujet: Lana rêve [TS] ou [M]   Mar 23 Juin - 16:09

Ce n'est pas un roman très long (une cinquantaine de pages) mais comme ce texte n'a pas les caractéristiques de la nouvelle (je crois ^^) je ne pouvais le poster qu'ici. Vous retrouverez encore un ange ici, désolée :p Mais il est différent, j'essaie de varier ma vision de ces êtres Smile
J'hésite pour la balise, je vous laisse corriger ^^ J'espère que vous apprécierez ! Very Happy


PROLOGUE

Toujours, Lana rêve. Partout, Lana rêve ; n'importe quand. Chaque fois qu'elle peut. Des minutes d'errance spirituelle semées au hasard dans ses journées. Des minutes qui deviennent des heures. Le temps s'étire, infini, et elle vit une existence entière en quelques secondes. Toujours, Lana rêve, parce que c'est plus agréable que sa vie à elle. Elle se perd dans l'irréalité pour survivre. Sans ces précieux instants, Lana est persuadée qu'elle serait morte. Elle a raison. Il a été dur de la protéger pendant tous ces instants où le rêve ne lui était pas encore apparu. Ce fut une mission périlleuse. J'ai failli échouer, et Lana avec. Elle aurait pu tomber de si nombreuses fois ! Elle rétablissait toujours son équilibre, et les seules fois où j'ai dû l'aider à se relever, elle m'a inconsciemment repoussé et s'est redressée seule, lentement. Mais j'ai eu le temps de lui murmurer à l'oreille : « Rêve, Lana. Toujours. » Elle m'a entendu et depuis, a chancelé moins souvent. Parce qu'elle est forte, aussi. Ce n'est pas que grâce à moi.
Je ne suis que son ange gardien.
Je l'ai vue naître, dans la souffrance et la joie, et l'on m'a assigné à elle. À ce petit être, cette chose braillante et minuscule qui hurlait à l'idée de vivre. Sa mère, en sueur, l'a prise dans ses bras en souriant et a soupiré profondément. Un enfant. Elle n'imaginait pas ce qui allait se passer. Le père était là, également, observant ce bébé bruyant. Peut-être était-il heureux ; c'est impossible à savoir avec cet homme au visage toujours impassible, au physique toujours impeccable, bien coiffé, regard vif, costume parfaitement repassé. Il s'est approché. La famille était au complet. Elle ne s'agrandirait pas ; les parents avaient décidé depuis longtemps qu'un seul enfant suffirait. Sa mère semblait un peu le regretter, mais avec le métier de son mari, elle ne pouvait qu'être d'accord : s'occuper d'un enfant est déjà difficile lorsqu'on est seule, alors deux, c'était impossible. Elle allait travailler beaucoup, elle aussi, en tant que journaliste, mais ils se disaient tous les deux que ça irait. Ils étaient naïfs et encore un peu jeunes. Ils m'amusaient.
Lana a grandi. Elle n'était pas très belle. Je me souviens, elle regardait sa mère, brune, grande, un peu ronde, au regard bienveillant, en se demandant pourquoi elle n'avait pas hérité de ses traits. Son visage d'enfant était très masculin : ses cheveux étaient coupés courts, par la volonté de sa mère qui n'avait pas le temps de la coiffer tous les matins, sa mâchoire avait une forme carrée. Petite, elle s'observait sous tous les angles dans le miroir, cherchant à déceler un caractère physique identique à celui de sa mère. Elle n'en trouvait aucun. Alors elle délaissait son envie d'être belle et trouvait le nez fin, en trompette, de son père, au milieu de sa propre figure. Elle détaillait les lèvres pincées et minces, qu'elle ne parvenait pas à faire sourire. Elle croisait son regard d'acier bleuté et détournait les yeux, intimidée. Enfin, elle prenait sa brosse à dents et cessait ce petit jeu pour en commencer un nouveau : compter les taches de rousseur qui étaient semées sur ses joues et son nez. On les appelait éphélides, aussi. Elle trouvait ce mot très beau, elle l'avait déniché dans un vieux livre au grenier – cet endroit magique où elle se réfugiait pour pleurer.
Lana grandissant toujours, observait encore. Elle était une statue de marbre dressée au milieu des décombres du monde. La vie s'écroulait autour d'elle, et elle voyait le couple de ses parents devenir des gravats plâtreux, elle voyait ses amis tomber et se briser, elle voyait les existences de tous s'émousser, se couvrir de lichens, se fragiliser sous l'érosion de l'âge, et enfin finir en poussière.
Lana était seule, dans ce monde qui partait en vrille. Elle regardait, seulement, sans pouvoir prendre part à l'effondrement. Elle aurait voulu, finalement : c'était mieux que de ne rien pouvoir faire. Ses soutiens la fuyaient. Solitaire, Lana. Laissée dans la marge. Oubliée. Recroquevillée au grenier. Mais ça n'était pas aussi horrible que ce que sa vie lui avait réservé.
Elle pleurait, Lana.
Et quand ce coup bas lui est tombée dessus – la vie, cette traîtresse, la frappa dans le dos – quand, elle s'est effondrée enfin elle aussi, que personne ne fut là pour l'aider, quand elle a levé les yeux vers le ciel, quand j'ai croisé le regard dur de son père qui était noyé de larmes, quand ce complot que sa propre existence avait monté contre elle réussit, enfin, je me montrai pour lui murmurer le précieux conseil qui l'aida à redresser la tête et à se relever, péniblement. Rêve.
Elle est là, Lana. Debout, vacillante, étincelante, comme la flamme d'une bougie. Une fille un peu comme les autres, avec une histoire plus triste. Une fille à la dérive. Au sourire étoilé. Au regard métallique. Une fille qui ressemble à un garçon, qui vient de réapprendre à marcher. Qui vient d'apprendre à rêver.
Toujours, Lana rêve.
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Mar 23 Juin - 16:39

Hum, un début prometteur Smile
Je constate que tu as progressé énormément depuis le roman que tu avais écrit en... 6ème ?! (comme le temps passe vite D: ). Tes descriptions physiques sont super bien amenées par exemple, pas du tout lourdes comme c'est souvent le cas chez les jeunes auteurs Smile (depuis que j'ai découvert ça je n'ose plus du tout décrire mes personnages physiquement xD )

J'adore le mot "éphélide" que j'ai dû rencontrer grâce à ce cher Baudelaire

Je trouve intéressant aussi cette idée d'une fille qui ressemble à un garçon, qui rappelle la figure asexuée de l'ange Smile

Bref, j'attends la suite

(Et pour la balise pour l'instant on ne peut rien dire, ça pourrait aussi bien être tout public, mais on verra en fonction de la suite Wink )



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Mer 24 Juin - 13:25

Merci beaucoup Meredith ! Very Happy

Eh oui le temps passe vite :') On fait avec Wink

Je l'ai déniché dans le dictionnaire, et j'en suis tombée amoureuse !

Voici la suite Smile

Je me réveille très brutalement. La sonnerie du réveil est stridente, elle déchire mes tympans. J'éteins l'alarme et me lève immédiatement. Il fait frais. Dans une semi-obscurité, j'attrape les vêtements posés sur ma chaise de bureau, préparés la veille. Je descends pieds nus les marches de bois clair qui me mènent au premier étage de la maison. Je traverse le couloir revêtu d'une moquette douce et blanche, qui paraît bleue dans l'aube de septembre. J'allège mon pas en passant devant la porte de la chambre de ma mère, puisque je ne sais pas si elle dort encore. J'arrive enfin dans la salle de bain. Je verrouille la porte et fais couler de l'eau jusqu'à ce qu'elle soit chaude. Je me déshabille et, face au miroir, observe chaque détail de mon corps. Je me trouve toujours aussi laide. Je soupire imperceptiblement et attrape la pomme de douche. Je fais glisser le jet d'eau chaude sur ma peau pâle et fragile. Je suis du regard les lignes bleutées sur mes poignets, mes avant-bras.

Je rêve que je suis minuscule et que je peux naviguer en mes veines. Je suis sur un petit bateau, et je vais très vite. Le vent me fait pleurer, il gèle mes doigts et mon nez si pointu. La vitesse m'enivre. Le bateau vogue sur le sang. Je vais de plus en plus vite, de plus en plus loin... Le liquide rouge me porte partout en mon corps, je voyage à la vitesse de la lumière.
Je chavire.
Rouge. C'est le mot qui vient à l'esprit. Du rouge, partout. Je ne ressens ni panique ni sensation d'étouffement. Je remonte tranquillement à la surface et prends une grande inspiration. Je suis trempée de cette substance écarlate, sans en être dérangée. Je nage jusqu'à mon embarcation qui m'a attendue et m'y assois. J'ai un peu froid, et je prends une serviette cachée sous le banc. Je m'y enroule.

L'esprit encore embrumé, je me sèche distraitement et enfile mes vêtements. Je saisis mon peigne et brosse quelques secondes mes cheveux si courts. Je soupire. Ils sont roux, parsemés d'éclats bruns et dorés – les couleurs de l'automne. J'aimerais les avoir plus longs. Je les rêve qui se déroulent jusqu'à ma taille en mèches ondulantes. Qui se déversent sur mes épaules en cascades brunes.
J'voudrais qu'tes cheveux soient plus longs.
Je frémis. Mon esprit s'envole.

Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi.

Je reprends mon souffle, lentement. Ça marche toujours, mais je me demande pour combien de temps encore. Rien n'est éternel. Je sors de la salle de bain d'un pas hésitant et descends un escalier plus large que l'autre, qui lui ne s'enroule autour d'aucune colonne. J'arrive au rez-de-chaussée et, en entrant dans la cuisine, je découvre que comme d'habitude, ma mère s'est levée et a préparé le petit-déjeuner pendant que je prenais ma douche.
« Lana ! Comment vas-tu, ma chérie ? »
Je souris et réponds que tout va bien. Je l'embrasse, sentant au passage son parfum, une odeur sucrée et printanière. Je m'assois à la table de la cuisine et me sers une tasse de chocolat chaud. Ma mère m'observe, tendre, et demande :
« Tu as quels cours aujourd'hui ?
- Français, deux heures, physique et anglais.
- Tu es contente ? répond-elle aussitôt.
- Bof. »
Elle hoche la tête, déçue parce que je n'aime pas le français, et commence à faire la vaisselle. Elle m'annonce de la manière la plus anodine qui soit un événement extraordinaire – comme elle le fait toujours :
« Ton père rentre demain soir. Tu pourras lui raconter tes premières semaines de cours en tant que lycéenne. »
Elle insiste sur le dernier mot, désirant me montrer qu'elle trouve que je suis grande à présent. Peut-être pour se le prouver à elle-même, aussi.
«  Il ne rentre jamais le vendredi, d'habitude. »
Je suis étonnée et un peu heureuse en même temps. Je vide ma tasse d'un trait, avale une clémentine déjà épluchée. Ma mère range la vaisselle propre dans un placard. Je remonte dans la salle de bain. Mon cœur bat follement, gonflant et dégonflant trop vite, en ballon de baudruche carmin, j'ai peur qu'il crève.
Mon père arrive demain soir. Plus que deux jours de cours et je le verrai. C'est une nouvelle que je trouve excellente plus par habitude et par tradition, puisqu'au final, mon père est fatigué lorsqu'il rentre et n'aspire qu'à se détendre, oubliant qu'il a une femme et une fille. Il ne faut pas le déranger, faire le moins de bruit possible, et le laisser fumer ses nauséabondes cigarettes. J'aime bien regarder la fumée qui s'échappe de sa bouche, quand il exhale lentement, avec cet air d'intense réflexion, comme s'il était perdu dans sa tête, comme s'il rêvait ; mais il réfléchit plutôt, il pense à son travail, à son entreprise, à son argent. Il n'imagine rien. Les données virevoltent dans son cerveau, les nombres défilent devant ses yeux. La parade du réel, du travail, de l'angoisse, traverse triomphante les mornes rues de son esprit. C'est ce que je m'imagine – je ne le connais peut-être pas assez pour juger ainsi de ce qu'il pense. Mais mon père est un de ces hommes dont l'identité tient sur un CV, bien rangé dans la poche de leur costume.
Je brosse longuement mes dents. J'ai la chance de ne pas avoir d'appareil dentaire.

Je rêve que je suis perdue dans cette mousse blanche au goût mentholé. Je suis portée par ce nuage blanc, je flotte, je vole presque, je suis légère, au milieu de tout ce blanc, je ferme les yeux, je me laisse porter par cette écume, alors que mon bien-être atteint son paroxysme, un flot m'emporte, l'écume fait place à l'océan, l'océan froid, glacial, les rochers râpent mon visage, le sel qui sent bon recouvre mon visage, pique mes yeux, et encore, encore le reflux de la mer ; les vagues infiniment viennent mourir sur la plage.

Une fois mon visage lavé, je prends ma trousse à maquillage et en sors un crayon noir. Je souligne mon regard d'un trait foncé. J'aime bien me maquiller ; et puisque je ne suis pas très féminine, je n'hésite pas à insister. J'ouvre mon tube de rouge à lèvres – une couleur vive, pas très discrète. Je me demande si j'arrive à sourire avec ça – en tous cas, ça m'apporte une aide certaine.
Je remonte rapidement dans ma chambre, prends mon sac déjà fait. Je jette un dernier regard à ma chambre, à ma silhouette dans le miroir. Je me trouve toujours aussi laide et je descends. J'enfile mes chaussures – baskets grises, à la semelle blanche, simples. Mon sac sur l'épaule, je vérifie que j'ai mes clefs dans ma poche et je crie à ma mère que j'y vais.
« Au revoir ma chérie, passe une bonne journée ! »
Toujours les mêmes mots. Mais cette petite routine est la seule chose qui me convienne dans ma vie. Pour rien au monde je ne rêverais d'autres mots. Cette phrase est la plus aimante, la plus agréable que j'entends pendant ces vingt-quatre heures. Je ne me lasse pas de l'entendre. Je rêve parfois que ma réalité se résume à cette phrase, que je reste sur le pas de la porte et que ma mère me répète indéfiniment :
« Au revoir ma chérie, passe une bonne journée ! »
Comme si j'avais l'éternité devant moi.
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Mer 24 Juin - 22:27

Il y a des tonnes de choses intéressantes dans ce passage, l'instauration d'une routine qui semble à la fois rassurante et ennuyeuse, un personnage en retrait qui a l'air de "s'effacer" un peu, une manière de revenir à la perception sensorielle plus qu'aux sentiments... Smile

Maze a écrit:
Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi. Je rêve que je suis n'importe qui mais pas moi.

J'en ai des frissons.

Et la fin du passage aussi est magique, elle sonne comme une menace alors qu'elle pourrait rassurer en quelque sorte, montrer que l'amour de sa mère l'immortalise...
Et puis ton avatar montre aussi que le personnage ne nous regarde pas dans les yeux Wink

J'aime beaucoup et je lirais la suite avec plaisir



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Jeu 25 Juin - 16:24

C'est très beau et le style d'écriture est très intéressant. Je n'ai réellement qu'une chose à dire: j'aime. Et je suis moi aussi impatiente de voir la suite  . Bonne continuation ! Wink





La porte de nos rêves n'est pas si loin de celle de nos cauchemars.




                                                                                                                                                                   
 
Maze

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Jeu 25 Juin - 19:24

Merci beaucoup ! C'est trop gentil Embarassed

Meredith : " une manière de revenir à la perception sensorielle plus qu'aux sentiments..." C'est cool de l'avoir remarqué Wink

Rêves : Voilà la suite alors Very Happy (par contre désolée pour la coupure c'était difficile de trouver un endroit correct ^^)

Je sors, remonte ma rue jusqu'à l'abribus. Il fait beau. Il y a déjà quelques personnes. Deux terminales qui fument une dernière cigarette avant le lycée, un garçon blond que je ne connais pas mais qui a l'air d'avoir mon âge, une fille de première en série littéraire je crois, et puis un garçon de seconde, comme moi, qui s'appelle Malcolm. Il m'ignore, comme depuis la rentrée et les autres années où nous étions dans le même collège. Il ne m'adresse pas la parole, ne me regarde pas, ne s'assoit pas à côté de moi dans le bus. Il est seul lui aussi. Je ne comprends pas pourquoi il refuse de me côtoyer – peut-être à cause de ma réputation ? Les gens ne m'aiment pas beaucoup. Je ne me suis jamais fait harceler, on ne m'insulte pas. On me rejette, c'est tout. Personne ne se moque de moi. J'indiffère, simplement. On me regarde avec froideur si jamais on croise mon regard. On ne m'évite pas, mais un contact semble être répugnant. Je suis inférieure à leurs yeux, et s'ils ne le montrent pas, leur attitude parle pour eux le langage des signes.
Le car arrive, je monte dedans et m'assois au fond. J'appuie ma tempe contre la vitre fraîche et observe la ville qui s'éveille dans la lumière dorée.

Je rêve que le garçon croise mon regard, un instant. Il fait semblant de ne pas m'avoir vue, détourne la tête. Je continue d'observer le paysage. Quand mes yeux reviennent dans le bus, je le vois de nouveau, qui m'épiait. Il m'évite, une fois de plus. Le même jeu continue quelques fois, puis il se lève et, sans rien dire, se place à côté de moi. Je me tais. Lui aussi. Il sort un roman de son sac – 1984 – et le lit pendant tout le trajet. Le bus s'arrête, il se lève déjà et repart, sans prendre le temps de replacer l'ouvrage dans son cartable. Je reste un instant assise, étonnée, et descends moi aussi.

Noyée au milieu d'une marée montante d'élèves à l'assaut du lycée, je respire difficilement. Une angoisse sourde gronde dans mon ventre, fauve féroce qui ronronne quand un chat miaulerait. Je relève la tête, essaie de sourire, mais, avec tous ces gens si beaux, si parfaits, je ne me sens pas à ma place. J'accélère, double des gens qui sont peut-être dans ma classe. Je veux passer le portail le plus tôt possible. J'espère que Cathy sera déjà là – c'est une amie, une fille assez enjouée, extravertie mais qui n'oublie pas les autres. Elle est souvent là pour me remonter le moral. J'aime bien l'écouter parler, je n'ai rien à faire d'autre et je la laisse m'emporter dans ses innombrables histoires. C'est comme de rêver, ça m'emmène loin de mes ennuis et de mes souvenirs douloureux. C'est agréable.
Je la vois bientôt, près de son casier. Comme je n'ai pas besoin de passer au mien, je la rejoins. Elle me sourit et me fait rapidement la bise.
«Salut ! Ça va ?
- Ouais, ouais. Tu as fait quoi hier ? »
Elle se lance dans un long monologue. Ses mots me font dériver lentement vers le rêve, mais je résiste un peu – ce ne serait pas raisonnable. Je l'écoute donc attentivement.
La sonnerie l'interrompt, impolie, nous frustrant toutes les deux. D'un même pas mécanique, nous nous dirigeons vers la salle de cours. Comme en rythme, nous montons les escaliers, arrivons dans la salle et nous asseyons dans un même soupir au milieu des autres élèves. Je connais à peine mon voisin. Il pose sur moi un regard froid et se tasse loin de moi, étalant pourtant ses cahiers sur les trois quarts de la table. Je ne fais plus attention depuis longtemps. Je suis étrange à leurs yeux, pas du même monde. Ils ont à demi-raison, je préfère le rêve à la réalité et, souvent, j'erre dans cet univers parallèle où tout est possible. Je ne suis pas vraiment là. Je ne suis pas à ma place avec eux. Je me décale un peu et fais tomber ma trousse. On me lance des regards moqueurs tandis que je la ramasse, les joues brûlantes. Honteuse.
Le professeur de français fait l'appel. Il y a un élève d'absent, Michaël. Le vieil homme commence son cours, de la voix grésillante et profonde qui lui est propre. Je pourrais rêver, mais la honte est encore trop présente dans mon esprit. J'inspire longuement, sans pouvoir chasser le sentiment désagréable, celui que je ne connais que trop bien, le premier qui m'ait envahie toute entière. Le rêve m'appelle, j'ai envie de m'y réfugier... Mon cocon d'irréalité... Un asile dans ce monde terrifiant et horrible.
Je lève la main. Le cours est inintéressant, mais je peux essayer de participer. Ça fera plaisir à ma mère. Elle voudrait que j'aime ma langue maternelle comme elle la vénère, mais j'en suis incapable. Les mots me sont tous identiques. Des lettres noires sur du papier blanc, une forêt d'encre posée sur une feuille neigeuse...

Je rêve que je me promène dans ce monde fantastique. Les arbres alphabétiques ont des troncs aux formes étranges. Ils sont tordus, courbés, mais impeccablement. Les arbres sont tous d'un noir profond et dépourvus de feuillage. Sous mes pas, la neige craque finement. Une brise fraîche souffle son haleine blanche sur cette forêt littéraire. Le froid n'est pas dérangeant, juste agréable, titillant, il joue pizzicato sur la peau nue, picotant. Je frémis, cet hiver emprisonné dans un livre me fait ressentir une émotion douce, m'emporte loin de mes problèmes, plus loin encore que ne peuvent le faire les paroles de Cathy. Je marche encore, avançant lentement dans la neige, profitant de l'endroit... C'est si bon d'être ici, seule et en sécurité, à l'abri des regards méprisants et hautains, à l'abri de leur dégoût ! Je soupire, et l'air que j'exhale se plisse comme un linceul blanc devant mon visage. Blanc, noir, j'essaie de lire le texte. Je m'amuse tellement ici ! Je marche, ris, parle tout haut, je suis là où j'aurais dû naître : dans un rêve. Un rêve délicieux...

Je ne me suis jamais faite harceler => fait harceler (Un truc que j'ai appris récemment : si le participe passé fait est placé devant un infinitif, alors il reste invariable et ne s'accorde pas avec son sujet, même si celui-ci est placé devant. Cette règle s'applique avec l'auxiliaire avoir, et avec l'auxiliaire être dans le cadre d'une forme pronominale.
Source )
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 26 Juin - 14:33

Si tu n'as pas encore lu l'Etranger de Camus, il le faut Wink

Ce garçon est diablement intéressant, et le fait qu'il soit complètement muet pour l'instant contribue à intriguer !
Je trouve génial que l'héroïne dise : "Je ne suis pas vraiment là.", parce que c'est ce que tu as réussi à nous faire sentir dès le début.
Et j'aime bien cet aspect du rêve et comment tu l'introduis Smile

Bref, la suiiiite



 
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Solnorr

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 27 Juin - 11:36

Wow... je... wow.

Un style très spécial que j'aime beaucoup, il va très bien avec ton fond, en fait, je ne sais pas trop quoi dire sauf quelques truc sur la ponctuation que tu utilises énormément.

En soi ce n'est pas un mal mais fait attention à certain endroits ça peut gêner, ou casser la lecture.
Maze a écrit:
Dans une semi-obscurité, j'attrape les vêtements posés sur ma chaise de bureau, préparés la veille.

Ici par exemple la première virgule est une faute, elle casse tout. Enlève-là et tu verras que la lecture sera bien plus fluide.

Plus généralement ici :

Spoiler:
 

Là il y a un truc qui m'a sauté aux yeux : tu as une fluctuation de qualité du texte entre ton prologue qui est royalement mené, le premier paragraphe du chapitre un peu moins bon et ce deuxième paragraphe où on retrouve la qualité du prologue.
Fait attention à essayer de garder la qualité même si tu change de registre, de champs lexical etc.



"Les gens c'est les choses principales." ~ Dystopie
"Voyager c'est aussi savoir s'arrêter." ~ APRR
"la biologie ça s'apprend pas, ça se comprend" ~ Aïvy Frog
"La lumière pense voyager plus vite que quoi que ce soit d'autre, mais c'est faux. Peu importe à quelle vitesse voyage la lumière, l'obscurité arrive toujours la première, et elle l'attend. " ~ Terry Pratchett
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 27 Juin - 13:37

Meredith : Merci de suivre mon roman et de poster un com' à chaque post, ça me fait plaisir à chaque fois ! J'espère que tu ne te lasseras pas Smile Merci aussi pour la correction Smile J'ai lu L’étranger de Camus, et j'ai beaucoup aimé cette atmosphère du coup ça se voit dans mes textes ^^

Solnorr : Merci beaucoup pour ton commentaire ! C'est beaucoup plus clair maintenant que tu l'as dit Smile Pour ce qui est de la fluctuation, l'inspiration n'est hélas pas toujours de la même qualité et j'ai encore du mal à décrire certaines choses ^^ Si tu as d'autres critiques, n'hésite pas Very Happy
Et tu as une citation de Terry Pratchett dans ta signature donc je t'aime
 
Maze

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Dim 12 Juil - 19:06

La suite ~

« On a physique, non ? »
Le rêve se brise, tombe en morceaux, il dégringole, il se transforme en milliards de paillettes argentées qui tourbillonnent autour de moi.
Cathy est là, devant moi, passant la main dans ses courts cheveux noirs. Elle me dévisage, comme si elle attendait une réponse. Je hoche vaguement la tête et réussis à sortir :
« Oui. Oui, c'est ça.
- On ferait mieux d'y aller, alors.
- Ah, ça a sonné ?
- Bah oui. »
Elle me regarde de travers, mais elle est habituée. Nous nous fréquentons depuis longtemps. Nous sommes plutôt amies, sans plus. Je n'arrive toujours pas à faire confiance aux gens. Je me méfie, constamment.
Viens, tu peux me faire confiance, non ?
J'inspire vivement et accélère. Cathy me voit filer et elle me rejoint rapidement. Elle s'y est faite, à ça aussi. Ma vitesse, si lente, et ce pas trop rapide quand je pense à des choses interdites. Elle pose une main compatissante sur mon épaule et me demande si ça va mieux. Absente, je murmure que oui. J'ai envie de me réfugier au fond de ma tête. Nous entrons dans les labos et je m'installe sur la paillasse du premier rang – c'est là que je suis placée. Un garçon plutôt grand, aux cheveux châtains, tire le tabouret près du mien et se réfugie au bout de la table. Je ne fais pas attention. Il lance des regards à ses amis, cherchant leur soutien en riant. Je fais semblant de ne rien voir et baisse les yeux dans mon sac. Je sors mon cahier, mes joues sont brûlantes.
Pourquoi t'es toute rouge ?
Je manque de pousser un cri et de me lever pour courir, sans m'arrêter, courir jusqu'au bout du monde et plus loin encore, faire tout le tour de la planète pour oublier oublier oublier... Je presse ma tête entre mes mains en gémissant doucement. Ils me prennent déjà pour une folle. Ils me détestent déjà. J'entends quelques rires, mais le flot de paroles qui résonnent dans mon crâne est bien pire. J'ai envie de hurler... La douleur est intolérable.
La professeure entre dans la salle, nous ordonne de nous taire et referme violemment la porte derrière elle. Ses sourcils sont froncés sur son visage rougeaud, elle est déjà en colère. Je tente de recomposer un visage serein, mais c'est impossible. Ce qui sommeille en moi est trop douloureux, trop présent pour être oublié.
J'ouvre mon cahier. Je relis rapidement le cours, elle commence à parler d'une voix forte, nous distribuant des feuilles couvertes d'une écriture petite et dactylographiée. Je soupire, je déteste ça. Mon voisin me jette la feuille de loin, il ne veut pas me toucher. Je le remarque sans m'y attacher, essayant de prendre un peu de distance, mais cela me laisse un goût amer dans la bouche. Je sens son dégoût dans la façon dont il regarde droit devant lui, dont il cherche à discuter avec tous les gens autour sauf moi, dont il m'ignore royalement. Je n'essaie pas de lui parler, je sais qu'il ne me répondra pas ou bien qu'il saura retourner mes paroles contre moi, pour se moquer.
Je ne suis pas paranoïaque. Simplement, je sais ce qui peut se passer.
Le cours est long. Il se traîne, gros et gras, sur l'heure entière, grignotant les derniers restes de mon attention et de ma résistance. Je suis épuisée. Ça sonne enfin, mon voisin bondit de son tabouret comme si celui-ci l'avait mordu. Je me lève plus tranquillement et, tout en enfilant mon manteau, je rejoins Cathy.
« Horrible », fait-elle simplement.
J'acquiesce docilement. C'est le mot.
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Lun 13 Juil - 9:41

Oh oui, "horrible" est bien le mot ! Je me suis rendue compte vers les trois quarts du post que je respirais différemment parce que je vivais la pression que tu mettais à ton héroïne et... ah, berk ! Tu as vraiment géré pour reconstituer cette ambiance ! /:

Toujours prête à lire la suite



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 24 Juil - 18:57

Merci ! Very Happy
Pas de chance, la suite n'est pas vraiment mieux pour Lana ^^ Mais la voilà quand même Smile

Nous sortons de la salle. Cathy me raconte comment le garçon assis à côté d'elle l'agace. J'écoute. Nous entrons dans la classe d'anglais, je m'assois sans rien dire à côté d'une fille un peu superficielle mais qui m'adresse la parole une fois pendant le cours.
« Salut, fais-je en m'asseyant.
- Salut », répond-elle sans faire attention.
Elle m'a parlé.
Je tire la chaise et m'assois. Je sors mon cahier de mon sac et l'ouvre. Je m'ennuie déjà. Ma voisine ne discute pas avec moi, elle préfère s'adresser à l'une de ses amies, derrière elle. Je soupire. Je n'ai rien à faire. Je sombre dans un état étrange, comme si j'allais m'endormir. Ce sont quelques coups vifs frappés à la porte qui me tirent de ma transe.
« Entrez ! » ordonne le professeur en soupirant.
Une silhouette massive se découpe à contre-jour dans l'encadrement. Michaël s'avance. Ses larges épaules et ses bras musclés sont à l'étroit dans son sweat. Il porte un pantalon taille basse qui se plisse en rides profondes au niveau de ses genoux, qui dégouline sur ses chaussures immenses.
« Bonjour monsieur.
- Tu es en retard.
- J'avais rendez-vous chez l'orthodontiste. On ne vous a pas prévenu ? »
Le professeur soupire encore une fois, et lui fait un geste de la main, signifiant qu'il peut aller s'asseoir. Michaël sourit à ses amis, salue quelques personnes, et s'installe au fond près de Cathy, qui lève les yeux au ciel en me regardant. J'essaie de sourire, mais mon visage reste inexpressif.
Le cours se passe.

Je rêve que deux grandes ailes blanches fleurissent dans mon dos. Elles percent mon dos, sans aucune douleur, et se déploient, royales, derrière ma tête. Je souris et inspire profondément. Je me lève, étends les bras, tente d'actionner ces étonnants membres plumeux. Elles battent férocement l'air, de plus en plus vite. Je m'envole.
Je m'envole !
La sensation est incroyable. Je ne pèse plus rien. Je ne touche plus le sol. Je n'ai aucun souvenir de ce qu'est la pesanteur. Je ne suis pas sur terre. Je suis ailleurs. Je quitte la salle de classe, ouvre la fenêtre du couloir et m'élance à travers l'air. Je passe tout près des graviers de la cour, remonte, allant de plus en plus haut jusqu'à ce que la ville ne soit plus qu'une...

« Vous rêvez, Lana ? »
Oui monsieur ; je rêvais, et vous m'avez interrompue.
« Non, monsieur.
- Alors pourriez-vous me répéter ce que je viens de dire ? »
Je ne réponds pas. Mes joues sont encore brûlantes. La honte me paralyse.
« Seriez-vous muette, Lana ? »
C'est parce que t'es muette.
Non. Je peux parler, n'est-ce pas ? Je n'y arrive pas... Se taire un jour nous arrache la langue.
« Très bien. Puisque vous ne daignez pas nous offrir une réponse satisfaisante, vous me recopierez le cours deux fois pour la fois suivante. »
Je hoche la tête, incapable de faire autre chose. Des ricanements s'élèvent, vite réprimés. Je ne désire qu'une chose : que la journée se termine et que je puisse rentrer chez moi.

Je rêve que je suis ailleurs. Dans une immense étendue sombre. Cachée au creux des ténèbres. Endormie dans les bras de l'ombre. Allongée dans un recoin de la nuit.
Dans le noir.

Le bus s'arrête. Je descends vivement, et, d'un pas rapide, rentre chez moi, enfin. Je déverrouille la porte et, dans l'entrée, pousse un soupir de bonheur. J'enlève mes chaussures. Il n'y a personne, ma mère rentre souvent tard.
J'empoigne mon sac et m'installe à la table de la cuisine pour commencer à faire mes devoirs.
Un hoquet, inaudible, s'échappe de ma bouche. Une larme fugitive roule sur ma joue.
Puis les portes de la prison de mon cœur s'ouvrent et je regarde, impuissante, la masse grouillante de détenues qui s'enfuient loin de moi.

Oh, Lana... Ne pleure pas. Tu as découvert avant tout le monde que la vie n'était pas belle, et tu as résisté. Tu ne devrais pas être étonnée de ce qui t'est arrivé aujourd'hui. C'est normal, c'est la vie. C'est le contraire qui est inhabituel. Je suis là, Lana ! Je peux t'aider. Je ne sais pas si tu crois en moi, mais j'existe et je veille sur toi. Je suis ton ange gardien. Si rêver ne te suffit plus, Lana, que te faut-il ? Je ne peux pas effacer tes mauvais souvenirs, je ne peux pas modifier le temps, je ne peux rien faire qui soit suffisant. Je suis tellement désolé, Lana... Je voudrais t'être utile, mais je ne peux qu'assister, impuissant au spectacle lamentable de ton existence. Rêve, Lana. Rêve encore et encore, sans t'arrêter, pendant quelques jours, ça t'aidera peut-être ? Je me sens ridicule. Je suis un ange. Je pourrais t'aider. Mais je n'y arrive pas, je suis un incapable. Tu ne me connais pas, tu ne sais pas qui je suis, tu ne rêves même pas mon existence... Comment pourrais-tu imaginer que quelqu'un veille sur toi quand ta vie est si terrible ? Je n'ai pas su empêcher... Je n'ai rien pu faire... Je suis désolé. Tu diras sans doute que mes excuses sont vaines, que seuls les actes comptent, mais ne sois pas trop dure avec moi. Demande-moi plus d'aide, ne tente pas de t'appuyer sur toi uniquement. Même si tu es seule...
Rêve, Lana, rêve plus que tout.

Le soir, après un dîner chaleureux avec ma mère, je me suis couchée.
Les premières semaines qui se sont assez bien passées m'ont rendue amnésique. Comment ai-je pu oublier tout cela ? Comment ai-je pu espérer, les derniers jours, que ça s'estomperait ? Je suis si stupide...
C'est parce que t'es conne, aussi.
Encore un souvenir, un flash auditif, je me mords la lèvre inférieure jusqu'au sang. Je devrais avoir appris à être indifférente, depuis le temps, mais je ne peux pas m'y faire.
Une douleur sourde se diffuse dans mon corps entier, mêlée à une honte mordante. Je pousse un faible cri. J'ai si mal ! J'avais presque oublié... Je pensais que j'avais grandi, mûri.
Je ferme les yeux.
Le noir total m'apaise. Mes pensées se taisent.
Je m'endors.

Je rêve que le soleil n'est qu'un soleil.
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 24 Juil - 20:47

Maze a écrit:
Je rêve que le soleil n'est qu'un soleil.



Le retour de l'ange gardien est très intéressant, j'ai hâte de voir comment la situation va évoluer



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Mar 28 Juil - 20:17

Whaouh ! Je n'avais encore jamais été confrontée à un texte comme celui-ci avec la façon de rêver du personnage principal.
La présence de l'ange est quant à elle un peu mystérieuse à mon goût et j'aime ça ! En plus tu l'introduis parfaitement bien dans ton texte, que ce soit dans le prologue ou ensuite.

La suite !
 
Maze

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 31 Juil - 18:35

Meredith : Merci pour être toujours là !

Daemoon : Merci beaucoup :3 Je dois avouer que souvent l'ange apparaissait quand je n'avais plus d'inspiration :') Mais voici la suite ! Very Happy (désolée c'est un peu long ^^)


Je me lève en me disant d'abord que mon père rentre ce soir puis en songeant à la journée horrible que je vais passer. Je trouve quand même la force de me lever. Mes pas sont tristes, légers, minuscules. La tête basse, je regarde la moquette dans le couloir. Je croise mon reflet dans le miroir de la salle de bain et je pense que je ne suis pas belle.
C'est pas parce que t'es belle. C'est parce que t'es muette.
Je verrouille mon esprit. En me glissant sous la douche, je reste imperméable aux pensées qui m'étouffent. J'écarquille les yeux afin de ne plus voir les souvenirs. Le jet est chaud sans doute, peut-être brûlant puisque des volutes de vapeur s'en échappent ; mais je ne sens rien. Ma peau a été anesthésiée pour mieux se protéger de la douleur.

Souvenirs, souvenirs... Embrumés et hurlants, comme des fantômes informes, qui nous ouvrent les entrailles de leurs doigts de brouillard, qui crient à notre corps agonisant des vérités qu'il faudrait enterrer autre part que dans notre propre tombe ; des spectres qui nous tuent encore et encore jusqu'à ce que leur image terrifiante soit ancrée dans notre esprit, amarrée à notre âme comme une épave hantée. Rien ne peut nous sauver, pas même la fuite. La mort sans doute, mais qu'est-ce qui peut nous sauver d'elle alors ? Souvenirs, souvenirs... Mémoire en feu, une lave rougeoyante envahit la boîte crânienne et de ses mains brûlantes, remue chaque recoin de notre vie... L'oubli est réduit en cendres et alors plus rien n'existe pour nous empêcher de nous rappeler.

J'avale une gorgée de lait chaud – trop chaud. Ma mère regarde par la fenêtre le jardin qui se réveille furtivement. Je n'ai pas envie de parler. Je me lève dès que j'ai terminé et même ici, même à la maison, me demande si je peux rêver. La douleur cette fois, m'a accompagnée dès la première heure. Je ne serais pas tranquille pendant la journée. Je me sens terriblement mal, mes pensées sont désordonnées. Je finis de me préparer et, bientôt, je remonte lentement ma rue. Chaque pas me fait atrocement souffrir, m'élance, je retrouve une douleur familière. Je secoue la tête et pour ne plus avoir mal je me mets à rêver.

Je rêve que je suis une poussière. Infime, invisible, inexistante aux yeux de tous et pourtant là. Je rêve que je suis portée par le vent. Tressautant, j'avance par à-coups. La brise m'emporte chaotiquement au-delà de la ville. Je suis légère. Je ne suis rien, qu'un grain de poussière dans ce monde immense. Mais je suis là. Je ne sers à rien. Mais je suis en vie. Je suis si inutile...

Cathy est en train de parler. Je ne parviens pas à écouter, je suis tiraillée entre le rêve et la réalité, j'oscille. J'essaie de me concentrer, mais rester ici signifie supporter cette douleur sourde qui grommelle dans mon ventre.
J'inspire longuement, me compose un sourire et écoute attentivement Cathy me raconter une conversation qu'elle a eu hier soir avec un garçon du nom de Jordan.
La sonnerie nous ordonne d'aller en cours et nous obéissons.
Tout est décousu.
N'est-ce pas ?

Je rêve que je suis morte. Ainsi, je ne ressens plus aucune douleur. J'observe, perplexe, mon propre corps aux avant-bras tailladés et me demande ce qui s'est passé – je n'ai plus aucun souvenir et pour la première fois c'est désagréable. Un bruit, des pas dans l'escalier, ma mère apparaît dans ma chambre et pousse un cri. J'essaie de lui expliquer que tout va bien, mais elle ne m'entend pas, son cri s'étend d'un bout à l'autre de l'espace et du temps, long hurlement qui emplit ma chambre, mon corps et mon âme. Je veux la toucher, mais il m'est impossible de l'approcher. Je prends alors conscience que je ne suis pas un esprit aux limites définies, mais que je suis partout à la fois, que je suis ce cri qui s'étire si interminablement, note aiguë de l'extrême souffrance. Ma mère referme soudain la bouche, et tout s'éteint.

Je resurgis brusquement, comme si, après avoir passé un temps infini sous l'eau, je perçais enfin la surface. Je prends une soudaine inspiration. Cathy se tourne vers moi et me demande à voix basse si ça va. Je hoche la tête en essayant de sourire. Quelle heure est-il ? Quel jour sommes-nous ? Combien de temps suis-je partie ?
Ça sonne, Cathy m'entraîne vers le cours de mathématiques. Je suis encore perdue, déboussolée. Dans le couloir, sans faire attention, je percute un garçon. Je lève les yeux. C'est celui du car, Malcolm. Il me lance, abrupt :
« Fais gaffe, putain ! »
Je murmure que je suis désolée. Il s'écarte de moi avec un air dégoûté et continue son chemin. Je me remets à marcher derrière Cathy. Où suis-je ? Est-ce que ce monde est vraiment le mien ?

« Je vais voir mon père ce soir. »
Nous sortons lentement du collège, comme si nous étions épuisées. Je sais que Cathy s'adapte à mon allure.
« Par Skype ? demande-t-elle, sincèrement intéressée.
- Non non, il rentre.
- Super ! Tu dois être contente. » répond-t-elle aussitôt.
Elle semble plus enthousiaste que moi. Ça m'amuserait presque.
« Oui, très. »
Comment lui parler de cet étrange sentiment qu'il est un étranger et que je préfère quand il est absent ?
Bientôt, je suis assise sur la banquette inconfortable du car. J'ai sorti un livre de mon sac, mais il ne m'intéresse pas. Je soupire et m'enferme à double-tour dans ma tête.
La douleur est encore là. J'espère que je ne vais pas faire de cauchemars cette nuit. Est-ce que j'ai beaucoup de travail ? Je vais me coucher tard, peut-être. Mon père sera là. Il y aura une odeur de cigarette et son ordinateur dans le salon. La télévision sera allumée. Ma mère sera installée, dignement, dans le fauteuil un peu trop rigide tandis que mon père profitera seul du large canapé moelleux. Ils seront en train de parler. Quand j'entrerai, l'homme inconnu, impeccablement rasé, me transpercera de son regard d'acier. Il se lèvera, me tirera dessus avec ses yeux-fusils. Il me demandera si j'ai passé une bonne journée, si tout va bien. Je répondrai oui. Il m'annoncera qu'il a une surprise pour moi. Je ferai semblant d'être intéressée et étonnée, et attendrai le début du dîner pour découvrir un nouveau CD du chanteur préféré de mon père. Je le remercierai, quitterai assez vite la table, rangerai mon cadeau avec tous les autres, puis lirai un peu et éteindrai la lumière. Mes parents croiront que je suis endormie et ne me dérangeront pas. Je serai soulagée et m'endormirai.
Pour mieux cauchemarder.

Je m'éveille brusquement devant la porte de la maison. L'esprit embrumé, je découvre la poignée entre mes doigts. J'ouvre la porte et entre. Je pose mon sac sous les porte-manteaux, sans rien dire, puis m'avance dans le salon. Mes pas sont muets, étouffés par la moquette épaisse.
« Lana ! Je suis content de te revoir. »
Ce regard d'assassin. Tueur glacé. Insensible. Je souris faussement.
« Moi aussi. »
Il s'avance vers moi. Je me raidis. Il me serre contre lui. Je mords l'intérieur de mes joues. J'ai envie de le repousser loin de moi. Si ma mère a compris qu'on ne doit pas me toucher, lui ne s'en souvient jamais. Il s'écarte finalement. Toujours aussi droit et tendu.
« Comment vas-tu ? Ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus.
- Très bien.
- Ta rentrée s'est bien passée ? »
Il m'invite à m'asseoir près de lui, sur le canapé. Je m'exécute.
« Oui. Je suis dans la même classe que Cathy. »
Il ne sait pas qui se cache derrière ce prénom mais a la décence de ne pas me poser de questions et de faire semblant de se rappeler.
« Les options que tu as prises t'intéressent ?
- Beaucoup.
- C'est bien... Je t'ai ramené un cadeau. »
Il tente de sourire, mais ce n'est qu'une grimace qui rend son visage encore plus terrifiant. Je le remercie :
« Je suis très contente. C'est gentil ! Tu peux me dire ce que c'est ?
- Surtout pas. C'est une surprise ! Tu l'auras ce soir. »
Je reste stoïque sous mon sourire. Notre apparente complicité ne dupe ni lui ni moi.
« Comme tu voudras. Vous m'appellerez pour le dîner ? »
Ils hochent la tête. Je remonte précipitamment. Je m'étends sur le lit et commence à rêver.

Je rêve que je me demande où va le monde. La Terre, énorme ventre enceint de sept milliards d'humains, participant au Lebensborn interstellaire, roule infiniment autour du Soleil. Elle ne s'arrête pas. Le train n'a aucune gare sur sa voie. Indéfiniment... Comme prisonnière du système solaire. À perpétuité, condamnée à tourner autour d'une étoile comme un papillon près d'une ampoule. Éternellement... Jusqu'à s'y brûler vive.

« Descends, Lana ! On mange. »
Je me lève doucement. Quand j'arrive dans la cuisine, mon père est assis à ma place. Je ne le lui fais pas remarquer. Je tire la chaise qui lui était réservée. Il y a un paquet dans mon assiette, plat et carré. Je l'ouvre sur ordre de mon père et découvre avec un émerveillement hypocrite un CD de son idole.
« Je crois que tu ne l'avais pas, celui-ci, fait-il, satisfait.
- Non, en effet. Merci beaucoup. »
Je l'ai déjà en double. Je ne me lève par pour embrasser mon père. Je n'en ai pas envie. Il comprend, je crois. Ma mère dépose un plat sur la table. Le dîner est aussi ennuyeux que les autres fois. Mon père a un don pour imposer une ambiance glaciale. Ils n'échangent entre eux que des banalités. Je n'écoute pas.
Bientôt, j'ai la permission d'aller me coucher. En passant dans le salon, je sens une odeur de cigarette qui rampe dans l'ombre comme un serpent.

Je rêve. Dans mon sommeil. Des images sans queue ni tête, des souvenirs qui s'imbriquent les uns dans les autres sans aucun logique. Aucun architecte pour les construire correctement.
C'est pas parce que t'es belle. C'est parce que t'es muette. Et parce que t'es conne, aussi. T'es conne !
Douleur.

des volutes de vapeur s'en échappe => échappent
Il me sert contre lui=> me serre
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 31 Juil - 22:36

Encore un chapitre où j'ai désespéré quand j'ai vu la fin parce que je savais que c'était la fin...(pas très très bien formulé...)
J'ai l'impression qu'on est plus dans la tête de Lana, sur celui-ci, pas beaucoup dans le monde concret, plus perdus dans son esprit avec elle. Tu arrives toujours très bien à nous entraîner là, et c'est génial. Bonne chance pour la suite Wink





La porte de nos rêves n'est pas si loin de celle de nos cauchemars.




                                                                                                                                                                   
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 1 Aoû - 12:02

Rêves a raison, c'était plus décousu, mais dans le bon sens du terme, du coup c'est mon passage préféré pour l'instant Smile

La relation entre le père et Lana est vraiment belle je trouve, il y a beaucoup d'amertume dans les paroles de Lana quand elle en parle.

La référence à Max Wink

Avec toi du début à la fin ~



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 1 Aoû - 16:57

Rêves : Merci d'avoir commenté ! Wink Contente que ça t'ait plu :3 En effet, Lana cherche de plus en plus à échapper à son quotidien Smile

Meredith : J'espère que la suite ne te décevra pas trop alors Smile Maaax Very Happy Je me devais de faire une référence à ce livre Wink

Ce n'est pas grave si je poste la suite maintenant ? ^^


Je me réveille brutalement. Il est tôt, encore, mais je me lève quand même. Je n'ai pas cours aujourd'hui. Tel un automate, je prends ma douche et descends à la cuisine – mon quotidien ne me quitte pas. Mon père est là. Je m'arrête sur le pas de la porte. Il ne m'a pas encore vue. Je pourrais remonter.
Nous sommes seuls.
Il tourne la tête. Sa main est resserrée fermement autour de sa tasse de café. Un cendrier sur la table, une cigarette à moitié consumée écrasée dedans. Cette senteur écœurante.
« Ta mère n'est pas encore levée. »
Sa voix si dure ! Pas même un bonjour. Je ne demande pas d'amour. Juste de la sympathie, de la considération.
« Bonjour. »
Il doit sentir le sarcasme dans ma réplique, il a sans doute décelé avec son esprit robotique le reproche qui lui est adressé.
« Bonjour. Tu as bien dormi ? »
Il essaie de continuer notre jeu d'hier soir, celui où nous faisions semblant d'être un père et sa fille. Je n'en comprends pas l'intérêt, mais tente de me plier à ses règles. Je me plie toujours aux règles.
Obéis.
À clef.
Fermé.
Ne peut entrer.
Que rien.
Du.
« Très bien, merci. »
J'ai fait des cauchemars mais je suis habituée. J'ai mal.
« Moi aussi. C'est toujours agréable de revenir ici. »
Revenir pour fumer et parler du travail ? Revenir pour s'asseoir dans le canapé et offrir des CD ? Revenir pour parler avec sa femme et l'embrasser une fois ? Revenir pour donner l'impression de maîtriser encore la situation ? Pourquoi revenir, au fond ?
« J'imagine. »
La douleur est difficile à supporter mais je conserve un visage impassible. Les souvenirs me rongent.
« Et ça vous fait plaisir ?
- Maman est toujours ravie. »
J'ajoute précipitamment :
« Moi aussi, oui. »
Silence. Il boit une gorgée de café. Un instant, son regard volette dans la cuisine à la recherche d'un sujet de conversation, puis ses yeux se figent et se glacent. Il reprend :
« Tout se passe bien, au collège ? »
Je le reprends machinalement :
« Au lycée ? Oui.
- Oui, pardon, je ne suis pas habitué. »
Il sourit et éclate d'un rire bref, contenu, une expiration brusque. Ça me paraît évident qu'il ne puisse pas retenir le fait que je sois lycéenne. C'est à peine s'il s'est rendu compte que j'ai dépassé la sixième. Je souris – mais c'est faux – en disant que ce n'est pas grave.
« Tu t'es fait des amis ? me demande-t-il comme si j'étais une enfant qui venait d'entrer au primaire.
- Cathy est avec moi, soupiré-je laconiquement.
- Ah. Cathy. »
Il ne sait toujours pas qui elle est. Il n'a pas demandé hier soir à ma mère. Je ne prends pas la peine d'expliquer, ça ne l'intéresse pas. Aucun de nous ne reprend la conversation. Il vide sa tasse de café et annonce qu'il va un peu travailler dans le bureau. Je hoche la tête et mange seule, avant de retourner dans ma chambre.
À midi, je descends. Nous mangeons. Paroles apparemment vides. Murmures masqués. Tout est à double-sens. Conversations qui sonnent faux. Concert dissonant au zénith. Je ne dis rien, je ne veux pas participer à cette cacophonie. Tenter de faire passer ma vie pour une symphonie ne m'intéresse pas. Je ne me mens pas. Je n'affronte pas, c'est tout. J'écoute distraitement en attendant la fin du morceau.

Je me réfugie durant l'après-midi plus d'une fois dans mes rêves. Je m'y repose, tout en travaillant. C'est long et fastidieux, mais je n'ai pas grand-chose à faire. Je n'aime pas les week-ends. Ils sont ennuyeux et vides. Je n'en profite pas. C'est moins terrible que les semaines mais, en même temps, j'éprouve un sentiment identique, celui que ma vie m'échappe inexorablement.

La vie passe, n'est-ce pas, Lana ? Si lente, avec cet air cruel, ce petit sourire en coin agrafé sur le visage, elle te nargue devant chez toi, se déhanchant ostensiblement. Trop maquillée, les yeux au beurre noir, la bouche ensanglantée, elle veut se faire remarquer. Avec ses vêtements de marque et ses bijoux dorés, ses longs cheveux blonds – pas roux comme les tiens, blond platine, blond doux. Elle passe, repasse, furetant dans tes affaires, regardant par la fenêtre du salon si tout se passe aussi bien que tu le dis, si tu ne caches pas quelque chose. De quoi se mêle-t-elle, cette vie ? Elle a tous les droits, tu le sais bien. Elle se renseigne pour savoir de quelle manière te faire correctement souffrir. Elle te frôle pour mieux te frapper ensuite, là où ça fait mal. Elle te torture, à sa manière : les gestes les plus élémentaires, les réflexes, deviennent un supplice, et la douleur ne cesse de se faire ressentir, crevant tes organes, dévorant tes os, épluchant ta peau, te réduisant à un tas ensanglanté et inhumain. La vie ne veut pas te tuer. Elle s'amuse, c'est tout, comme un enfant arracherait les pattes d'une araignée pour le plaisir. Tu n'es rien de plus qu'un insecte à ses yeux. Pauvre Lana. Mais tu ne veux pas de pitié, n'est-ce pas ? Je te promets que j'essaie de t'aider, mais je n'y arrive pas. Les anges sont parfois impuissants... Je te tends la main, tu ne la vois même pas, tu ne veux pas te relever. Tu restes terrée dans tes souvenirs, à pleurer, tu n'arrives plus à affronter l'avenir, tu te dis que des coups bas t'attendent encore... Il y en a eu tellement ces temps-ci ! Je sais. Ça a commencé doucement, tu es allée au lycée, les gens ne faisaient pas attention à toi, comme d'habitude. Puis, un imperceptible changement, une vibration dans l'air. Une tête qui se tourne, quelqu'un qui s'écarte, un rire légèrement moqueur... Tu as regardé dans toutes les directions, perdue, déstabilisée par leur attitude. Tu attendais plus de maturité de leur part. Tu te disais que c'était de ta faute, aussi. Que tu devrais leur parler, mais que tu n'y parvenais pas... En t'asseyant, tu avais les larmes aux yeux, mais tu t'es dit que ça irait mieux demain. Et le lendemain, même chose. Deux semaines plus tard, dans le bus, tu surprenais les yeux du garçon sur toi. Malcolm te jugeait, se demandait si ce qu'on lui avait raconté pouvait être vrai. Deux semaines encore, et ce « Bon courage » souhaité à ton voisin pour les deux heures d'histoire. Le même jour, lorsqu'un professeur faisait des groupes pour un travail de science, cette fille qui s'écrie qu'elle ne veut pas être avec toi. Le professeur qui la change de groupe. Elle qui ricane, toi qui baisse les yeux. Encore quelques semaines plus tard, des murmures, des rumeurs, qui disent que tu es chiante et inintéressante, que c'est horrible d'être avec toi. Dans le car, toujours ce garçon, qui discute avec un ami en te lançant des regards moqueurs. Tu surprends quelques moqueries le lendemain, toujours, ces rumeurs, ces défauts que tu as qui sont multipliés par dix. Tu te regardes encore dans le miroir tous les matins, et tu te dis que tu es laide, si laide ! Et que tu ne mérites pas de vivre.
Où est Cathy ? Elle est à tes côtés, pas trop loin, elle te dit qu'ils sont tous idiots. Tu ne parviens pas à la croire.
Je veux t'aider Lana ! Je voudrais te crier que tu peux vivre, que tu en as le droit, que tu le mérites entièrement, mais tu sembles sourde. Tout ce que tu entends, c'est que les autres te détestent et que tu les gênes. Tu ne devrais pas penser ça, Lana. Écoute-moi ! Et si tu ne peux pas, alors rêve. Enferme-toi dans ce monde de songes et survis, à l'abri de leurs insultes, leurs rumeurs et leurs moqueries.
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 1 Aoû - 17:19

Tu es vraiment incroyable, on vient à peine de finir un chapitre qu'un second est posté, et toujours avec la même qualité ! Perso, j'en suis admirative, l'inspiration ne doit pas souvent te manquer Wink
J'ai trouvé intéressante la manière dont tu as décris le "personnage" représentant la vie. Et l'arrivée de l'ange, que je n'ai pas vue venir. Là je me demande comment tout ça va évoluer...
Continue, j'ai hâte de lire la suite





La porte de nos rêves n'est pas si loin de celle de nos cauchemars.




                                                                                                                                                                   
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 1 Aoû - 17:46

J'adore l'ambiance, la froideur avec Lana et son père que tu arrives à faire sortir de l'écran et ce nouveau retour de l'ange qui donne des frissons, oui oui je t'assure, c'est superbe.
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Sam 1 Aoû - 21:11

Maze a écrit:
Ce n'est pas grave si je poste la suite maintenant ? ^^

Je crois que je pourrai te le pardonner Wink

J'ai adoré quand l'ange a pris la parole pour faire cette espèce de chronologie qui semble à la fois absurde et tellement réaliste. C'est génial, on attend encore et toujours la suite Wink



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Lun 3 Aoû - 14:20

Kyaaa Merci à tout le monde Vous êtes adorables, dès que je poste la suite, vous répondez ! Very Happy Je vous aaaaaime

Rêves : Je n'ai pas beaucoup de mérite ^^ Tout est déjà écrit et j'ai pu me relire Smile Je ne voulais pas commencer à poster sans savoir la fin, si ça collait... Donc vous avez une version assez finale ! Smile

Et je vous offre la suite Very Happy


Je me lève, doucement. Mes jambes me font mal sans aucune raison. Penser à la douleur me rappelle des souvenirs désagréables et je verrouille mon esprit le temps d'arriver à la salle de bain. Je croise mon misérable reflet dans le miroir. J'éprouve une vague nausée, un haut-le-cœur : je me dégoûte. Je me demande comment Cathy fait pour me supporter à longueur de temps. Comment les gens qui sont à côté de moi arrivent à se contrôler, à ne pas me frapper, me lyncher. C'est ce que je voudrais me faire.

Je rêve que je me promène dans la rue. Il pleut. Les gens ont tous des parapluies, sauf moi. Certains me pointent du doigt, étonnés par ma divergence. Je tente de les ignorer. Je baisse la tête un instant, pour oublier ce qu'il y a autour de moi, et rentre dans quelqu'un. Je lève les yeux : c'est moi. Ce sont bien mes yeux inexpressifs, mes cheveux roux et laids, mon visage taché par les éphélides, mon nez pointu et mes hautes pommettes. Une rage intense, une haine terrible se répand dans mes veines. Je ne veux pas me calmer. Je frappe le visage anguleux, je frappe les jambes fines, je frappe le ventre fragile, je veux repeindre ce corps en rouge, et faire de lui ce que la vie fait de moi – un cadavre. Je frappe, frappe encore. Le corps n'oppose aucune résistance et s'écrase finalement contre le bitume. J'ai réussi. Elle est morte, je suis morte. Je ne jette pas un coup d’œil à mon corps sans vie et continue ma route pour aller chercher un parapluie.

Ça fait du bien de penser à ça – je ne me rends pas vraiment compte que je viens de rêver de ma propre mort. Ça pourrait être horrible, mais c'est juste apaisant. Ne plus rien éprouver – plus cette douleur insupportable.

J'entre dans le car. Le trajet dure une seconde quand je le voudrais éternel. Rouler ainsi pour toujours, parcourir une route infinie aux paysages grisonnants... Un voyage anesthésiant. Malheureusement, j'arrive au lycée. Je suis obligée de descendre – mes jambes faibles se dérobent sous moi, je m'accroche à la rampe. Je sais qu'ils me regardent bizarrement, je n'ai pas besoin de vérifier. Je soupire. Une fois passé le portail du lycée, je me rends à mon casier, y dépose quelques affaires, et pars à la recherche de Cathy. Je la trouve en train de discuter avec Michaël. Je m'arrête à quelques mètres d'eux, perdue dans la foule, et écoute.
« Putain, je me retrouve à côté d'elle en espagnol... J'en ai marre, se plaint le garçon de sa voix rendue rauque par la cigarette.
- Je sais. Mais tu ne parviendras pas à liguer tout le monde contre elle. Moi je l'aime bien, c'est vraiment une bonne amie. Les gens me trouvent bizarre aussi, et...
- Pas autant qu'elle. Elle, c'est une asociale, elle ne parle à personne. » l'interrompt Michaël d'un ton agressif.
Cathy secoue la tête négativement, les lèvres pincées.
« C'est vrai qu'elle n'aime pas parler. Ça pose un problème ? »
Michaël se rembrunit, rétorque que non, ça va. Il ne le pense pas. Il hausse les épaules et reprend :
« On se voit après les cours ? »
Cathy acquiesce avec un demi-sourire.
« Ouais, comme d'habitude.
- Parfait. »
C'est à ce moment qu'il m'aperçoit. Il me regarde un instant sans aucune expression, puis sourit cyniquement, avant de me tourner le dos et de disparaître, avalé par la foule. Je rejoins Cathy et l'embrasse.
« Hey, ça va ? me demande-t-elle avec un sourire sincère.
- Oui, oui. »
J'ai envie de lui demander depuis combien de temps elle fréquente Michaël, s'ils sont amis, si elle le connaît bien... Mais les questions restent bloquées derrière mes lèvres et je me mure dans le silence. Je me sens étrangement trahie.
« On a espagnol en première heure, je crois, fait-elle d'un ton joyeux.
- Oui.
- Tu es à côté de Michaël, non ? »
Si enjouée.
« Oui. »
J'ajoute à contrecœur :
« Et toi ?
- Carine. »
La fille qui a refusé d'être avec moi en science. Mon cœur se recroqueville dans ma poitrine. Je me sens glacée. La sonnerie retentit dans le brouhaha ambiant, et nous nous dirigeons mollement vers la salle d'espagnol. La professeure, assez vieille, nous accueille et nous ordonne de nous asseoir comme prévu.
J'ai véritablement envie de vomir et mes jambes tremblent quand je marche vers ma place. J'enlève mon manteau, le dépose sur ma chaise et m'assois, tendue, aux aguets. J'ai peur qu'il se passe quelque chose d'horrible. Je sors mon cahier, mon manuel. Michaël ne s'est pas encore assis. Il est dans la classe, papillonne d'une table à l'autre, retardant le plus possible le moment où il sera à côté de moi. Au fond, ça m'arrange, mais le fait que ma présence soit une aussi grande torture me fait mal. Je ne le fais pas exprès. La professeure lui demande gentiment de s'asseoir, il s'exécute à contrecœur. Je me raidis. Il s'écarte à l'autre bout de la table, sort ses affaires, me jette un regard moqueur. Je ne dis rien, détourne les yeux. Je suis terrifiée et j'ai abominablement mal. Les premières minutes passent. Il soupire souvent, tapote la table : il s'ennuie. Souvent, il se retourne pour parler et rire avec les gens derrière lui. Je le comprends. Je suis trop inintéressante. Mais je ne veux pas engager la conversation, encore moins avec lui. J'ai peur qu'on me juge et qu'on se moque – encore plus – de moi.
« Toi, tu sais parler, au moins. », fait-il à la fille de derrière dans le seul but de me provoquer.
C'est parce que t'es muette.
Je regarde devant moi et tente de sourire. C'est puéril, il fait ça uniquement pour te mettre à terre, me répété-je. Mais j'ai beau essayer de m'en persuader, mon masque vacille, se fendille, et s'éparpille en petits copeaux sur ma table. Mes lèvres sont trop lourdes et tombent pesamment sur mon menton.
« Je m'emmerde. », dit-il encore, presque à voix haute.
Je prie pour que ça sonne.

La vie passe lentement, mais à la fin de la journée j'ai cent ans de plus. Je me traîne dans le car. C'est au moment où je me dis que c'est enfin fini, alors que je cherche une place, que quelqu'un s'écroule sur moi et me fait tomber. Ses mains effleurent malencontreusement mes hanches, sa tête heurte ma gorge. La chute n'est pas douloureuse, mais des souvenirs atroces refont surface et je lâche un cri.
« Putain ! Tu pourrais pas faire attention ! »
Le garçon qui s'est écroulé sur moi se relève et me rabroue, comme si c'était de ma faute s'il était tombé. Je marmonne des excuses et, les joues rouges de honte, je me remets debout. Je m'assois rapidement et regarde par la fenêtre comme si je pouvais passer à travers et me glisser sous les roues du car. Une douleur bien plus supportable que celle qui enflamme mon corps entier.
Bouge pas.
Ne pas se rappeler... Il faut oublier pour survivre, il faut rêver ! Mais de quoi ? Il n'y a plus d'espoir, plus d'imagination. Rien que des jours longs d'un siècle qui se succèdent infiniment pour m'entraîner vers des études et un métier ennuyants. Une vie solitaire, une vie de mille ans, une vie qui n'en vaut pas la peine.
Ne pas penser à l'avenir, ne pas penser au passé, ne pas penser au présent. Ne pas penser. Désactiver tout ce qui est susceptible de faire mal, mettre l'esprit et le corps hors-service. Tout débrancher. Plus aucune connexion. Pas de réseau. Écran noir.
Le car freine devant mon arrêt, j'attrape mon sac et je descends la première. Je ne veux plus rien ressentir. Je ne veux plus rien entendre, voir ou toucher. Je marche rapidement, rentre chez moi, m'enferme dans ma chambre et, allongée sur mon lit, je me mets à pleurer.
Des larmes épaisses pendent sur mes joues. Des gémissements s'extirpent de ma bouche. La douleur afflue, déchire mon corps et mon cœur. Je n'en peux plus. Je n'en peux plus, j'ai trop mal, toujours la même chose...
J'entends ma mère rentrer, et me retourne pour camoufler mes yeux rougis et mes joues luisantes. Je me sens stupide d'avoir pleuré ainsi. Je devrais me montrer plus forte, mais en ce moment, je suis trop fatiguée. C'est trop ! Tout est superflu... Moi comprise.
Ma mère frappe à ma porte et entre, souriante.
« Ça va ? Tu as passé une bonne journée ?
- Oui.
- Super. Tu me raconteras ça au dîner ! »
Je tente de sourire, mais ne parviens qu'à grimacer.
Ne pas se souvenir. Le garçon dans le bus m'a écrasée et j'ai mal. Si mal. Ses mains sont tombées sur mon corps. Il n'a pas fait exprès. Il m'a touchée. J'ai mal ! Comme s'il m'avait frappée, j'ai mal. C'est terrible. Une chute et tout chute.
Je prends mon sac et commence à travailler. En occupant ainsi mon esprit, je ne pense plus, et tout autour de moi s'efface pour ne devenir que nombres et taux de mortalité.
Lorsque ma mère m'appelle pour le dîner, j'ai quasiment tout fini. Je n'en éprouve aucune satisfaction. Juste une sensation de vide. Je descends lentement les deux escaliers, pousse la porte de la cuisine et m'assois. Je grelotte, j'ai froid. Je peine à ouvrir les yeux.
« Ça ne va pas ma chérie ? »
Je lève la tête. Le regard inquiet de ma mère croise le mien.
« Si si. Je suis juste un peu fatiguée. »
Je tente de sourire.
Le repas est long. Je voudrais me réfugier dans mes rêves, mais quelque chose m'en empêche, je ne suis sans doute pas dans le bon état d'esprit pour imaginer d'autres univers et d'autres vies. Finalement ma mère, qui tentait de me faire la conversation malgré mes réponses monosyllabiques, s'excuse en disant qu'elle va recevoir un appel très important – elle qui avait déjà un œil constant sur ses SMS. Elle me conseille d'aller me coucher après avoir fait la vaisselle. J'obéis et, quelques minutes plus tard, je suis allongée sur mon lit, les yeux ouverts. Impossible de les fermer. Une douleur abominable brûle dans mon corps entier, sans jamais être à court de combustible. Je me tourne et me retourne sous mes draps, me tordant comme possédée. Je connais cette souffrance, je l'ai éprouvée il y a si longtemps... Je ne veux pas me la rappeler. Mon corps se souvient de lui-même. Il me force à retrouver ces sensations torturantes, à voir ces images floues et sombres, à entendre ces paroles sifflantes, plaquées contre mon oreille, dans un souffle enroué. J'ai si mal ! C'est intolérable. Je ne parviens plus à respirer. Je me tortille, tentant d'échapper à l'étreinte imaginaire d'un cauchemar, je me sens...
Le sommeil s'empare alors de mon corps, me libérant de l'emprise du mauvais rêve.

Mes lèvre => Mes lèvres
alors que je chercher une place => cherche
mon corps et et mon => et mon
quelque chose m'en empêcher => empêche
Je ne veux pas m'en rappeler => me la rappeler
 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Lun 3 Aoû - 18:27

Je ne sais pas si je l'ai déjà dit (je crois mais je ne m'en souviens plus et comme j'ai la flemme d'aller jeter un œil aux autres commentaires, je continue), mais c'est toujours super agréable à lire. J'ai l'impression que tu as bien accentué (ou décrit plus en profondeur) la douleur de Lana, qui est prenante.
Y a juste un petit mini truc: alors, ça ne me dérange absolument pas pour le moment mais j'ai l'impression que ça va devenir un peu répétitif, bien que je ne sais pas ce que va nous réserver le prochain chapitre. Mais voilà, ce n'est bien sûr que mon avis perso, et cela n'enlève rien à la qualité du texte Wink





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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Mer 5 Aoû - 13:26

Je crois voir quelque chose est en train d'arriver, on dirait que Lana a de bonnes raisons d'être muette finalement, je pense savoir ce qui lui est arrivée, on verra (:/
Si j'ai raison, j'ai lu un roman qui ressemblait un peu à ça, mais il était beaucoup moins bien écrit que le tien Wink
L'ambiance est oppressante à souhait, je suis émerveillée par ta capacité à faire passer une telle atmosphère. La suite



 
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MessageSujet: Re: Lana rêve [TS] ou [M]   Ven 7 Aoû - 11:05

Ca devient très intriguant cette histoire ! Je meurs d'envie de savoir la suite ! Tu sais quand on hésite à regarder la dernière page du roman qu'on est en train de lire tellement on est impatient, ça me fait la même chose  moche
 
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Lana rêve [TS] ou [M]

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