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 Encore une journée normale
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Eilift

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Localisation : Cloud of Unknowing
MessageSujet: Encore une journée normale    Jeu 6 Aoû - 0:14

Citation :
Angelo s’ennuyait. Mais vraiment beaucoup beaucoup. Il savait que ce cours de géo était important mais, rien à faire : le prof n’arrivait pas à capter son attention aujourd’hui. Pourtant il aimait beaucoup son professeur d’histoire et il était intéressant d’habitude. Mais pas là, il n’arrivait pas à se mettre dans cette mondialisation qui le dépassait un peu. Alors d’une main un peu lasse, il griffonnait depuis quelques minutes un dessin qui pouvait sembler abstrait comme ça au premier abord, mais qui deviendrait ensuite un portrait de son frère. Lequel lui en avait demandé un quelques temps auparavant.

Alors quand la cloche sonna, son cœur fit un bond et il ne put empêcher un soupir de s’échapper de sa bouche. Il fallait savoir que nous étions au dernier cours de la journée et que, une heure après, Angelo avait un de ses entraînements de hockey de la semaine. Après avoir rangé son sac, mis la housse avec sa crosse dedans sur son épaule et pris son skate sous le bras, l’adolescent s’enfuit de la salle tout en marmonnant un “Bonne soirée” au prof. Ben le retrouva alors dans le couloir et ils discutèrent de l’ennui mortel de ce cours en plaisantant.

Sorti du lycée, il salua son ami et quelques autres personnes connues. Même quelques joueurs de son équipe qui lui demandaient de prévenir le coach de retards éventuels. Comme d’habitude quoi. Mais le coach détestait ne pas être prévenu. Il ne détestait pas les retards, loin de là, il comprenait très bien. Mais seulement lorsqu’il était prévenu. C’est tordu tout de même.

Angelo commença à rouler. Le lycée n’était pas tout près de la patinoire et c’était plus agréable comme ça. Surtout avec un casque vissé sur la tête avec du Muse en fond reprenant Nina Simone. Joli combo. Angelo commença à siffloter. Aujourd’hui était une journée normale, c’est ce qu’il se dit en prenant une impulsion. Ce qui était normal lui, il y était habitué. Il savait très bien qu’il y avait des gens qui cherchaient absolument à ce que quelque chose d’anormal leur arrive. Tous les jours. “T’sais quoi ? Il m’est arrivé un truc incroyable hier…” Sauf qu’Angelo ne cherchait pas les ennuis. Souvent, les ennuis venaient à lui sans qu’il les ait demandés. Donc les trucs exceptionnels, très peu pour moi. Ou il ne s’en vantait pas.

Il reprit une impulsion avec son pied gauche en prenant un virage du même côté. Souvent, on lui demandait de raconter des anecdotes de hockey ou tout autre sport qu’il pratiquait. Mais se mettre en avant le mettait mal à l’aise. Alors souvent il passait la main à un de ses amis de façon discrète. Et ça passait. Même pas besoin d’avoir l’attention sur lui. L’attention sur lui, c’était le mal. Pas qu’il était réservé ou timide, non, non. Il adorait discuter avec ses potes de choses randoms. Ce qui le mettait mal à l’aise c’était qu’on parle de lui avec lui. Raconter sa vie n’était pas intéressant selon lui. Et il ne comprenait absolument pourquoi certaines personnes ne pouvaient pas commencer une seule phrase par un “Moi, je..” Ça le dépassait totalement.

La chanson passa, un peu comme si on passait à autre chose. Mais il avait souvent remarqué que les chansons qui passaient en mode aléatoire allaient souvent avec son humeur. Pas toujours, et parfois que pour quelques paroles, mais c’était déjà beaucoup. Il fredonnait un peu en même temps que la musique et puis articula quelques mots en passant un passage piéton. De toutes les façons, il allait trop vite, il n’y avait personne qui l’entendait chanter.

« What the hell am I doing here ?
I don't belong here
»

rien y faire => rien à faire (ou "rien n'y faisait" ou "rien à y faire")
[avoir] mit => mis
[avoir] prit => pris
les ennuis venait => venaient
quelque temps=> quelques


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Meredith Epiolari

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Localisation : Between the peanuts and the cage
MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Jeu 6 Aoû - 17:09

Citation :
- Putain, qu'est-ce qu'il fout ici ? Il n'est pas de chez nous !
Cette exclamation pouvait paraître étrange dans la bouche d'une mexicaine sans papiers exilée aux Etats-Unis, mais d'une certaine manière Julieta avait oublié d'où elle venait et c'était bien mieux comme ça. New-fire était SA ville, avant elle n'était rien.
A présent, elle avait quatorze ans et elle possédait sa propre ville. Enfin presque. Les Culs-Terreux - la bande rivale - leur donnait du fil à retordre même si la majeure partie de la banlieue résidentielle appartenait aux Feux-Follets.
Julieta aimait à "administrer" sa ville avec la mine grave d'un général, patrouillant pour repérer d'éventuels problèmes... et les résoudre. Or, ce mec en skate-board était un problème.
- Il est de Saint Lorin. Normal qu'il soit dans le quartier, fit Danny en haussant les épaules.
- Tu le connais ?
Julieta "étudiait" à Lake de même que Lucas, Doug et Lewis ; mais Danny était de Saint Lorin. Il avait deux ans de plus que Julieta.
- Ouais, Angelo, je crois. Il est dans mon cours d'histoire - je veux dire quand j'y vais, parce que c'est tellement chiant que je préfère sécher avec vous comme maintenant. Angelo la ramène pas trop, je crois qu'il n'appartient à aucune bande. Il fait partie de l'équipe de hockey, il doit se rendre à son entraînement.
- Son skate est chouette, répondit Julieta d'un ton neutre.
Le message était passé. Le garçon était rentré dans le bâtiment. Julieta et les quatre garçons qui l'accompagnaient - les autres étaient disséminés à divers endroits de la ville - réfléchirent à la même vitesse qu'il n'était pas prudent de lancer leur attaque tout de suite. Leur cohésion leur donnait parfois l'impression de communiquer par télépathie. La violence est un langage universel, muet et instantané. C'est pourquoi personne ne fut surpris lorsque Doug demanda :
- On l'attend alors ?
- Oui, confirma gravement Julieta. Newfire n'est pas une ville pour ceux qui ne la ramènent pas. Ici il faut choisir son camp : ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous.
Puis, comme elle était assez contente de la formule, elle sourit et ajouta :
- On va lui mettre sa race.



 
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Eilift

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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Jeu 6 Aoû - 23:44

Citation :
Si on lui avait dit qu'il était attendu dehors par une bande de gens qui ne lui voulaient pas du bien, Angelo serait parti par la sortie de secours. Mais il n'en avait pas la moindre idée.
À la fin de son entraînement, donc deux heures plus tard, il sortait des vestiaires, les cheveux encore mouillés de la douche qu'il venait de prendre. Un autre mec passa à sa suite. Il avait un an de plus que lui, et était le capitaine de l'équipe.  Oliver était sympa et c'était un bon ami.
- Alors Angelo, pas trop crevé ?
- On a fait pire je crois. Enfin, il faudrait expliquer la notion d'enfer au coach, il pourrait aller remplacer le boss actuel. Et nous, on en  serait débarrassé.
Un rire clair lui répondit l'instant d'après et ils continuèrent à parler du coach, de rites sataniques avec sacrifices de pauvres joueurs de hockey qu'on aurait attachés à des crosses géantes plantées dans le sol et un palet dans la bouche. Tout un programme qui les fit rire sur la moitié du chemin du retour qu'ils avaient l'habitude de faire ensemble.
- Non mais imagine le en train de dire quelque chose comme "Ô sainte crosse de hockey sur glace ! Trucide toutes ces petites merdes qui pensent jouer au sport sacré alors qu'ils sont aussi énergiques que des malabars, passés au micro-onde puis sous un rouleau à pâtisserie, sur des patins !"
La déclaration enflammée fut suivie d'un arrêt où Angelo dû poser un pied par terre pour arrêter son skate et Oliver joint les deux mains vers le ciel en levant les yeux. Ils éclatèrent tous les deux de rire l'instant d'après.  Ils s'arrêtèrent ensuite à un croisement, sous un lampadaire -la nuit était tombée depuis qu'ils étaient sortis- et Oliver posa une main sur son épaule.
- Bon, fais gaffe à toi, tu sais ce qu'on raconte en ce moment ?
- Les fables de parents comme quoi il y a des bandes en ville qui tabassent les pauvres mecs sans défense ? J'ai l'impression d'entendre mon frère, Oliver.
- Ce sont pas des fables, faut que tu fasses gaffe, tu as pile poil la tête d'un pauvre mec à martyriser.
Angelo tira la housse qui contenait sa crosse pour la prendre à deux mains comme s'il maniait une lourde épée.
- Qu'ils essayent !
L'autre écarquilla les yeux pour ensuite rire et lui ébouriffer les cheveux.
- Tu lis trop Game of Throne toi !
- Peut-être, mais toi aussi tu devrai faire gaffe.
- Tu oublies un truc là.
Et il fit mine de gonfler ses biceps avec un sourire ironique. Il était vrai qu'Oliver avait plusieurs avantage sur lui : même sur son skate, Angelo ne le dépassait pas en taille et il était beaucoup plus musclé que lui. Il soupira.
- Oui maman Oliver, je rentre vite chez moi et je ferme la porte à double tour en arrivant !
- Brave petit.
Et il essuya une larme imaginaire.
Les deux partirent donc sur des chemins différents, l'un à pied, l'autre en skate. Mais Angelo avait bien vite oublié cette histoire, se concentrant plutôt sur le jeu "qu'est-ce que Enio a bien pu préparer à manger ce soir ?".

qui les firent rire=> qui les fit rire (ici le verbe s'accorde avec le sujet = tout un programme = singulier)
 
Meredith Epiolari

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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Dim 9 Aoû - 19:04

Citation :
L'attente s'était révélée un peu ennuyeuse. Julieta aurait très bien pu lâcher l'affaire : après tout il n'y avait aucune raison de tabasser ce mec puisqu'il ne leur avait rien fait. Seulement, c'était mal la connaître que de penser qu'elle pouvait revenir sur l'une de ses décisions. En plus, ce mec avait l'air trop propre sur lui. Une tête d'ange, c'est une tête à claques.
Les garçons avaient trouvé une bouteille de tequila qu'ils faisaient tourner pour patienter. Joder, te echo de menos, Mexico. Oui, le Mexique lui manquait parfois. Pas très longtemps. Seulement quand elle prenait une petite gorgée de tequila.
Julieta n'aimait pas trop l'alcool parce qu'elle avait bien compris à quel point il rendait les gens fous - c'était un excellent moyen de pression. Or elle ne pouvait pas se permettre la moindre faiblesse. Cependant, elle s'accordait une petite exception de temps en temps. Il lui fallait bien se plier à ses coutumes débiles qui la rendraient respectable en temps que chef.
- Buvez pas trop, je vous rappelle qu'on a un mec à tabasser.
Précaution peu utile, les garçons tapaient encore plus fort quand ils étaient bourrés. Ils commençaient à échanger des plaisanteries plutôt vulgaires qui ne choquèrent pas Julieta plus que ça. Ce n'était pas beaucoup plus moche que la réalité.

Enfin, la cible sortit du bâtiment près duquel ils le guettaient. Elle était accompagnée d'un autre garçon, plus grand et plus musclé, mais il s'éloigna bien vite dans une autre direction que celle de leur future victime.
- En avant, fit Julieta. Vous connaissez la loi ?
Les garçons connaissaient : on tape d'abord, on parle ensuite. C'est pourquoi ils jetèrent des pierres dans les roues du skate pour en faire trébucher son propriétaire.



 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Lun 10 Aoû - 7:09

Citation :
- Porca troia!
Angelo ne parlait en italien que chez lui ou pour dire des insultes. Il ne savait pas pourquoi, dès qu’il devait jurer -et ça ne lui arrivait que peu souvent- son italien lui revenait dans la tronche. Pourtant il essayait. Imaginez pour les pauvres personnes qui ne le voyaient que peu souvent, entendre un “Fa schifo” alors qu’il se tapait une sale note ou un “minchia” en faisant tomber sa trousse ou en se coinçant les doigts dans une porte, ça devait leur sembler bizarre, non ? Alors qu’il utilise celle-ci, il devait être vraiment surpris quand il sentit son skate dérailler. Ça pouvait se comprendre, il pensait à du riz à ce moment là.
Heureusement, il avait eu le réflexe de sauter pour ne pas se ramasser de tout son long -ce qui aurait semblé très con et passablement douloureux. Et quand il alla prendre son skate pour l’observer à la lumière d’un lampadaire, il fut vraiment surpris de voir des cailloux coincés dans les roues. Non è possibile! Ça arrive qu’à moi ce genre de conneries ?
C’est à ce moment là qu’il se rendit compte qu’il n’avait aucune envie d’enlever des cailloux des roues de son engin avant de le glisser entre son dos et son sac à dos. Ça le rendait tout de suite moins encombrant mais le poids venait de devenir encore plus important entre son sac qui contenait ses cours et ses affaires de hockey et sa house avec sa crosse. Mais pourquoi des cailloux ? Comment des cailloux pouvaient-ils être arrivés tous seuls dans les roues de son skate? Et encore mieux, plusieurs cailloux à la fois dans chacune des roues ? Alors que ça ne lui était jamais arrivé ?
Mec, quand ça arrive c’est que quelqu’un veut te faire tomber ou au moins que ça arrête de rouler.
Et puis les paroles d’Oliver revinrent à sa mémoire : “Tu as pile poil la tête d'un pauvre mec à martyriser.
C’est à ce moment là qu’il tourna la tête vers l’autre côté de la rue, dans l’espoir de voir quelque chose.
Porca misera, ne plus jamais penser qu’une journée est vraiment trop normale, y’aura toujours un type pour venir te cogner la tronche.
Et alors qu’il apercevait une ombre bouger, il se dit qu’il était vraiment un type avec une chance tendant vers l’infiniment nul.  
 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Mar 11 Aoû - 11:53

Citation :
On est cons, on aurait dû utiliser un bâton, il se serait rétamé. C'est pas avec des cailloux que ça risquait d'arriver. Julieta n'aimait pas quand les choses ne se déroulaient pas comme dans son plan. Elle avait parfaitement visualisé le garçon se casser la gueule, ses genoux écorchés, une dent en moins, qui sait ?
Ce n'était pas arrivé. Il avait réussi à se rattraper à temps. Enfin cela avait peu d'importance, l'essentiel était que le skate soit arrêté. Tout de même, Julieta n'aimait pas cela. Elle avait un mauvais pressentiment. A présent, il ne restait plus qu'à entamer la conversation.
Lucas s'en chargea à merveille en ceinturant le jeune homme afin de permettre à ses camarades de le frapper. C'était exactement ce qui était prévu. On ne s'écarte pas du plan, tout va bien. Seulement, gagnée par un sentiment inconnu, Julieta décida d'intervenir :
- Attendez !
Les autres se retournèrent, surpris. Julieta elle-même ne comprenait pas pourquoi elle leur avait demandé d'arrêter. Elle n'avait généralement pas trop de scrupules à abîmer les belles gueules d'anges. Putain, qu'est-ce qui se passe ?
C'était peut-être le fait de l'avoir entendu jurer en italien. Cette langue n'avait pas la classe de l'espagnol, mais c'était un peu comme une cousine. Elle voulait bien donner une chance à ce mec de s'exprimer puisqu'il savait le faire dans un autre jargon que cet anglais immonde qui écorchait ses oreilles depuis deux ans.
Il était temps de changer la méthode utilisée. Un peu de causette avant la baston. N'importe quoi. On ne sauve pas un mec d'un passage à tabac pour la beauté de sa langue. Pourtant Julieta avait été attaquée au plus profond de sa sensibilité. Alors que se passait-il ? Elle ne pouvait pas se permettre la moindre faiblesse, elle le savait. C'était ce qui l'avait maintenue en vie jusqu'ici : tout endurer sans une grimace.
Ce n'était pas le moment de faire preuve de bons sentiments. Ce garçon devait se faire casser la gueule, plus elle le laisserait parler et plus c'était dangereux. Je peux m'en sortir si je parais assez sûre de moi. Ils croiront que c'est une nouvelle lubie et je n'en serai que plus respectée. Pas de soucis à se faire.
Elle prit une inspiration discrète et lâcha :
- Tu es avec nous ou tu es contre nous ? C'est à toi de choisir mais choisis bien.



 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Mer 12 Aoû - 18:39

Citation :
Quand Angelo s'était fait ceinturer, il s'était dit que c'était fini et qu'il allait rentrer chez lui avec un œil au beurre noir, le nez cassé et de nombreux hématomes. Dans le meilleur des cas en fait. Sinon c'est l'hosto. La chance, ils viennent d'en inaugurer un nouveau.
Il était prêt à serrer les dents -de toute façon on ne parlait pas avec des gens comme ça et lâcher une seule exclamation serait vu comme une marque de faiblesse qui les ferait frapper encore plus et plus fort - quand la chef, il semblerait, cria un "Attendez !" qui ne devait pas être adressé à lui puisqu'il attendait déjà pour se faire lyncher. C'était débile, pourquoi elle leur demanderait d'attendre ? D'ailleurs les mecs avaient l'air aussi surpris que lui.
- Tu es avec nous ou tu es contre nous ? C'est à toi de choisir mais choisis bien.
Què ? Il se passe quoi là ? J'ai l'impression de plus rien comprendre. Angelo dut d'ailleurs ouvrir de grands yeux d'incompréhension avant de se ressaisir.
- Choisir ? Je croyais que j'allais me faire taper et j'avais pas trop le choix. Non Danny, baisse ce poing, je préfère parler - au fait, j'ai le cours de géo pour toi et on a une interro la semaine prochaine, oui oui, pas besoin de me regarder avec des yeux comme ça, je réponds. Donc...
Il détailla la fille. Elle avait l'air plus jeune que lui et pas que des origines canadiennes, si elle en avait d'ailleurs. Mais elle avait un je-ne-sais-quoi qui la rendait... impériale. Il ne se laissa pas démonter.
- Tu vois, je sais pas comment je pourrais être contre vous puisque je ne sais même pas qui vous êtes et ce que vous faites vraiment. Et de même pour le "avec vous". Je suis neutre dans tous les conflits donc bon... Je pense qu'avant de me laisser choisir, il faudrait déjà m'expliquer. Tu es peut-être il Diavolo - même si je n'y crois pas vraiment - qu'est-ce que j'en sais ? Tu imagines, vendre ton âme au diable pour passer une séance de lynchage ? Désolé, mais très peu pour moi.
Bon, maintenant que je suis parti pour vraiment me faire taper, autant continuer, non ?
- D'ailleurs, tant que j'y pense, si vous décidez de me frapper, vous me laissez tranquille après ? Et vous avez plutôt l'habitude d'envoyer les gens à l'hôpital ? Parce que sinon j'aimerais bien éviter de me retrouver encore une fois avec une jambe cassée. Vous voyez, j'suis hyperactif donc le plâtre c'est moyen pour faire du sport et la première fois qu'on m'a brisé la jambe,  j'ai cru que j'allais mourir d'ennui. En plus, Oliver sera pas content parce qu'il m'avait prévenu et que je pourrais pas faire de compet' avant un bout de temps.
Il prit une inspiration. Non mais là il était mort. Chassez le naturel, il revient au galop. Il aurait bien fait un testament pour donner sa collection de timbres à son frère, mais il n'allait pas avoir le temps. Et surtout qu'il n'avait pas la collection de timbres.
- Donc vous m'expliquez ? Ah et au fait, c'est pas que j'aime pas les câlins mais je pense que même sans me faire ceinturer je vais pas m'enfuir alors que vous êtes cinq, moi pas Spiderman et qu'on discute presque pacifiquement. Vous en dites quoi ?

s'était fait ceinturé => ceinturer
de toutes façons => de toute façon
elle leurs demanderait => leur
Angelo dût => dut
Il ne se laissa pas démonté => démonter
vous décider => décidez
j'aimerai => j'aimerais
 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Jeu 13 Aoû - 22:42

Citation :
Julieta était tombée exactement sur ce qu'elle cherchait à tout prix à éviter : un bavard. Ce jeune homme débitait un nombre impressionnant de mots à la seconde, il devait en avoir prononcé davantage en cinq minutes que Julieta en toute une vie.
C'est vrai que Julieta avait rapidement appris à se taire. Ce n'était pas en exprimant un problème que l'on trouvait sa solution, cela ne servait qu'à perdre du temps. Dans les gangs, on vous montrait très tôt que se plaindre ne ferait qu'amplifier l'indifférence des autres votre égard.
On est toujours tout seul sauf lorsque notre présence est utile au groupe. Quiconque comprenait ça avait tout compris. La vie c'était ça. S'il le voulait, le chef avait le droit de tabasser un môme ou de se faire une gamine de quinze ans en guise de rite d'intégration. C'était normal. Pas se plaindre, pas protester.
Ceux qui n'étaient pas dedans trouvaient ça monstrueux. C'était tout sauf monstrueux. C'était magnifique. Un retour à la solidarité mécanique. Une cohésion parfaite. L'abnégation totale et le don de soi. Elle aimait sa bande d'un amour presque religieux.
C'était peut-être pour cela qu'elle avait souri en l'entendant l'appeler Il Diavolo. El Diablo. Elle n'était pas le Diable, bien-sûr que non. Elle était mieux que cela, elle était une Déesse, elle avait tué Dieu en cessant d'y croire, elle était la chef vénérée de la plus grande bande de New-Fire.
Ce type parle trop. Il n'a aucune chance. D'ailleurs, Danny, Lucas et les autres étaient restés complètement assommés par les paroles du mec, sans doute parce qu'ils n'étaient pas habitués à digérer autant d'informations à la fois. Maintenant, il s'agissait de répondre. Brièvement.
- Nous, on est les Feux-Follets. La ville nous appartient. Tous ceux qui prétendent le contraire sont nos ennemis. La neutralité n'existe pas. Si tu veux, tu peux nous rejoindre. Dans ce cas, on te protège des autres gangs et on partage nos butins avec toi. Sinon, tant pis.
Julieta jugea inutile de préciser que derrière ce « tant pis » se cachait une baston qui conduirait probablement Angelo à l'hôpital. Elle ne l'y accompagnerait pas par la main et elle se fichait bien de savoir s'il devait abandonner ses compétitions un moment.
Quant à le relâcher, c'était exclu. Ce n'était peut-être pas utile physiquement, ils pourraient sans peine le maîtriser s'il tentait quelque chose. Cependant, il y avait fort à parier que cela aiderait la peur à s'insinuer dans l'esprit du jeune homme. C'est avec la peur qu'ils m'ont eue, c'est avec la peur que je les aurai.



 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Sam 15 Aoû - 15:00

Citation :
Bon, mon tour est maintenant terminé. Raté.
"What did you expect ?"
Dans sa tête, une jolie chanson s'était insérée dès qu'elle avait répondu. Cette chanson ne lui correspondait pas dans sa totalité mais ces deux petites phrases, si. Son silence faisait peut-être comprendre qu'il réfléchissait, mais dans sa tête, le chemin était déjà tout tracé. Maintenant, il réfléchissait à tout autre chose.
Angelo planta ses prunelles vertes qui semblaient être devenues totalement noires dans celles de Julieta avec un léger sourire.
- Réserve moi une place à l'hôpital, Il Diavolo.
Il savait qu'il allait se faire tabasser. Ils étaient cinq contre lui et sans vouloir se donner d'excuses, son entraînement l'avait totalement crevé, il tenait à peine sur ses jambes. Encore une fois, son hyperactivité ne lui servait à rien. Il savait qu'il allait se faire tabasser mais il n'amorça aucun mouvement pour se défendre, implorer pitié ou se mettre à trembler. On ne faisait pas ça à moins de perdre son honneur. Et même si son honneur était légèrement rongé, il n'allait pas le laisser se briser en mille morceaux tout de même. On est italien ou on ne l'est pas. Enfin...
Quand il était petit, quelqu'un lui avait dit que la peur est la plus affûtée des épées. Et il le savait pour en avoir fait les frais C'était pour cela qu'à ce moment, il ne faisait que fixer les yeux de Julieta avec un regard déterminé. S'il fallait qu'il fasse un tour à l'hosto pour pouvoir rester dans la neutralité qu'il s'était toujours obligé de suivre, il le ferait. Ça sonnait peut-être maso mais il pensait qu'il serait maso s'il avait accepté le marché.
Peut-être qu'Enio remarquera que je suis en retard et que je resterai pas laissé pour mort sur le trottoir toute la nuit. Ce serait bien.
Oh, il ne cherchait pas à gagner du temps, Enio ne viendrait pas avant une grosse demi-heure, surtout qu'il était encore loin de la maison. Pourquoi est-ce qu'Oliver n'habitait pas plus près de chez lui ? Pourquoi est-ce qu'Oliver avait toujours raison ? Pourquoi est-ce qu'il avait une tête qui obligeait les gens à se lever soit pour rire avec lui soit pour le foutre à terre et le tabasser ? Non, la peur est la plus affûtée des épées. Pas peur. Jamais pour ça.
Il lança un dernier regard noir à Julieta avant de tourner la tête vers Danny alors que ses yeux reprenaient leur jolie couleur verte et adressa un sourire à celui-ci.
- Danny, si tu veux le cours de géo, c'est dans la pochette verte foncée dans mon sac. Tu le rends quand tu veux.
Et sur ces mots,  il se remit à fixer Julieta sans aucune émotion transcrite sur son visage, en serrant les dents. Pas besoin de se mordre la langue en plus de tout ça. Il l'avait déjà fait et vous savez quoi ? Ça faisait mal.
"Bang bang, you're dead"

what did you except => expect
c'était insérée => s'était insérée
 
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Lun 17 Aoû - 18:46

Citation :
OK, ce mec est masochiste. Tant pis pour le cousin italien, maintenant il fallait assurer. Julieta n'avait pas de remords, après tout elle lui avait laissé toutes les chances possibles et imaginables. A la base, il aurait déjà dû ramper à leurs pieds.
La jeune fille était quand même un peu déstabilisée : elle n'avait jamais vu personne refuser d'entrer dans le gang. Les mecs non plus, ils hésitaient un peu quant à la marche à suivre, attendaient les ordres. Non, rien ne se passait décidément comme prévu.
- Bon, alors... tant pis.
Fit Julieta en tournant les talons. Ses acolytes comprirent le message : le moment était venu de frapper fort. Danny leva le poing le premier. Ces petites piques au sujet du devoir de géo l'avaient irrité.
- Eh, qu'est-ce que vous faites ?!
Une voix inconnue s'était élevée, suivie de bruits de pas qui se rapprochaient : les Feux-Follets étaient grillés. Julieta se figea et se tourna en direction de la voix. Pas de panique, on est cinq, il n'y a qu'une voix et un mec masochiste, on peut largement le faire.
Seulement une fois de plus, le plan de Julieta ne se déroula pas comme prévu. Les garçons ne prirent pas la peine de réfléchir - en étaient-ils seulement capables ? - ils s'enfuirent en courant sans prendre le temps de jauger ce nouvel adversaire.
Furieuse, Julieta comprit qu'il était temps pour elle de tirer sa révérence. Elle avait fait tout ça pour rien. Non, pas pour rien ! C'était sans doute inutile, mais il fallait que ce mec se souvienne d'elle. Julieta lui prit le skate des mains et s'en fut en courant avec son butin.
- Avec tout l'amour d'El Diablo !
Si Angelo avait répondu, elle ne l'entendit pas : elle était déjà loin. Il était désormais seul avec le propriétaire de la voix, qu'il soit ou non animé de bonnes intentions.



 
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Vain comme mon amour,
Ridicule comme mon ambition
Insignifiant comme mon existence.


Dernière édition par Meredith Epiolari le Sam 5 Mar - 23:19, édité 1 fois
 
Midnight

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Maîtresse incontestée des vices infantiles
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Dim 23 Aoû - 13:45

Citation :
Oscar se promenait, pensif, aux abords de l'école St Lorin. Il ne sortait que tard le soir, lorsque les rues semblaient avoir été désertées de toute vie. Il marchait alors sans but, au hasard de ses pas. Il venait rarement dans cette partie de la ville, particulièrement éloignée de chez lui. Mais ce soir-là il avait besoin de prendre l'air. Ses voisins donnaient une fête affreusement bruyante. Ils étaient venus frapper chez lui, pour lui proposer de passer prendre un verre. Il avait ouvert à contre-cœur, et avait plaqué un sourire sur son visage. Il avait paniqué en entendant la proposition. Non, surtout pas. Je ne peux pas y aller. Trouver une excuse. Il avait prétexté la fatigue et s'était enfermé chez lui à double tour. Il avait attendu quelques minutes, puis était discrètement sorti de chez lui et avait fui au plus vite son quartier. Ses pas l'avait donc mené ici, à l'autre bout de la ville. Soudain, il aperçut six silhouettes, des adolescents probablement. Cinq d'entre elles entouraient la dernière. La plus imposante leva le poing, visiblement pour l'abattre sur celle-ci.
« Eh, qu'est-ce que vous faites ? ! »
Il avait parlé sans réfléchir, et se le reprocha aussitôt. Il n'avait absolument aucune envie de se retrouver mêlé à ce genre d'embrouille. Encore moins d'être frappé par des jeunes mal élevés par des parents irresponsables. Il éprouva un soulagement en voyant les cinq ombres menaçantes prendre leurs jambes à leur cou. Il s'approcha du dernier restant. C'était un jeune homme – une quinzaine d'années, jugea-t-il dans la pénombre. Il avait l'air un peu perdu, mais Oscar ne distingua pas la moindre trace de coup sur son visage. Il était arrivé à temps. Pour ce garçon en tout cas. Maintenant il devait s'éclipser au plus vite. Il avait juste à faire bonne figure quelques minutes. Prenant un air rassurant, il demanda ce qui lui semblait approprié dans cette situation :
« Tout va bien jeune homme ? Vous n'avez rien ? »



La Mère Patrie vaincra ~

"Je croyais qu'on allait jouer à cache-cache..."
Le petit Arthur, sept ans


 
Eilift

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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Dim 24 Jan - 22:00

Citation :

- Rien grâce à vous. Merci.
On m'a juste volé mon skate. Et ça c'est quand même plus chiant qu'un œil au beurre noir. Ou pas. Parce qu'au moins, personne ne posera de questions.
Angelo leva les yeux en époussetant son jean dans un geste automatique plutôt qu'autre chose. Homme, beaucoup plus vieux que lui mais pas si vieux que ça, la trentaine sûrement, blond. Avec une tête sympathique. Pourtant, il ne le sentait pas. Il y avait quelque chose de faux là-dedans. Mais il ne dit rien, se contentant de l'observer en attendant que quelque chose se passe, mais il n'allait rien se passer, il le savait. L'homme n'avait pas envie de s’éterniser. Un truc dans son attitude. Et même s'il venait de "sauver" Angelo, ce dernier ne savait pas s'il avait vraiment eu envie de le faire ou l'avait fait de manière inconsciente. Mais selon Freud, les désirs inconscients se manifestent toujours. C'était son frère qui lui avait dit ça. Mais pouvait-on vraiment croire Freud ? Il n'avait pas vraiment de preuves de ce qu'il avançait. Mais Freud n'était pas la question.
La question était surtout, est-ce qu'il devait avoir confiance en cet inconnu qui venait peut-être de faire fuir les "Feux-Follets" mais qui sortait d'il-ne-savait-où ? En tous cas, il ne serait pas le premier à tourner le dos. Et puis, il ne savait pas quelle attitude adopter. Devait-il s'excuser et partir ? Ou bien lui expliquer ce qu'il venait de se passer ? Mais, sans savoir pourquoi encore, il n'avait pas l'impression que l'individu voulait taper la discussion. Du coup il attendait que l'autre fasse le premier pas.
Son esprit s'envola bien vite vers autre chose. Déjà, il en avait marre qu'une journée ne puisse pas se dérouler sans problèmes. Les "Feux-Follets" allaient en devenir un permanent, il le sentait. Et avec de la "chance", il allait aussi avoir la bande rivale sur le dos.
La vie est une connasse. Je demande quoi ? De vivre tranquille et j'ai pleins de problèmes. Y'a des gens qui attendent les problèmes toute leur putain de vie et moi je me fais toujours emporter dedans. Putain. On m'a volé mon skate en plus.
Légèrement énervé, Angelo se ressaisit vite en se rappelant qu'il avait un mec devant lui qui n'avait rien demandé. Heureusement que ses divagations spirituelles ne prenaient que quelques secondes. Du coup, il lui fit un grand sourire. Il ne fallait pas l'emmerder plus longtemps.
- Merci encore ! Et je suis désolé de vous avoir dérangé. Je vous souhaite une bonne soirée, je dois y aller, mon frère va s’inquiéter.
Et il partit en courant, même s'il n'en avait presque plus la force. Il devait tourner le dos, alors, il fallait qu'il le fasse vite. Trop d'inconnus pour la soirée. Entre Il Diavolo et ce mec blond bizarre, ça lui suffisait. En resserrant sa veste pour empêcher un frisson, il se dit qu'il préférait tout de même l'Italie. Moins de problème, plus de chaleur.
 
Meredith Epiolari

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Reine de l'Impro
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MessageSujet: Re: Encore une journée normale    Sam 5 Mar - 22:45

Citation :
Julieta contempla machinalement le skate qu'elle avait accroché sur un mur du Quartier Général et sourit. Il s'était écoulé quelques semaines depuis cet incident. Julieta n'avait pas osé lancer le gang à la recherche d'Angelo. Cela lui évitait de passer pour une faible en cas de déroute, et elle croyait une déroute fort possible.
A la place, elle avait multiplié les succès. Les Feux-Follets avaient converti par la force plusieurs membres des Chiens Ardents (avec un nom pareil, ce n'était pas très difficile de renier sa bande) et avaient réduit le groupe adverse presque à néant.
Par conséquent, ils avaient augmenté la surface de leur territoire et étendu leur réseau de deal de drogue. Les bénéfices étaient plus importants, les garçons de meilleure humeur et tout New Fire reniflait avec un sourire béat.
La seule chose qui déplaisait, c'était que Julieta refuse catégoriquement l'entrée d'une autre fille dans la bande. Danny s'était fait une copine à Saint Lorin – ce qu'elle lui trouvait, mystère – et il aurait voulu la faire participer aux activités de la bande.
Lorsqu'il en avait parlé à Julieta, elle avait répondu : « Ah, elle baise si bien que ça ? ». Danny en avait été quelque peu vexé, il n'entendait pas que sa petite amie devienne une catin, c'était une poule respectable. Il avait gardé une certaine défiance vis à vis de sa chef depuis. Il faudrait s'en méfier.
Au pire, personne n'est irremplaçable. Julieta acheva là sa rêverie. Elle non plus n'était pas irremplaçable, ce qui signifiait qu'elle devait parfois aller se salir les mains pour qu'on ne l'accuse pas d'être une despote.
Elle se rendit donc dans les quartiers riches pour proposer de la drogue à ceux qui semblaient prêts à en demander. Elle avait l'habitude, et la plupart des gens de ce quartier aussi.
Ce n'était pas une bonne soirée. Il n'y avait que des ménagères qui la scrutaient avec désapprobation, leurs gamins collés aux basques. Julieta regardait ces morveux avec affection, songeant qu'elle prendrait plaisir à les embrigader dans trois ou quatre ans. La relève est tout prête !

Cela faisait à présent une demi-heure que plus personne ne passait. Julieta allait s'en retourner au Quartier Général avec un ¡ Joder ! agacé, lorsqu'elle remarqua un type blond à l'air perdu qui se dirigeait vers elle.
Il a l'air déjà complètement shooté, il ne refusera pas la marchandise !
Elle se pencha vers lui, seins en avant, et susurra de sa voix la plus douce- celle qu'elle appelait non sans raison sa voix de pute :
"¿ Marijuana, señor ?"
On pouvait comprendre très bien ces propos sans être bilingue en castillan.



 
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Encore une journée normale

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