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 D'hier à une main [S]
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Meredith Epiolari

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Reine de l'Impro
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Date d'inscription : 29/07/2014
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Localisation : Between the peanuts and the cage
MessageSujet: D'hier à une main [S]   Sam 16 Jan - 13:27

Spoiler:
 

Il me semble que ça a commencé avec un gâteau aux amandes. Je sais, moi non plus je n'arrive pas à y croire. Un gâteau aux amandes, une fille avec un prénom de fleur, des paroles marxistes et quelques mots en espagnol. Juste ce qu'il faut pour que le rêve soit consommé.
Je me suis endormi et à mon réveil, trois automnes s'étaient écoulés puisqu'elle n'était pas là. C'est pourquoi j'ai insisté ce matin pour que mes amis m'appellent Têtard. Parce que je croyais qu'il était tôt mais en fait il est têtard, beaucoup trop tard. Mes amis n'ont pas compris et je ne m'attendais pas à ce qu'il en soit autrement.

Je suis sorti, parce que les draps sentaient trop la veille, c'était douloureux. J'ai fait le tour du jardin public sur un nuage à la guimauve – c'était le seul moyen de locomotion disponible dans ce parc habituellement réservé aux amoureux – et je suis passé entre deux couples assis sur deux citrons qui se faisaient face. Les uns, avec la naïveté de la jeunesse, envisageaient leur vie commune ; tandis que les autres, plus âgés, se menaçaient de la pire des morts. Peut-être tout à leurs passions ces couples ne pouvaient s'entendre mutuellement, car aucun d'eux n'a su rafraîchir les ardeurs de l'autre.

Le jeune homme éjaculait dans sa génisse et le vieux pénétrait de son poignard la chair flasque de sa compagne lorsque j'ai réalisé qu'Élise était morte. Cela m'était sorti de la tête, je n'avais jamais bien compris son décès et je n'avais pas réussi à le digérer, ce qui explique pourquoi je n'ai pas pu pleurer. En revanche, je me rappelle nettement son dernier mot « maintenant », ce qui est grotesque. Tout de même, me souvenir d’Élise m'a déstabilisé. J'avais oublié de compter mes morts depuis trop longtemps, c'était impardonnable.

Que faisais-je si je ne comptais pas les morts ? demanderez-vous. Durant tout ce temps je devais être trop obnubilé par la femme aimée, celle au prénom de fleur. Elle a provoqué une terrible amnésie avec son gâteau aux amandes, je ne sais qui était le plus coupable d'elle ou de la pâtisserie.
Toujours est-il que je me suis perdu de vue et que je ne comprends plus très bien qui je suis ni pourquoi je suis là. J'ai cru que je pourrais commencer par une certitude et affirmer que je m'appelais Lewis, ou Douglas, mais cela m'échappe quelque peu et mon prénom ne sera pas mon identité puisque tant de cloportes à Londres portent le même.
C'est donc vers mon corps que je me suis rapidement tourné. Mon corps étant unique au monde, il était la meilleure preuve de l'existence d'un Moi. Cependant, pris d'un doute, j'ai emprunté le poignard du vieux pour trancher ma main droite. Comme je le craignais, ma main est devenu un morceau de viande qui n'avait plus rien à voir avec ma personne.

J'ai rendu le poignard, et j'ai serré la main du vieux – la gauche, cela va de soi – avant de poursuivre ma promenade. Si je n'étais ni un nom ni un corps, c'est que je devais être une âme, ne pensez-vous pas ?
Cela ne tenait pas debout, j'avais vendu la mienne vingt shillings au cours de l'année dernière pour payer mon loyer. Le plus probable était donc que je n'existais pas. Or, si je n'étais pas, je ne pouvais pas penser ni m'interroger sur le sens de la vie, ce qui était somme-toute bien commode.
En effet, si ma main droite avait été vivante ou si j'avais été le seul Lewis du monde, j'aurais sans nul doute souffert de toute cette absurdité. Je n'aurais pas pu donner de sens à une vie qui ne m'était permise que par un gâteau aux amandes. Cependant, selon ceux que j'ai laissé réfléchir pour moi, tout porte à croire que le sens de la vie est celui des aiguilles d'une montre.

 
 

D'hier à une main [S]

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